Life in ze City

me myself and my sweet banlieue pourrie

06 février 2008

médite là-dessus

"Gloire à Dieu qui a voulu, pour des raisons que nous ne connaissons pas, que la méchanceté et la bêtise conduisent l'univers !"

Gobineau (Nouvelles asiatiques)

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03 février 2008

legalize it

Je sais que je suis à la bourre sur le sujet, mais je m'en tape, j'ai envie d'en parler, parce que ça m'emmerde grave. Fait chier de plus pouvoir fumer dans les bars et les boîtes ! Merde, ça, ça fait vraiment chier, c'est même hautement laxatif, pour tout dire. Ben ouais, cherche pas, j'ai la gueule de bois, je fais pas dans la finesse. D'ailleurs, c'est dingue, ça, moi qui aimais bien me cuiter avant d'être maman, depuis, je bois trois bières et je suis pétée... C'est économique, au moins, mais bon, c'est pas très marrant. Enfin bref, donc, l'interdiction de fumer dans les bars et les boîtes, c'est grave relou. Parce qu'en plus, l'alcool, c'est comme le café, ça appelle automatiquement la clope pour n'importe quel fumeur normalement constitué. Et puis nous, faut qu'on respecte les non-fumeurs et qu'on arrête de leur refiler le cancer ; dans le principe, je suis d'accord. Mais on peut nous vendre une cirrhose en pièces détachées pas vraiment bon marché, et en toute légalité... Non, parce que l'alcool, on peut pas dire que ce soit ce qu'il y a de plus sain, non plus, dans le genre. Hypocrisie, démagogie, mauvaise foi évidentes et poussées à leur comble. Mais passons...

Alors, fumer dehors, c'est un peu casse-couille, surtout quand il fait froid, mais à la rigueur, ok, je veux bien, c'est pas la mer à boire, non plus, faut pas déconner. Le problème, c'est quand tu peux plus sortir. Exemple : hier, soirée sur Paname avec des potes. On boit un coup dans un bar, et comme on en boit qu'un, pas de souci, on fume notre clope en sortant, et puis on arrive au Divan du Monde vers 1h du mat'. A l'entrée, une affichette qui dit, je cite : "amis fumeurs, pour cause de plaintes de la part des riverains, toute sortie est définitive après 1h30". Crotte de bique et moultes crottes. A l'intérieur, c'est blindé de monde, surtout devant le bar, tu penses. Le temps d'arriver à se frayer un passage jusqu'au comptoir, il est déjà 1h20. Caca prout. Le temps d'avoir enfin ma bouteille d'Adelscott dans la main, il se passe encore 20 minutes. Merde et re-merde.

Tant pis, on picole, on discute, on braille, on danse, on se fait draguer, on rembarre, on rigole, on se fait des potes intérimaires (tu sais, c'est les gens que tu rencontres quand tu fais la bringue, avec qui tu tchatches et tu te marres bien, mais que tu reverras jamais) bref, une soirée normale, quoi. Sauf qu'au bout d'un moment, il te manque quand même quelque chose. Alors au début, tu prends sur toi, tu te retiens un peu, et puis c'est vrai, l'envie te passe. Mais cette salope, elle revient te taquiner régulièrement la cervelle, et à chaque fois, elle est un peu plus intense. Et c'est peut-être con, mais quand t'es fumeur, la frustration, ben ça te gâche une soirée mortelle. A la fin, l'envie, elle t'obsède, t'arrives plus à penser à autre chose, et vu que tout ce que tu peux faire dans une boîte quand t'es pas en train de danser, ben c'est picoler, et vu que quand tu picoles, ben ça te donne envie de fumer, et vu que quand t'as envie de fumer mais que tu peux pas, ça éveille en toi toute une gamme d'émotions négatives, depuis l'impatience jusqu'à l'agressivité, en passant par l'irritabilité, l'ennui ou le stress, je te laisse imaginer, blogpotàouam non-fumeur, le foutu cercle vicieux qui te fait passer un moment vraiment merdique. Et puis toi, blogpotàouam fumeur, toi-même tu sais... Alors tu finis par aller te planquer dans les chiottes, comme quand t'avais 14 ans, pour pouvoir satisfaire ton vice, détendre tes nerfs tendus pires que des cordes de guitare, et continuer de profiter de ta soirée. Et ça, ben, franchement, c'est vraiment nul. Mais bon, ça y est, t'as fumé ta clope, tu te sens mieux, et tu passes à autre chose.

Sauf qu'à mon avis, ça corse encore plus l'affaire, cette nouvelle manie de fumer dans les chiottes, parce que je pense que l'asthmatique qui passe après dix fumeurs dans cet espace exigu et confiné, ben il doit pas se sentir au meilleur de sa forme. Même moi, j'ai horreur des connards qui fument dans l'ascenseur. C'est vrai, quoi, merde ! Faut arrêter de délirer cinq minutes, on peut quand même attendre d'être sorti de l'immeuble ou rentré chez soi pour allumer sa clope. Mais quatre ou cinq heures dans une boîte, là, c'est chaud bouillant. Et je te parle pas de quand tu veux fumer un pétard, à quatre dans les chiottes, et l'odeur que ça laisse derrière, c'est mort grillé. En plus, t'as sûrement entendu parler de l'émergence de ce nouveau problème dans les boîtes, conséquence directe de l'interdiction de fumer : les odeurs de transpiration. Et ben, sincèrement, c'est tout ce qu'il y a de plus vrai ; ça pue, je te raconte même pas ; quelques petites centaines de personnes qui suent toutes en même temps dans un espace clos... Voilà, tu te représentes bien la chose... Et tu sais ce qu'ils ont trouvé, ces cons, pour y remédier tant bien que mal ? Des fumigènes à l'odeur de fraise tagada. Si, si, véridique. Mais pas vraiment efficace. Et puis, du coup, moi, je me pose une question, quand même, dans ma petite cervelle de toxicomane en manque : ces fumigènes, là, tu crois que c'est totalement inoffensif pour l'organisme ?

Posté par Sunny Clainville à 16:25 - société, tu m'auras pas - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 janvier 2008

vaudeville virtuel et autres libertinages en ligne

Il est vrai que je me fais rare en ce moment, sur la blogosphère, et comme je vois que tout le monde s'en fout, ben j'me casse... Nan, je déconne, oh la la, fais pas cette tête ! En fait, en ce moment, j'ai pas grand-chose à te raconter, mais ça va peut-être venir. A suivre : les nouvelles aventures de Sunny dans le bureau de MA (paraît qu'elle a des vacations à me proposer pour le rush des élections... Des vacations ! Ben, dis-donc, ça déchire sa race, ton piston, M'dame ! Encore un job précaire et temporaire sous-payé et à des années-lumière de mes compétences et aspirations... Mais c'est pas grave, Sunny, souris et dis merci à la dame... Grrrrrrrr !!! Je sens que je vais en bouffer quelques-uns, à la mairie, z'ont pas intérêt d'approcher trop près !)

Donc, après avoir réalisé l'extrême chiantitude des précédents billets, je me suis dit qu'il vallait mieux ne rien raconter plutôt que des trucs insignifiants et même pas marrants. Je préfère me draper dans le silence plutôt que de retracer mes soirées de fin d'année, la gastro que le Geek a refilée à Babou, qui l'a refilée à ma mère et à devine qui d'autre... A moi, bien sûr, moi qui n'avais jamais eu de gastro de ma vie. Tu comprendras donc (et même si tu comprends pas, c'est pareil, t'façon) que j'ai pas vraiment envie de faire ici le bilan de mes impressions face à cette expérience inédite. En plus, comme je vais pas m'enchaîner à mon clavier, je prends la liberté d'écrire moins, mais d'écrire mieux... enfin, bon, on fera ce qu'on pneut, hein, faut pas me demander la lune, non plus, parce que je serais plutôt du genre à décrocher le soleil, moi, pas la lune... Bref bref...

Voili voilà, quoi d'autre d'absolument inintéressant en ce moment dans ma vie ?... Toujours pas acheté mon synthé, fait mes débuts au poker, cherche toujours du taf, un concert de Bill Deraime en juin, et pas encore pris mes bonnes résolutions pour 2008. D'ailleurs, est-ce bien nécessaire ?... Ben oui, à chaque fois, j'en prends plein, et puis j'en tiens aucune, alors cette fois, si j'en prends aucune, j'en tiendrai forcément au moins une... Cherche pas, c'est sûrement vrai que je fume trop. Ca me fait penser que je devrais ptèt' prendre la résolution de fumer moins. Enfin, bon, on verra ça plus tard, les résolutions, c'est pas encore à l'ordre du jour.

Par contre, il y a une chose que je dois t'avouer, blogpotàouam. Assied-toi, faut que je te parle, tu vas passer tes journées dans le noir... Ce que j'ai à t'avouer n'est pas facile, mais c'est beaucoup trop pesant de garder ça pour moi. Voilà, blogpotàouam, je t'ai fait des infidélités... avec MySpace. Oui, c'est vrai, c'est pôôô bien, c'est vraiment très mal, atroce, ignoble, inqualifiable ! Oui, je sais, c'est vrai. Mais c'est pas tout. Avec Facebook, aussi. Ben oui, mais aussi, tu comprends, avec eux c'est beaucoup plus simple, parce que j'ai pas besoin de raconter ma vie, ni d'être spirituelle, pertinente et marrante. Alors que toi, blogpotàouam, tu me demandes du temps, du travail, de la concentration, de la réflexion, de l'inspiration, etc...

Et oui, c'est vrai, je suis une grosse flemmarde. Alors, tu vois, c'était couru d'avance, c'était plus fort que moi, j'ai pas pu résister à l'appel de la facilité. Mais je te demande de me pardonner et d'essayer de voir ça comme une grande communion virtuelle hippie. Ou comme ce que tu voudras, en fait, là n'est pas le problème. Et d'abord, il est où le problème ?! C'est vrai quoi, moi je te demande pas combien t'as de contacts sur Copains d'avant ou combien de temps tu passes sur Meetic !* Nanméoh ! C'est pas parce qu'on a un profil MySpace que forcément, on va plus bloguer ! Seulement, comme j'ai décidé de reprendre une vie normale et de ne pas poster juste histoire de poster, ben la cadence va ralentir un peu, voilà, c'est tout. Mais rassure-toi, ça m'empêchera pas de te lire, hein, faut pas déconner non plus !

* je mets les liens par souci d'exactitude, hein, va pas t'imaginer que je vais sur Meetic ! Je suis mariée, qu'est-ce que j'irais foutre là-bas ! C'est vrai qu'avec mon mec, c'est ptèt' pas exactement ce que j'appellerais "nager dans le bonheur", mais bon, j'ai des principes, quand même. Ouais, M'sieur ! Des tas de principes, même ! Ben ouais, je suis comme ça, et ce que t'en penses, à vrai dire, je m'en cogne. Ouais, j'ai plein de principes, et nan, je suis pas vieux-jeu, ni rigide, ni sectaire. Voilà !

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09 janvier 2008

2008, année de l'ermite

Pour commencer ce billet, blogpotàouam, je vais te dire ce qu'il est d'usage de dire en ce mois initial du calendrier civil : BONNE ANNEE !!! Voilà, que tes projets voient le jour, que le temps te soit clément, que l'argent ne manque pas ; que tes collègues/ton patron/ta belle-mère* se casse(nt) les deux jambes/embrasse(nt) définitivement la carrière ecclésiastique/soi(en)t enlevés par des extraterrestres/disparaisse(nt) de ta vie d'une façon ou d'une autre ; que ta banquière soit subitement victime d'un atroce accident qui la laisse amnésique et qu'elle confonde ton CCP avec celui de ton Rockefeller local ; et que celui ou celle qui hante tes rêves et règne sur ton coeur comprenne enfin que tu es son double indispensable, que tu es le soleil de ses jours et la lune de ses nuits, les pétales de sa fleur, les pages de son livre, la biscotte de son grille-pain, la télécommande de sa télé... euh, non, finalement, attendez un peu pour les histoires de télécommande et de programme télé, ça viendra toujours assez tôt. Bref.

Ces formalités d'usage étant bouclées, maintenant on peut parler d'autre chose. Parlons donc des fêtes. Chez moi, Noël, ça se passe avec mes parents. Un petit réveillon intimiste à 4 (enfin, 5, maintenant, avec Babou) où on s'éclate dix fois plus que dans la Geekfamily à 10 ou 12 adultes et 8 ou 10 enfants (enfin, 9 ou 11, maintenant)... et encore, ça c'est quand y'a pas les 6 ou 7 cousins ; ben oui, t'as pas oublié que la Geekfamily, ils sont chiants à mourir ; enfin, pas tous, y'en a quand même 2 ou 3 de sympas, dans le lot, mais à mon grand regret, il y a dans ma belle-famille une écrasante majorité de, il faut bien le dire, on ne va pas appeler un chat autrement qu'un chat, donc appelons les choses par leur nom, et t'façon si ça t'plaît pas, t'as qu'à pas lire, depuis le temps, maintenant, tu devrais commencer à le savoir, que je suis pas politically correct, et je dis que la plupart des membres de ma belle-famille, ben c'est des cons. Voilà. Chacun dans son genre, mais c'en est des vrais 100% pur jus. D'jo, tu te marrerais bien, de ton balcon. Re-bref.

Et ouais, c'est comme ça (la la la la la) ; on ne passe pas le réveillon avec la Geekfamily, et le Geek est tout-à-fait d'accord avec ce choix, va pas t'imaginer que c'est moi qui l'empêche d'y aller, en plus, hein, fais gaffe, je t'ai à l'oeil ! Bon... Des fois, le Geek, il y va le 25, déjeuner avec sa famille ; parfois, ils font aussi un goûter dans la semaine qui suit. J'y suis même allée avec lui, 2 ou 3 fois. Mais j'ai aussi le droit d'avoir mes petites traditions persos, et pour moi, le 25 décembre, c'est journée cocoon, c'est-à-dire sous la couette à lire des BD ou à mater des films en mangeant les restes de la veille. C'est une tradition incontournable dans ma famille. Donc, je vais très rarement aux réunions de Noël de la Geekfamily (encore moins aux baptêmes, et d'ailleurs, j'évite absolument tout meeting officiel de la Geekfamily, c'est une règle d'or, un principe fondateur) ! En plus, cette année, avec Babou, c'était mieux de pas sortir, puisqu'elle s'était couchée tard la veille et qu'elle était crevée... Quoi, quoi, comment ça, c'est une excuse merdique ?! Ben, je m'en tape, j'ai le droit d'inventer les excuses merdiques qui me chantent, surtout quand c'est à moitié vrai, c'est les meilleures (ben oui, tout le monde sait que les meilleurs mensonges sont ceux qui collent le plus à la vérité). Et puis d'abord, moi j'aime pas ça, les Noëls avec 150 gosses qui courent partout en s'égosillant, et avec plein de gens que t'aimes pas et à qui tu dois quand même faire la conversation.

Ben oui, parce que tu vas pas me faire croire, blogpotàouam, que lors de tes grandes réunions familiales, y'a pas au moins une grand-tante Machine que tu peux pas encadrer parce qu'elle passe sa vie à se mêler des affaires des autres et à dispenser de grandes leçons à tout le monde, alors que c'est une petite parvenue mesquine et intellectuellement bornée qui ferait mieux de s'occuper de son cul parce qu'elle aurait déjà beaucoup à faire ; tu me feras pas avaler que t'as pas au moins un cousin Bidule qui te gave à faire son intello de service et à contredire ou reprendre toutes tes opinions et qui rallie les autres à la sienne alors que son pseudo-savoir, c'est que du flan et des idées reçues ; tu me feras pas gober que t'as pas au moins un oncle Trucmuch qui est grave relou à te vanner sur ton poids, sur ton nez ou sur ton statut de chômeur ou de célibataire (voire sur tout ça à la fois) ; le genre de mec suant, rubicond, à moitié alcoolo, qui fait des plaisanteries graveleuses, sexistes, sectaires et/ou limite racistes en te crachant un gros rire bien gras à la face et en arborant un petit air très suffisant. Tous ces portraits sont bien sûrs des caricatures (quoique...), mais re-re-bref, ce que je voulais dire, c'est... bon, et puis merde... t'as compris ce que je voulais dire (en tout cas, j'espère, parce que moi, je m'en souviens plus).

Pour en revenir à mon sujet de base, qui était mon réveillon de Noël, j'aime nos petits réveillons intimistes parce que d'abord, ça fait plus à boire... oh, c'est bon, je rigole ! Fais pas cette tête ! En fait, j'aime bien parce que j'aime bien, voilà, c'est tout. Donc, c'était un super petit réveillon, même si je me suis écroulée à 2 h du matin (de fatigue, et même pas d'avoir trop bu, ça te la coupe, hein) ! Ben, oui, parce que d'habitude, nous, on fait la teuf jusqu'à l'aube. Mais si, je t'assure qu'on peut faire la fiesta à 4... si tu me crois pas, c'est juste parce que tu nous connais pas. Re-donc, ça s'est fini plus tôt que d'habitude, mais c'était très sympa. En plus, c'était le premier Noël de ma précieuse et douce. Si t'avais vu sa bouille quand on a fait le sapin et devant son tout premier cadeau, blogpotàouam, je te jure que tu verserais ta petite larme. J'en suis encore toute émotionnée... snif... Et  re-re-donc, notre petit rituel du réveillon, c'est qu'on ouvre chacun un cadeau à l'apéro, et puis un à l'entrée, et ainsi de suite jusqu'au café. Mais non, on est pas des tarés, pourquoi tu dis ça? C'est pas très gentil, ça, hein, blogpotàouam ; là, tu me brises le coeur... Ben t'façon, m'en fous, ça changera rien, je ferai toujours plein de cadeaux à Noël, parce que je kiffe. Et puis, qu'est-ce que tu veux, nous, on préfère faire 5 ou 6 petits cadeaux plutôt qu'un seul gros gros gros cadeau.

Enfin, quand je dis "petits", c'est relatif, parce que le budget Noël s'élève à plus de $$00 euros, une fois de plus. Bon, ok, c'est vrai, je suis démasquée, j'avoue, on est des fêlés, à Noëls, on aime faire plein de (pas spécialement petits) cadeaux... Mais là-dedans, il faut quand même inclure le Geek et moi, Babou, mes parents et mes beaux-parents, mes deux beaux-frères et leurs femmes, ma belle-soeur et son mari, les neveux et nièces (8 ou 10), mon oncle et ma tante, ma grand-mère (des fois...), mes cousins (5 ou 6) et les siens (6 ou 7). Oui, je sais, on a des histoires familiales un peu compliquées... ben, comme tout le monde, non ?... Moi, c'est pour ça qu'il y a plein de gens que je préfère éviter, parce que j'aime pas les cons. C'est vrai, quoi ; des cons, y'en a à tous les coins de rue, c'est pas pour en plus me les taper à des moments qui sont censés être agréables. Ces moments-là, je préfère les passer à 4 avec des gens que j'aime vraiment, plutôt qu'à 20 avec les trois quarts qui me gonflent... CQFD. Et je dirais même plus : élémentaire, mon cher Watson.

* rayer la mention inutile.

Posté par Sunny Clainville à 15:57 - my life on line - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 décembre 2007

le kit kat club dans ma salle de bains

A ce stade de l'année, il serait sûrement très cohérent que je te raconte mon réveillon. Mais on verra ça plus tard. Pour l'instant, j'ai envie de te raconter un truc insignifiant dans l'absolu, mais de première importance pour moi. Pour Noël, le Geek m'a emmenée voir Cabaret. Enfin, on y est allés vendredi, mais c'était un cadeau de Noël, quoi, bon bref, t'as compris. Sur ce coup-là, je dois avouer qu'il m'a grave fait plaisir, le Geek, parce que, ben ouais, je kiffe les comédies musicales. Tu me diras, rien d'étonnant pour l'ancienne danseuse et la musicienne ratée que je suis...

Pour être plus précise, je kiffe les musicals de Broadway (pour l'instant seulement vus à la télé), et les films aussi ; je ratisse large, ça va de Honey à Rocky Horror Picture Show en passant par Fame, Chorus Line, Grease, Dirty Dancing, Hair, Chicago, Tommy, Flashdance et j'en passe ; après, évidemment que certains sont meilleurs que d'autres, mais même quand c'est gnangnan à souhait, j'adore les comédies musicales. J'exclus de cette catégorie certains films qui s'en réclament, comme celui qui est passé sur la 6, là, dont le titre m'échappe... ah, voilà, j'ai retrouvé, c'est High School Musical, et ça, c'est vraiment la honte du genre. Même Coyote Girls, c'est pas aussi nul que ça, et pourtant, heureusement qu'il y a la sublimissime Maria Bello dedans, parce que ça friserait la catastrophe, sinon. Mais avec High School Musical, on atteint des sommets de nullité profonde. Enfin bref...

Sur scène, je suis pas non plus branchée comédie musicale à la française, du type Les Dix Commandements, Le Roi Soleil et tous ces spectacles à gros budget qui essaient de péter plus haut que leur cul et qui fleurissent depuis quelques années. Je suis pas en train de dire que tous les spectacles musicaux sont nuls en France ; certains comme Starmania ou Melody Nelson méritent vraiment leurs titres de noblesse. Mais cette tendance qui a émergé avec Notre-Dame de Paris, personnellement, j'accroche pas. Bon. Après, c'est une question de goûts.

Tout ça pour dire que j'étais aux anges en allant voir ce spectacle, que ça m'a vraiment embarquée et que j'ai même acheté le CD à la fin (je l'avais encore jamais fait jusqu'à présent, donc c'est remarquable). Parce que pour tout te dire, blogpotàouam, avec ma bonne douzaine d'années de danse intensive et mes quelques 20 années passées à tourner autour de la musique, ben figure-toi que c'est la première fois de toute ma vie que je vais voir une comédie musicale sur scène ! Des ballets, des galas de danse, des concerts, ça oui, mais un musical, un vrai de vrai, ça jamais. Ca s'arrose !

En plus, la salle des Folies Bergères, je l'ai trouvée très chouette, les petites tables et les petites lampes, ça crée une ambiance très conviviale. Et puis, je parle même pas de la troupe et de la mise en scène, si je te dis que ça m'a embarquée, c'est que forcément, j'ai trouvé tout ça super. Alors, faut suivre un peu, nom de nom ! Si ça t'intéresse pas, ce que je raconte, pourquoi tu lis ? Hé ho ! y'a quelqu'un ?... Non... Ben tant pis, je vais quand même continuer mon monologue virtuel en libre accès.

Donc, après, la prochaine étape, c'est d'aller en voir un à Broadway... Euh, ben, ptèt' quand je serai à la retraite... Quoique vu ma situation professionnelle, à mon avis, je serai morte avant de pouvoir être retraitée, surtout si on tient compte de la diminution de mon espérance de vie, due au tabagisme, aux pétards, aux cuites, à la mauvaise alimentation, etc... Mais bon, c'est pas grave, je me donne encore cinq ans pour devenir riche et célèbre, comme ça, la scène de Broadway, ben c'est sous les projecteurs que je la verrai !... D'accord, je redescends de mon arbre...

Sans rire, c'est exactement le genre de trucs que j'aurais aimé faire, dans la vie. Mais mon genou gauche avait d'autres projets et il a rendu son tablier quand j'avais 17 ans ; ensuite, j'ai dû arrêter la danse pas mal d'années et j'ai dû trouver une autre voie qui ne s'est d'ailleurs pas avérée plus fructueuse, mais bon, passons. Je te raconterai mes histoires de danse et de genou un autre jour.

En tout cas, c'était vraiment très bien, ce spectacle, et pour ceux qui apprécient le genre, je le recommande. C'est vrai que c'est pas donné, mais si t'es pas complètement fauché, je t'encourage à sauter le pas et à y aller. Voilà un truc dans la plus pure tradition des Lumières, c'est-à-dire qui allie l'utile et l'agréable ; un peu de culture et de réflexion historico-politique avec beaucoup d'humour et de talent (une Sally Bowles bluffante et un Emcee qui n'a rien à lui envier), et en prime, le plaisir des yeux et des oreilles, dans une salle où tu peux siroter un verre pendant le spectacle, bref, je n'ai que du bien à en dire.

Mon seul bémol ce serait la vue, parce que nous, on n'était pas bien en face et un peu derrière, mais bon, on voyait assez bien quand même et ça m'a pas empêchée de rentrer complètement dans le truc, donc c'est vraiment un bémol touptiminirikikimikroskopik. Mais c'est le petit détail qui conforte mon envie d'y retourner avec de meilleures places. Si ça t'intéresse, blogpotàouam, faut te speeder, parce que ça s'arrête fin janvier. Toutes les infos par ici.

Willkommen, bienvenue, welcome, tadam tralala lalèèèèère... Je sens que mes voisins vont bouffer du Cabaret, maintenant, le matin en live de ma salle de bains...

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23 décembre 2007

oh happy day...

Bon, c'est Noël. Depuis quelques semaines, j'ai repris une vie à peu près normale, c'est-à-dire me coucher avant 4h du matin, allumer le PC moins de 2h par jour (sauf quand je joue à Sims ou à Zuma, faut pas déconner non plus...), manger du vrai manger fait avec des vrais trucs au lieu de rien avaler de la journée et de me gaver un fast-food Machinchose ou une pizza Trucmuch le soir, faire mes cadeaux de Noël, donc sortir dans la rue, prendre le métro et entrer dans les magasins, croiser plein de gens mal polis et mal lunés (ben, oui, c'est walt disney night fever time, faut pas oublier, l'homme de cro-magnon est de retour), dépenser des sous que j'ai, me dire comme tous les ans que cette année, je fais soft, et comme tous les ans craquer mon slip et acheter deux fois plus de cadeaux que prévu, et du coup, dépenser des sous que j'ai plus. Ma banquière, elle a pas de bol, avec moi, parce que je suis plutôt du genre carrée avec mes comptes, mais deux ou trois fois par an, j'explose le score. Et là où elle a vraiment pas de chance, la pauvre, c'est que t'façon, si elle est pas contente, ben je l'emmerde ! Voilà.

J'ai fini de récurer mon appart du sol au plafond, ou presque ; maintenant, chaque chose est de nouveau à sa place et il y a de nouveau une place pour chaque chose, la poussière est là où elle doit être, c'est-à-dire dans le sac de mon merveilleux aspirateur qui n'a pas chômé ces derniers jours (non, Eve, j'ai pas installé le sex-toy dessus...), et il est possible de cuisiner sans avoir à escalader un Himalaya de vaisselle sale, de linge à laver et de trucs à ranger. Enfin, je me sens revivre ! Ouais, je suis maniaque, et alors, ça te défrise ?!!! Ben, comme ça, tu seras fashion, et sans avoir besoin d'acheter tous ces cosmétiques à la con anti-frizz-mes-couilles, là, puisqu'il paraît que maintenant, les cheveux bouclés, et même tous ceux qui ne sont pas raides et lisses en fait, n'ont plus droit de cité. Bref...

J'ai aussi décidé de retourner dormir dans mon lit, d'abord, parce que comme on est dans un deux pièces, ma gosse dormait dans la chambre avec son père et sa mère, donc oim, dans le salon, et c'était vraiment pas terrible pour elle (d'ailleurs, il va falloir qu'on pense sérieusement à lui laisser la chambre, après les fêtes) ; et aussi parce que des heures devant le PC + bébé à nourrir, à porter et à baigner + les nuits dans le canapé (pas convertible) = purée de colonne vertébrale et compote de cervicales. Et en fait, je dois avouer que je dors vachement mieux dans le lit, quand même.

Je fais une trève avec le Geek. C'est peut-être con, mais malgré tout le mal que je peux penser des bons sentiments de Noël, ben j'ai quand même pas envie de passer les fêtes à me prendre le chou avec mon mec. Après, ça veut pas dire que je crois possible de vieillir ensemble, mais de toute façon, on est encore mariés pour un petit moment, donc autant faire en sorte que ce ne soit pas un enfer. En plus, on a passé 13 ans ensemble, on a fait une gamine ensemble, donc c'est que quand même, quelque part, on a dû s'aimer à un moment donné. Alors, pour éviter de m'engueuler avec lui à tout bout de champs, ben j'essaie de retrouver ces petits trucs qui nous font rire, qu'on aime bien, qui nous rapprochent un tant soit peu. Et puis, c'est le premier Noël de Babou, j'ai envie qu'on passe un bon moment, et surtout qu'elle passe un bon moment. Donc, je fais quelques efforts, même si c'est pas facile tous les jours, et ça va un peu mieux. On a même recommencé la balade en forêt du dimanche matin, et c'est trooop bien.

Samedi dernier, je suis allée à l'anniversaire d'une ancienne très bonne copine que je voyais plus trop depuis deux ou trois ans (je te raconterai toute l'histoire un autre jour), et j'appréhendais vachement, parce que je pensais qu'il y aurait plein de gens que j'ai pas envie de voir, et donc, je pensais pas rester trop tard, et comme on emmenait Babou, on avait une excuse toute trouvée si on voulait se tirer. Et ben, en fait, y' avait aucun des gens que j'ai pas envie de voir, et même y'avait plein de gens que j'aime bien, notamment toute la bande de potes dont je te parlerai aussi un autre jour, et Babou a dormi comme un loir dans une chambre à l'étage, et du coup, on est rentrés chez nous à 6h du mat', et c'était bien sympa, et ça m'a fait vachement de bien, cette petite soirée.

Et pour finir, une dernière bonne nouvelle. Tu te souviens (ou ptèt' pas mais je vais te le rappeler) que je devais envoyer un certificat de naissance à la CAF, et comme je l'avais pas fait, ils me réclamaient le remboursement de mon allocation naissance, donc 800 euros et des brouettes. Et, dans un certain billet, je t'ai dit que je l'avais posté. Et ben, tiens-toi bien, je touche une alloc d'environ 170 euros par mois, à laquelle je savais même pas que j'avais droit, et du coup, fin novembre, ils m'ont versé d'un seul coup d'un seul toute la thune que j'avais pas touchée depuis la naissance de Babou, ce qui faisait très exactement 1020,83 euros !!! Trop bien, parce que du coup, ben tu sais quoi ?!!! Hein, dis, tu sais pas ?!!! Tu veux savoir ?!!! Oui, t'en meurs d'envie ?!!! Alors, rrrrrrroulements de tambourrrrrrrrrs... Je vais enfin pouvoir acheter mon synthé !!!

Y aurait-il vraiment, en ces temps où les arbres clignotent, où les chants d'église envahissent les rues, où les maisons s'habillent d'ampoules multicolores pour faire concurrence aux lampadaires, et où les ronds-points nous souhaitent de joyeuses fêtes, quelque chose d'autre que la barbarie ambiante du moi d'abord, un petit quelque chose de plus humain que le commerce sauvage et le consumérisme frénétique intrinsèques au mois de décembre ?... Qui sait, peut-être que toutes ces petites choses-là, c'est ça qu'on appelle l'esprit de Noël...

En tout cas, je voulais te souhaiter un bon Noël, blogpotàouam, et j'espère sincèrement que tu vas passer un moment sympa, quelle que soit ta façon de fêter Noël. J'ai une pensée pour toi, même si t'aimes pas ça, même si t'es stressé(e) par tes exams, même si t'as pas tes mômes, même si ta famille te sort par les yeux, même si t'as pas de thune, même si t'as perdu l'amour de ta vie, même si t'as plus de boulot, même si t'as pas le moral. Ben, oui, c'est parce que moi, mine de rien, avec ma grande gueule, je m'attache quand même...

Posté par Sunny Clainville à 16:45 - my life on line - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 décembre 2007

naze academy

Je pense souvent à un truc que j'ai vu aux infos, il y a déjà pas mal de temps : les enfants, maintenant, ne veulent plus être médecin, astronaute, instit' ou pompier, non, maintenant, ils veulent être riches et célèbres... et le plus rapidement possible, s'il-te-plaît, parce que s'il faut trimer, là, d'un seul coup d'un seul, y'en a plein qui sont plus si motivés. La faute à la Star Ac' et toute la clique, qui leur met dans le crâne qu'on peut vivre la grande vie du jour au lendemain en venant faire le zouave devant les caméras.

Déjà, ça m'énerve la confusion qu'on a tendance à faire, de nos jours, entre une vraie star et cette nouvelle branche de l'espèce humaine, émergée depuis quelques années et dont les membres ont une fâcheuse tendance à se reproduire comme des lapins, j'ai nommé (enfin, c'est pas moi, mais bon, bref, je me comprends) les pipoles. Que ce soit dit une bonne fois pour toute : un pipole n'est pas une star. Lorie, Tokyo Hotel, les Pussycat-truc-chose, là, ne sont pas des stars, ce sont juste des gens célèbres qui se font un max de blé en exploitant la connerie des gens (oui, parce que, c'est pas possible, tu vas pas me dire qu'ils y croient, à leur délire, qu'ils sont trop forts et que c'est trop bien ce qu'ils font et tout)... Aznavour, James Brown, Bowie, ou même Madonna sont des stars. Au-delà du fait de les aimer ou pas, ce sont des gens qui ont de la bouteille, qui ont roulé leur bosse dans ce métier, qui ont un peu galéré. Et y'en a d'autres, des comme Higelin ou Lou Reed, même si c'est pas ceux qu'on nous passe 15 fois par jour à la radio.

Une star, ça se mesure pas au nombre d'albums vendus, ni aux revenus des ventes ; une star, ça se mesure non seulement au talent, mais aussi au boulot et à la persévérance. Une star, ça dure un peu plus de 5 ou 10 ans... Et oui, je suis désolée de foutre en l'air les illusions de certains petits jeunes éventuels au cas où ils passeraient par ici, mais il se trouve que la variétoche qu'on te vend aujourd'hui, ben déjà c'est de la merde en boîte que même ton chien, il en voudrait pas (voilà, ça c'est fait... ça défoule, n'empêche) ; et en plus, on verra où elles seront tes Rihanna, tes Sheryfa Luna et tes Kyo, quand tes mômes seront ados. Une star, mon petit père, c'est quelqu'un que même quand il est mort, on continue d'acheter ses disques, genre Ella Fitzgerald, Brassens, Hendrix, et j'en passe... Une star, c'est pas Matt Pokora, je suis vraiment navrée de te l'apprendre. Une diva soul, c'est Aretha, c'est pas encore Alicia Keys, je te demande pardon d'être désolée de m'excuser. Une icone rock, c'est Mick Jagger, et c'est pas encore Avril Lavigne. D'ailleurs, ce que fait cette nana, c'est même pas du rock, c'est plutôt pop, à mon humble avis... Encore que je ne sois pas la mieux placée pour définir son genre de musique, parce que moi, toutes ces catégories et leurs nuances subtiles, j'y connais rien. Je sais juste ce que j'aime, et je sais aussi que ça m'énerve, cette façon qu'on a aujourd'hui de vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Parce que d'accord, le rock, c'est large, y'a plein de courants différents... Mais bon, ça reste du rock, pas de la soupe. Rien que le fait de donner à certains trucs la dénomination de pop-rock, pour moi, c'est un non-sens. Blues-rock, oui, moi connaître, moi comprendre, et moi aimer, en plus. Mais pop-rock, c'est deux inverses qui s'annulent. C'est comme toutes ces poupées new-soul et r'n'b qui te font des vocalises à n'en plus finir en se donnant l'air d'avoir inventé le genre. Mais bon, avant Beyoncé, y'avait Lyn Collins, Minnie Riperton, Jocelyn Brown, Marlena Shaw, et c'était quand même autre chose. Et puis, ce qu'on appelle aujourd'hui le r'n'b, ben ça n'a plus rien à voir avec ce que c'était à l'origine, le vrai rythm'n'blues. Ben oui, je suis bien obligée de constater que c'était mieux avant, comme dirait l'autre.

C'est vrai, quoi, quand même ; au risque de passer pour une vieille schnock (m'en fous, j'assume), je le dis franchement, je suis effrayée quand je vois où va la musique aujourd'hui... ou plutôt, quand je vois ce qu'on médiatise, de nos jours ; c'est affligeant la plupart du temps. Y'a encore 20 ou 30 ans de ça, ce qu'on mettait sous les projecteurs, c'était pas cette espèce de soupe indigeste dont on nous gave aujourd'hui les têtes de gondoles. Au moins, la diversité, la créativité, le vrai talent étaient encouragés. Maintenant, au contraire, les "artistes" doivent seulement être capables de se glisser dans la peau étriquée du personnage stéréotypé que le star system veut leur faire endosser, soi-disant pour mieux vendre. Tu me diras, c'est vrai que ça marche, la preuve ; c'est juste que du coup, moi je me demande si on peut vraiment appeler ceux qui jouent ce jeu-là des artistes (c'est pour ça que je l'ai mis entre guillemets dans ma phrase précédente, d'ailleurs... non, je précisais juste, au cas où). Putain de société de consommation de masse de merde ! On dirait que les gens ne savent plus penser par eux-mêmes, et là on dit merci TF1 (entre autres), qui nous pond du pseudo-artiste en série parfaitement conforme aux normes de sécurité... Fuck the system, moi je te le dis !

Donc, pour en revenir aux rêves d'avenir des mômes, ils veulent décrocher le gros lot, et en plus rapidement et sans trop se faire chier. Vient alors dans ma petite cervelle en fusion la question de l'artiste maudit de Baudelaire. Il était pas le seul, d'ailleurs, bien d'autres pensaient comme lui, à quelques variantes près. Alors, pour celui qui sait pas, prof Sunny va t'expliquer ; Baudelaire pensait que l'artiste devait nécessairement être pauvre, fou, paumé, errant, exclu, alcoolo, toxico, désespéré, marginal, bref qu'il devait en prendre plein la gueule pour créer, que l'art naissait dans la merde, en gros. C'est à ce prix que le poète pouvait remplir sa mission, parce qu'attention, le poète était investi d'une mission divine, et il ne pouvait recevoir le message de Dieu que la gueule dans le caniveau. Tu comprends pas la logique ? Moi non plus, j'ai jamais rien pigé à toutes ces bondieuseries, mais passons, et revenons à la théorie de Baudelaire. Donc, le nez dans la merde, le cafard, la misère, le spleen, quoi, c'était le passage obligé pour avoir la révélation divine qui permettrait au poète d'atteindre l'idéal (avec un peu de hachisch et de pinard, pour aider, parce que quand même, faut pas déconner non plus).

Ca paraît très alambiqué, comme raisonnement, mais à la base, je pense quand même qu'il n'avait pas tort. Qu'est-ce que l'art ? C'est la création. Et qu'est-ce que l'acte de création, sinon la sublimation d'une douleur, d'un manque, d'un mal-être, d'une fêlure quelconque ? Un artiste peut-il être réellement heureux, léger, insouciant ? Il faut bien qu'il le soit de temps en temps, parce que si pour créer, il faut du vécu, et que le vécu ça te fait nécessairement perdre quelques plumes, il faut quand même arriver à se poser et à prendre un peu de recul sur son malaise pour arriver à construire quelque chose avec. Je suis pas sûre qu'on arrive à transcender son quotidien quand on crève la dalle, par exemple, mais quand on est repu, ben on peut en parler, que ce soit avec des mots, des notes ou des tubes de peinture. Je pense que l'artiste est, par définition, quelqu'un de plutôt tourmenté, qui ne voit pas le monde avec ses yeux, mais avec sa sensibilité (et d'ailleurs, peut-être ceci explique-t-il cela). Un artiste est souvent quelqu'un de fondamentalement duel, avec une part très lumineuse, et une autre très sombre. Et l'argent ne change rien à la question ; l'argent ne fait pas le bonheur (même s'il y contribue quand même fortement). On peut être riche et très malheureux... enfin, je suppose, parce que ça ne m'est jamais arrivé d'être riche, alors... Bref, pour ne parler que de la musique, je ne crois pas qu'un artiste fasse ses armes en quelques semaines en chantant des tubes tous nazes sous les projecteurs d'une émission de télé toute naze dont le niveau intellectuel et culturel est encore inférieur à celui de la mer, ou des pâquerettes, au choix.

Si j'en suis ? Je ne sais pas... sans doute que j'aimerais bien, en tout cas, mais bon, j'ai bien conscience que je ne suis ni Prévert, ni Janis Joplin, ni Jimmy Page, et qu'il y a encore du boulot pour leur arriver ne serait-ce qu'à la cheville. M'man dit qu'on ne se proclame pas artiste soi-même, que c'est les autres qui t'élèvent à ce rang. Mais bon, les autres, s'il avait fallu attendre leur approbation, on n'aurait jamais connu Led Zep, ni Van Gogh, ni Molière (c'est juste des exemples, hein, blogpotàouam, loin de moi l'idée de me comparer à ces géants, je fais juste carrément pas le poids). Le fait que les autres te reconnaissent en tant qu'artiste, ça dépend de leurs goûts, et ça, c'est très subjectif ; ça dépend de leur niveau culturel, et ça, c'est très aléatoire ; ça dépend des tendances, et ça, c'est très variable. Ou alors il faudrait attendre qu'une petite poignée de pseudo-intello-artistes qui sont "dans la place" décident de ton sort d'après des critères surfaits, mouvants et illusoires.

Mais "une obligation, ne serait-elle reconnue par personne, elle ne perd rien de la plénitude de son être", dixit Simone Weil. Ben, je crois que c'est un peu pareil pour le moi profond. Et pourquoi ce serait plus prétentieux de dire "je suis un artiste" que de dire "je suis un sportif", ou "je suis un scientifique" ? Tout ça, on l'est ou on ne l'est pas, et on n'a pas à attendre le bon vouloir des gens pour être ce qu'on est. En plus, des artistes, y'en a plein qui n'ont jamais été reconnus de leur vivant, mais post-mortem (et d'ailleurs, y'en a plein qui n'ont jamais été connus ni reconnus du tout), alors, est-ce que ça veut dire que c'est le fait de casser leur pipe qui a fait d'eux des artistes ? Vivants, ils l'étaient pas, mais une fois morts, oui ?! Ben, moi, ça me convient pas, ce raisonnement-là.

Donc, au risque de paraître prétentieuse, je dois t'avouer, blogpotàouam, que je me sens artiste dans l'âme ; on va dire que c'est une vocation contrariée. Mais aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours eu un intérêt très prononcé pour les activités artistiques. J'étais une touche-à-tout ; j'ai fait des trucs en dilettante, et d'autres très sérieusement. J'ai toujours aimé m'inventer des histoires, m'écrire d'autres vies, j'ai fait un peu de musique, beaucoup de danse, un peu de chant, de la photo à mes heures, du dessin... et oui, blogpotàouam, je dessinais quand j'étais djeuns, et je dois dire que j'avais mon petit coup de crayon. J'ai plusieurs scénarios de BD en tête ; mais malheureusement, j'ai complètement laché depuis au moins 10 ans. Donc, Eve, c'est pour ça que je suis pas sûre de t'envoyer mon dessin, parce qu'à vrai dire, j'arrive pas à faire les mains.

Bref, tout ça pour dire que je me sens, sinon artiste, en tout cas passionnée par le domaine de l'art, et personnellement, quand tout va bien dans ma vie, je n'ai rien à sublimer. Et peut-être que, plus que la dépression, plus que l'insatisfaction amoureuse, plus que le marasme professionnel, c'est ça, le vrai drame, c'est quand rien ne me pèse, que je n'ai rien à délester, aucun besoin de m'évader. Je n'ai jamais été aussi bien dans mes baskets que pendant ma grossesse, forcément, vu que le volume de mes pieds s'était multiplié par trois, et malgré les kilos qui s'accumulaient à vitesse grand V. J'étais vraiment sur un nuage. Mais pendant neuf mois, j'ai pas écrit plus de 10 lignes. Ah, ça, par contre, j'ai chanté. Je braillais du Christina Aguilera (je t'expliquerai un jour ce qui me fascine chez cette petite pouf qui est, elle aussi, encore bien loin d'avoir gagné ses galons de star) sous ma douche, à 8h du mat', avec la musique à donf dans le poste merdique de la salle de bains... C'est les voisins qui ont dû apprécier, parce que tu sais que ça résonne, dans une salle de bains, mais en plus, chez moi, elle est juste à côté de la porte d'entrée... et ben t'façon, manque de pot, je les emmerde ! J'aime pas les empêcheurs de brailler en rond.

Posté par Sunny Clainville à 23:57 - société, tu m'auras pas - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

un autre monde

Ma fille va changer le monde. Si, si, je te jure. La preuve, c'est qu'elle a déjà changé ma vie, ce petit bout de femme d'à peine 70 cm. C'est la plus belle de la Terre entière et de tout l'univers. Si, si, c'est vrai. Et c'est la plus intelligente. Oui, parce que c'est important, ça, de nos jours, c'est fini, l'ère du "sois belle et tais-toi". Et elle, elle se tait pas, tu peux me croire. Elle me raconte des tas d'histoires ; j'ai pas encore trouvé la traduction du langage "dadadada", mais c'est pas grave, l'essentiel, c'est qu'elle s'exprime. La plupart du temps, elle est souriante ; bon, c'est un bébé, donc elle râle et elle pleure aussi, mais pas trop, je dois dire.

En tout cas, quand elle est pas contente, elle te le fait savoir, et c'est qu'elle a du coffre, la demoiselle. Touptiminirikiki mais maousse costaud ! C'est une révolutionnaire, et c'est pour ça qu'elle va changer le monde. Elle a déjà de la suite dans les idées, elle est drôlement volontaire et sacrément têtue, elle se marre quand on lui dit "non", elle fait rien comme tout le monde, elle rampe pas encore à quatre pattes qu'elle veut déjà se tenir debout, elle aime bien mettre des baffes (aux gens, à ses doudous, sur la table, à tout ce qu'elle touche, en fait) et elle kiffe le poster du Che qui est sur la porte de la chambre. Et elle a tout juste sept mois... ça promet.

En même temps, Yovo (mon beau-père, nom d'un petit bonhomme, alors, faut manger du poisson, c'est bon pour la mémoire) lui chantait L'Internationale à la maternité. Aucune objection, t'façon, des révolutionnaires, il en faut, parce que c'est une espèce en voie de disparition, et que sans eux, on risque de se retrouver dans 1984 ou dans le meilleur des mondes en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. On en est déjà pas si loin, d'ailleurs.

Bref, vu mes ascendants (que des têtes de mules), je ne pouvais qu'avoir une tête dure, une grande gueule et un caractère bien trempé. Et vu que son père aussi, c'est une sacrée tête de lard, ben ma gosse, obligatoirement, son caractère, c'est du béton armé. Et tant mieux, c'est préférable, je trouve. Tout ça pour dire que je l'aime, ma Babou, voilà, si je la perdais, je crois que je me foutrais en l'air. Mais venons-en au fait.

Un jour, au moment d'aller lui changer sa couche, je l'emmène dans la chambre, puisque c'est là que se trouve tout le nécessaire à langer. En passant devant la porte, elle tend le bras vers le poster du Che, alors je m'arrête, et elle se met à le tâter, c'est-à-dire à lui mettre des baffes, en ouvrant de grands yeux admiratifs et en se tortillant pour essayer de le goûter, des fois que ça se mange... Bon, je la laisse un peu faire mumuse, et puis je vais l'allonger pour la changer. Et là, voilà-t-y pas qu'elle se met à hurler en secouant la tête et en remuant bras et jambes dans tous les sens comme une possédée ! Alors je lui dis : "mais attends, ma douce, je te change ta couche et je te ramène le voir après, ton pote". Bon, elle se calme un peu, mais continue de râler, fait la moue et me fait le regard qui tue. Ben ouais, mais ce regard-là, elle l'a pas inventé, c'est une tradition qui se transmet de mère en fille, chez moi. Ma mère et moi, c'est pas des yeux revolver, qu'on a, c'est des yeux bazooka.

Donc, elle me fait ses yeux, là, et ça me fait marrer, parce que c'est la même différence entre elle et moi qu'entre le chat qui crache et le chaton qui essaie mais qui n'y arrive pas encore. Et là, je me surprends à lui dire : "Qu'est-ce que t'as ? T'es pas jouasse ? Tu veux faire la révolution, comme ton pote du poster ? Mais, ma grande, passe ton bac d'abord, parce que le Che, il s'est ptèt' révolté, mais n'empêche qu'il a quand même fait médecine, avant !"

Lamentable ! "Passe ton bac d'abord"... Quand je pense aux moments où mes parents m'ont dit ça, et que moi je pensais "font chier, ces vieux cons, z'ont rien compris à la vie"... Et quand je pense que ça me paraît pas si loin derrière moi, tout ça, et que c'est aussi ce qui m'attend, sauf que maintenant, je suis passée de l'autre côté de la force (je suis pas sûre de savoir lequel est le côté obscur...), que ça va être moi, la vieille conne, et que ça va m'arriver dans la tronche alors que j'aurai pas vu le temps passer, que je l'aurai pas vu venir et que je comprendrai rien à ce qui m'arrive. Je te jure, ça te file vraiment un coup de vieux, d'être parent.

Posté par Sunny Clainville à 18:03 - babou - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 novembre 2007

walt disney night fever

Nous voilà donc officiellement en hiver, et qui dit hiver dit Noël. Ben, oui, une fois qu'Halloween est passé, tu crois quand même pas que l'économie va attendre sagement pendant 2 longs mois qu'une autre fête nous pousse à consommer. Dans la foulée, on enchaîne donc sur Noël. C'est vrai, y'a déjà quelques temps que j'ai vu la première pub spécial Noël, à la téloche. Et petit à petit, vicieusement, inexorablement, imperceptiblement, tu te rends compte qu'il y en a de plus en plus, du Noël, des chocolats au supermarché, des promos spécial Noël, des articles sur Noël dans les blogs, des menus de Noël dans les magazines, des musiques de Noël à la radio, les gens qui commencent à parler vacances de Noël... Pourtant, tu notes qu'on est seulement en novembre. Mais tant pis, je me lance dans mon billet Noël, moi aussi. Bon, ce sera peut-être pas le seul, parce que j'ai des comptes à régler avec le Père Noël, mais dans l'immédiat, ce n'est pas l'objet de mon propos.

C'est vraiment bizarre, comment les gens sont à Noël… je pige pas. Tiens, rien que ma voisine de palier… Tous les ans, elle décore sa porte, côté palier évidemment, de novembre à février… je dois admettre qu'à défaut d'être beau, ça a au moins le mérite d'être drôle ; quand je dis drôle, je veux vraiment dire grotesque. Sa porte, c'est Walt Disney Night Fever… ça brille de partout, c'est recouvert d'un papier doré à étoiles rouges, avec des guirlandes bleues et argentées, et des banderoles rouges et vertes en feutrine qui disent "Joyeux Noël", parsemées de paillettes, de bonshommes de neige et de pères noëls. C'est… artistique tellement ça oscille entre le baroque et le folklore ; c'est tragique, tellement ça allie le grandiose et le pathétique. Le Geek dit qu'elle fait ça pour sa fille, mais bon, sa fille, elle a au moins 16 ans... ce qui, je te l'accorde, n'empêche pas d'avoir des goûts de chiottes, nous sommes bien d'accord, cher blogpotàouam.

Et puis, je comprends qu'on ait envie de décorer chez soi pendant les fêtes ; moi-même je le fais, je suis comme une gamine quand il s'agit de faire le sapin ; mais déjà, je tiens à affirmer au passage que c'est pas parce qu'on fait des décos de Noël qu'on n'a pas le droit de le faire avec un peu de goût, faut arrêter de déconner cinq minutes ! Et ensuite, entre décorer ton intérieur et en faire profiter tout le palier, y'a de la marge, quand même (ouais, paske si ta déco est moche chez toi, je m'en balance, alors que si je l'ai sous le nez tous les jours, ça agresse mes petits yeux sensibles à la beauté).

Et je parle même pas d'illuminer la rue entière en transformant son balcon en casino de Las Vegas... Ca, c'est ce que fait un autre voisin (entre autres, parce qu'ils sont nombreux, les lasvegassiens, dans ma résidence). Elle a trouvé un allié de palier, la mémère, depuis 2 ans. Par contre, la porte du voisin, c'est plutôt le trip : petits angelots roses et blancs... JC Superstar et la Sainte Vierge descendus sur Terre… Ca fait un mélange détonant avec son casino lasvegassien sur le balcon. Tu me diras, ça va ensemble, le gigantisme clignotant et le puritanisme des faux bons sentiments ; c'est très américain, d'ailleurs. Ce qui nous ramène à Walt Disney.

Quand je regarde autour de moi, je m'aperçois qu'en fait, à Noël, c'est PARTOUT Walt Disney Night Fever… C'est vrai, y'a des papiers dorés dans les magasins, y'a des étoiles argentées sur les emballages des jouets, y'a des ampoules multicolores dans les rues, des guirlandes à paillettes dans les arbres, des dessins en fausse neige sur les fenêtres des maisons… Et puis, y'a plein de monde dans les magasins, dans les rues, partout !

Paradoxalement, les gens, à Noël, peuvent passer du dégoulinage chamallow des bons sentiments à la barbarie sauvage de cro-magnon en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Ils sont tous prêts à se battre pour une place de parking, ou pour un truc soi-disant décoratif mais réellement hideux parce qu'à Noël, les gens perdent non seulement la notion de la mesure, mais aussi celle du goût. Par contre, ils manient tous l'art oratoire et l'argumentation comme si le sort du monde dépendait de cette place de parking ou de cette boule qui fait de la neige quand on la secoue. En fait, oui, le sort du monde en dépend… le sort du petit monde de chacun. Noël, c'est sacré ! Et dans la société individualiste et égocentrique qui est la nôtre, chacun se croit plus en droit que son voisin de passer avant les autres.

Du coup, Walt Disney Night Fever, c'est la loi de la jungle ; premier arrivé, premier servi, et celui qui tente de me la faire à l'envers, je lui arrache les yeux… C'est en gros le comportement dominant qu'on peut observer lors des courses de Noël. Et plus on approche de la date fatidique, plus on remonte dans l'histoire de l'humanité. T'as déjà fait tes courses de Noël un 23 décembre ? Mais nan, je me doute bien que t'es plus malin que ça, blogpotàouam. Sauf que ça m'est arrivé et que mon intelligence reste au-dessus de tout soupçon.

Alors, tu brûles d'impatience de savoir pourquoi j'ai pas fait mes courses avant… ben, j'aurais bien aimé, mais en fait, c'est pas moi qui suis habilitée à prendre ce genre de décision, c'est mon compte en banque. Cette année-là, j'avais toujours pas un rond le 22 au soir ; c'est le 23 que mon patron et le service des bourses de la fac ont décidé de me payer. La bonne blague ! Je me souviendrai toute ma vie que ce jour-là, j'ai failli mourir prématurément de toutes les manières possibles et imaginables ; asphyxiée par l'odeur de fauve de la foule en transe ; piétinée par une meute écumante et sauvage ; étripée par une grognasse qui est arrivée deux secondes après moi pour faire la queue et qui espérait bien me passer devant… entre autres supplices que j'ai dû subir et en faisant abstraction du fait que j'ai dépensé la quasi-totalité de mon salaire du mois et des 3 mois de bourse que j'avais touchés le matin même.

Bref, la période des fêtes de fin d'années, je me demande si c'est vraiment Walt Disney Night Fever, ou si c'est pas plutôt l'Âge de Pierre. Et dire que les soldes commencent pas longtemps après. Moi, je renonce ; j'aime déjà pas le shopping en temps normal, alors, les soldes, très peu pour moi… ou alors à 10h du matin… et encore… Mais les soldes, au moins, ça a le mérite d'être clair, c'est moi d'abord dans la jungle aux premiers âges de l'humanité. Alors que Noël, comme je le disais tout à l'heure, c'est la loi de la jungle sous les bons sentiments, la barbarie déguisée en chamallow. Et puis, y'a autre chose qui me dérange dans les fêtes de Noël, c'est que tout cet étalage de cadeaux, de paillettes et de lumières clignotantes, c'est une provocation et une torture envers les plus démunis.

Je ne suis pas ce qu'on peut appeler pauvre, mais je roule pas sur l'or non plus ; et quand j'ai pas un budget suffisant pour offrir ce que je voudrais aux gens que j'aime, c'est déjà un dilemme. Alors, ceux qui n'ont pas de budget du tout, comment ils voient tout ça ? Parce que, pour ceux-là, les factures, les impôts, l'estomac des enfants et le coût de la vie en général ne font pas de cadeau. Pas de pause, sous prétexte que c'est Noël ; pas de bons sentiments américains, pas de Disney-isme sous prétexte que c'est Noël.

Pour la masse moyenne (et je ne parle même pas de ceux pour qui l'argent n'est jamais un problème), les fêtes de fin d'année, c'est un moment exceptionnel, un instant de plaisir à savourer en famille. Mais pour les autres, les démunis et les exclus, Noël, ça n'a rien d'exceptionnel, et au-delà du plaisir de se retrouver en famille (d'ailleurs, c'est marrant, mais en général, la "famille" pense moins à toi quand t'as pas de fric...), les problèmes restent les mêmes. Pour eux, la vie quotidienne, c'est déjà une lutte barbare et usante, et Noël ne fait que rendre encore plus cuisante la conscience de la difficulté de la vie et du manque matériel. Quand on doit déjà choisir entre payer la facture d'électricité ou celle de téléphone, ou pire, quand on se demande sur quel banc on va pouvoir dormir ce soir, tout ce matraquage d'étincelles et de sourires dégoulinants de satisfaction, ça peut être vécu comme une véritable agression.

J'aime Noël pour le moment que je passe avec mes proches, pour les sourires quand ils déballent leurs cadeaux, pour les petits plats qu'on met dans les grands et pour les petits verres qu'on boit en se marrant... mais je n'aime pas Noël pour l'exclusion renforcée que ça représente pour certains ; pour l'individualisme que ça engendre sous des apparences d'union et de communion ; pour le visage normatif que ça présente d'une société qui laisse de côté, plus que d'habitude, plus que jamais, ceux qui, pour des raisons matérielles, ne peuvent pas savourer ce  moment particulier en toute sérénité.

Posté par Sunny Clainville à 23:43 - société, tu m'auras pas - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jardin public

Bon, ça y est blogpotàouam, c'est le moment où tout bascule. C'est officiel, c'est l'hiver. Il fait froid. Mais aujourd'hui, il fait beau. Moi, je suis définitivement une summer addict, mais y'a un truc que je kiffe vraiment, en hiver, c'est quand il fait beau. J'adore faire des balades en forêt quand il fait beau et qu'il fait froid... oui, bon, j'aime aussi quand il fait chaud, mais là, on parle de l'hiver (faut suivre, nom d'un petit bonhomme, parce que je vais pas m'interrompre à chaque phrase, j'aime autant te prévenir tout de suite...) ; donc je kiffe les jours d'hiver ensoleillés. Et même encore mieux : les jours d'hiver enneigés et ensoleillés (sauf en ville, parce qu'en ville, la neige, ça tient mal, et ça devient tout de suite une espèce de gadoue immonde où cohabitent joyeusement neige, terre, flotte, merdes de chiens, et j'en passe) ; bon, mettons qu'on parle dans l'absolu. Et de toute façon, c'est pas grave, tout va bien tant que je me comprends...

Les balades en forêt, c'est une vraie drogue, pour moi. D'ailleurs, depuis quelques temps, ça me manque... Ben, ouais, parce que figure-toi que depuis que j'ai lâché les commandes de la maison, plus rien ne se fait. Et oui, vu que le Geek ne fait rien (ou presque), forcément, ça risque pas de se faire tout seul... Ca fait donc un bon mois que le ménage n'est plus jamais fait, que l'évier est toujours plein, que le linge et le courrier réussissent à s'accumuler en s'éparpillant un peu partout, qu'on mange n'importe quoi à n'importe quelle heure, et que bien sûr, on ne fait plus la balade au bois du dimanche matin, rituel qui était devenu incontournable depuis l'automne 2006 ; enfin, avant aussi, j'ai eu des périodes où j'allais en forêt, mais pas aussi régulièrement ; là, ça faisait un an qu'on y allait tous les dimanches sans exception (avec un mois de pause quand même après mon accouchement)... et franchement, je kiffe, ça fait un bien fou. Et ben, même ça, on le fait plus. Enfin, pour être plus précise, disons que les rares fois où on l'a faite depuis un mois ou deux, ça m'a tellement fait chier d'être avec le Geek en tête-à-tête, que j'arrivais même pas à en profiter. Bref, passons.

J'adore les balades en forêt, parce que ça me rappelle mon enfance. Ca a ptèt' l'air très cucu-la-praline, ce que je te dis là, mais attends de savoir la suite, parce que les paroles changent un peu. Quand j'étais gamine, ma mère m'a traînée partout avec elle ; ben, oui, elle avait pas de thunes, elle avait pas de famille assez proche et assez digne de confiance pour me confier, et puis elle me traînait partout avec elle parce que c'était comme ça, voilà, et ça me convenait très bien. Ma mère bougeait pas mal, dans sa jeunesse, que ce soit chez les potes, en concert, ou en week-end dès que l'occasion se présentait. On partait en week-end dans des coins super reculés (style les montagnes en Ariège), squatter chez les copains, dans une vieille coccinelle avec la langue des Stones peinte en gros sur le capot (remplacée ensuite par une 4L sans banquette arrière où on trimballait toute la bande de potes).

Ils étaient tous un peu rebelles, un peu anars, un peu hippies, un peu rock'n'roll ; c'était fin 70 - début 80, donc y'avait ceux qui vivaient dans leurs fermes sans eau ni électricité en Ariège, y'avait ceux qui avaient la coupe afro, y'avaient ceux qui avaient les cheveux longs, ceux qui avaient le blouson de cuir et les tiags,  et puis y'avait ceux qui mélangeaient plein de styles ; y'avait des caricatures, et des inclassables. Et tout ce beau monde, évidemment, s'enfilait des drogues à qui mieux-mieux (c'était l'époque, en même temps...) chacun suivant ses goûts. J'ai vu tourner des joints dans les tipis en Ariège, j'ai vu je-ne-sais combien de bières vidées au bistrot devant des parties de 4-21 interminables, j'ai vu sniffer des lignes sur les tables basses des salons ou sur les tables hautes des cuisines, et j'ai vu chauffer des cuillères et remplir des seringues derrière des portes entrebâillées.

Ah, non, hein ! Tu me fais pas ce coup-là, s'te plaît... Non, non, non, c'est niet, c'est catégorique ! Tu peux remballer tes kleenex et tes violons, c'était carrément pas le but de la manoeuvre... Tu te dis que ça m'a traumatisée ? Pas plus que d'autres ; chacun ses névroses, et à chacun de les surmonter comme il peut. Pour la psychanalyse du dimanche, déjà, on est samedi, et je suis la seule à pouvoir décréter qui peut la faire sur mon blog et quand ! Et je décrète que je suis la seule habilitée à opérer dans cette région d'une sensibilité hors-normes et d'une indicible complexité ! Alors, pour commencer, bien sûr que ça m'a pas fait plaisir de réaliser tout ça, j'ai pas bondi de joie en criant "youpi ! M'man et Loulou prennent de la dope avec leurs potes !"...

Mais faut pas dramatiser, j'ai eu une super enfance, malgré les aléas de la vie ; j'étais une enfant de l'amour, j'étais douée à l'école, j'étais la prunelle des yeux de M'man (et de Loulou), j'ai toujours eu à manger dans mon assiette et (presque) toujours un toit sur la tête, je suis souvent partie en colo, donc en vacances, j'ai eu la chance de faire du piano, de la danse, du chant, plein d'activités, j'ai vécu des moments vraiment magiques, et quand j'ai compris ce qui se tramait entre les grands, j'ai juste réalisé que la vie n'était pas un conte de fées. C'est sûrement pour ça que j'ai toujours recherché l'évasion dans l'imaginaire, d'ailleurs...

Et puis, j'ai compris aussi que les drogues (dures, en tout cas), c'était pas pour moi. Ouais, c'est vrai, je fume des pétards, et je suis une fumeuse régulière, même. J'aime bien picoler à l'occasion, et pourquoi pas une petite infusion de champis... Mais déjà, tout ce qui est chimique, ça me tente pas. Et pour ce qui est des drogues dures, en particulier l'héro, j'ai vu de trop près les ravages que ça peut causer, donc très peu pour moi. La coke, je dis pas, ptèt' bien qu'un jour si j'ai l'occaz'... Enfin, pour l'instant, je me contente de mes kékés (oui, je sais que ça veut aussi dire autre chose, mais pour moi, kéké = pétard), et ça me va très bien comme ça.

Bref, fin du quart d'heure psycho. Pour revenir à mon sujet de base, qui était : les promenades en forêt de mon enfance, sache que j'ai kiffé ces moments-là, où on se faisait des cabanes d'indiens dans les bois, ou des batailles de boules de neige, où on... enfin, où je grimpais aux arbres, où je courais partout pour essayer d'échapper à Loulou qui me pourchassait, où je lui sautais sur le dos quand j'en avais marre de courir, où on avait tous les trois des Santiags aux pieds, qu'on chantait Renaud ou Téléphone sur la route du retour, qu'en rentrant, on se faisait des crêpes à la confiotte, ou du gâteau au yaourt, et du chocolat chaud à la cannelle, et qu'après, souvent, on lisait des BD...

Voilà, c'est tout ça que ça me rappelle, les belles journées d'hiver, et va pas croire que ça me rend nostalgique, ça me rend joyeuse, au contraire. Et oui, tu as raison de le faire remarquer, c'était juste pour te raconter ça, que je t'ai fait tout ce speech (en même temps, tu commences à être habitué, maintenant...) ; c'était juste pour faire l'apologie des jours d'hiver ensoleillés que j'ai ouvert au public certains petits bouts de mon jardin secret, avec visite guidée à l'oeil, s'il te plaît, je me permets de le souligner !!!

Maintenant, ce que j'aime me faire, les dimanche après-midi d'hiver, c'est plus du chocolat à la cannelle, c'est du thé à la bergamote. Pour celui qui serait toujours pas allé se documenter depuis le temps que j'en parle, c'est pas sérieux, tout ça, mais je vais t'expliquer quand même parce que je suis super sympa, comme nana ; le thé à la bergamote, c'est le thé Earl Grey. Personnellement, celui que je bois, c'est le Twinings... Nan, personne me paie pour faire de la pub, je suis pas comme ça, moi, je suis pas à vendre... Fuck the system ! Ouais, m'sieur ! Farpaitement ! Je vis selon ma conscience, et figure-toi que je leur fais de la pub gratos... Si, si... Trève de plaisanterie, c'est pas pour faire de la pub, c'est parce que c'est réellement celui-là que je préfère. Et donc, comme je te l'ai déjà dit, j'aime le boire avec du miel et du lait, et manger des Bastogne que je trempe dedans.

Mais bon, ça c'est encore une autre histoire, et là, j'en ai marre d'écrire, donc on verra ça à la prochaine journée portes ouvertes de mon jardin secret. En attendant, essaie le thé Earl Grey (Twinings, c'est vachement important, parce qu'il a carrément pas le même goût suivant les marques) avec du miel, du lait, et des Bastogne, fais-moi confiance ; tu vas découvrir l'orgasme culinaire...

Posté par Sunny Clainville à 16:22 - my life on line - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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