20 février 2008
je le connais pas, moi, ce valentin
Maintenant qu'elle est passée, cette foutue fête, je peux le dire, je suis d'accord avec Eve et La Peste, et je m'en balance de cette Saint-Valentin de merde, de cette sale pompe à fric. Je te vois venir, tu penses que je dis ça parce que j'ai pas eu de cadeau, de dîner aux chandelles, et de partie de bête à deux dos endiablée. Et tu veux que je te dise ? Mais si, mais si, tu veux, mais tu le sais pas encore. Ben, c'est vrai, j'ai rien eu de tout ça. Et tu sais quoi ? Ben je m'en tamponne comme de l'an 40 (en même temps, je sais pas s'il s'est passé quelque chose qui mérite qu'on s'en tamponne pas, en l'an 40), parce que moi, la Saint-Valentin, ben ça me gonfle, je trouve que ça craint, voilà, c'est la vraie vérité authentiquement véritable. Ceci dit, je précise tout de suite que moi, j'aime pas ça, j'aime pas les coeurs, j'aime pas le chocolat, j'aime pas l'eau-de-rose ; mais loin de moi l'idée de blâmer ou de critiquer toutes celles qui aiment ça, je comprends très bien qu'on puisse apprécier ce genre de trucs ; on a le droit d'être une vraie fille, et même on peut très bien être une vraie fille et pas être la moitié d'une conne. Donc, ce qui va suivre, c'est une opinion personnelle, et ça n'engage que moi. Et Eve. Et La Peste. Et toutes celles qui pensent comme nous.
La Saint-Valentin, je l'ai jamais fêtée. Tu commences à me connaître, blogpotàouam, tu sais que j'aime bien rien faire comme tout le monde. Donc, logiquement, avoir ma fête d'amoureux en même temps que tout le monde, pour moi, c'est tout simplement inconcevable. Déjà, quand j'ai connu le Geek (je t'ai déjà dit que j'avais 17 ans, donc ça date), le 14 février, ça faisait deux semaines qu'on sortait ensemble (ben quoi ?! c'est comme ça qu'on disait, à l'époque), et il m'a dit qu'il voulait me faire un cadeau mais qu'il l'avait pas encore trouvé (oui, oui, bon, cherche pas, c'est du Geek tout craché, ça, façon plus ou moins élégante de me dire "je viens de réaliser que c'est la Saint-Valentin, que t'es une fille, et que ptèt' que tu vas être vexée si je t'offre rien"). Et moi je lui ai dit que je voulais pas de cadeau, parce que j'en avais (et j'en ai toujours) strictement rien à foutre de cette fête à la con, et que je préférais nettement fêter notre anniversaire à nous, parce que c'était ça, notre fête d'amoureux.
Les années suivantes, c'est donc le 31 janvier qu'on avait notre dîner romantique, enfin, bon, disons qu'on était romantiquement torchés, quoi. Bon, bien sûr, les 12 années passées, c'était moi qui m'occupais d'organiser tout ça, le resto, où on va, qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on boit, le champ' et le pétard au retour, etc. Et oui, exceptionnellement, ce jour-là, je partageais un pétard avec le Geek (parce que d'habitude, je me fais des joints persos, mais ça aussi, tu le sais déjà). Je faisais même l'effort de m'habiller comme une fille, les fringues un peu sexy, les talons, la lingerie en dentelle, les bijoux, le maquillage et tout et tout et tout... Quoi ? Meu non, je tombais pas sur la tête au réveil, mais bon, mes chromosomes disent que je suis une nana, faut bien que ça se voie, des fois, quand même.
Bon, je m'étends pas sur toutes les fois où Môssieur zappait l'événement et où il s'apprêtait à se tirer chez un pote parce que tu-comprends-c'est-la-champion's-league-c'est-un-match-vachement-important-oui-mais-chéri-tu-sais-quel-jour-on-est-... ah merde ! Sans déc', qu'est-ce que j'en ai à branler, moi, de la champion's league mes couilles ?! Heureusement, entre le match pétaouchnokcity-babelouedville et le string en dentelle, son choix était vite fait. Que les hommes sont faibles ! Ce qui l'empêchait pas, une fois au resto, de surveiller ses textos pour se tenir au courant des résultats... Goujat ! Mais passons...
Donc, depuis 13 ans, je mets un point d'honneur à ne pas fêter la Saint-Valentin, puisque j'aime pas ça, que c'est rien qu'un prétexte au matraquage commercial, que moi, je suis plutôt saucisson et frometogom que chocolats et caramels, que les bouquets de roses, ça me fait ni chaud ni froid, que j'aime pas les Mon Chéri ni les restos coincés du cul où on te laisse pas ta bouteille sur la table et où on te sert des demi-verres, et que t'façon, je suis qu'une rebelle insociable et excentrique qui a cru au prince charmant beaucoup trop longtemps. Et puis notre anniversaire, cette année, je m'en suis pas occupée puisqu'on s'aime plus, et de toute façon, je savais bien qu'il y penserait pas. Je commence à le connaître, le bonhomme. Et bingo ! Il y a pas pensé, et j'ai passé ma soirée du 31 janvier à faire je sais même plus quoi, tellement je m'en cogne, aujourd'hui, de cette date.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, alors, que tu te dis dans ta caboche... Et ben nan !!! Parce que figure-toi qu'après 12 ans sans fêter la Saint-Valentin, le Geek, il s'amène comme ça un soir, et il me sort : "pour la Saint-Valentin, on pourrait laisser Babou aux grands-parents et se faire un resto"... T'y crois pas ? Ben, moi non plus, à vrai dire ; quand j'ai entendu ça, j'ai cru que j'étais endormie. "Pourquoi faire ?", que je lui ai rétorqué d'un ton sec et distrait (en même temps, j'étais occupée sur le net, faut pas déconner). Ben ouais, je suis comme ça, moi, j'aime pas les ronds-de-jambe, sauf s'il s'agit vraiment de danse, et pas de procédure sociale. Et puis, tu connais mon sentiment vis-à-vis de mon couple, et t'en fais pas, le Geek aussi, il le connaît, mais bref. Tu sais ce qu'il m'a répondu ? Tu vas le savoir : "ben, je viens de te le dire, c'est pour la Saint-Valentin".........
L'a vraiment rien pigé, ou bien l'a perdu son cerveau en cours de route, ou alors c'est ptèt' moi qui ai loupé des épisodes, j'ai ptèt' développé une double personnalité, et ptèt' que mon alter ego lui a ptèt' dit que finalement, j'aimerais bien fêter la Saint-Valentin... Le mystère reste entier, je crois que je saurai jamais ce qui lui est passé par le crâne ce jour-là, mais je laisse tomber, ça m'intéresse même pas. Treize ans qu'il sait que je déteste cette fête à deux balles, treize ans qu'il se préoccupe pas non plus d'organiser notre anniversaire, ni même la moindre soirée en amoureux sans occasion spéciale, d'ailleurs, et, cerise sur le gâteau, des mois qu'on ne fait plus que cohabiter et qu'on dort même plus ensemble, et l'autre, il me balance ça comme ça, sans prévenir. Mais, absorbée comme je l'étais par ce que je lisais (ou comme je faisais semblant de l'être pour éviter d'avoir à me prononcer sur cette soudaine envie de soirée en tête-à-tête), j'ai pas donné suite. Tu notes quand même que ça l'a pas perturbé plus que ça, il s'est collé devant la téloche et roule ma poule !
Et tu sais quand ça lui est revenu en mémoire ? Le 14 février au soir. En rentrant du taf, à 21 h, il me dit : "rôôô, zut alors, on a oublié de faire garder Babou (oui, parce que lui, il veut bien penser, mais après c'est à moi d'organiser ; c'est bien connu, l'homme propose, la femme dispose... et s'y colle ; ah, ça, l'homme, il en a plein, des idées, mais pas beaucoup de suite dedans et une capacité limitée à relier les idées et l'action), ben on sort pas ce soir, alors".....................
Ben nan, j'ai pas organisé le baby-sitting grand-parental parce que je savais bien que toi, t'organiserais pas le resto (pis essaie de te pointer au resto le soir de la Saint-Valentin sans avoir réservé, que je me marre), et puis parce que se regarder dans le blanc des yeux, avoir une conversation dont le sujet ne soit pas Babou et qui dure plus d'un quart d'heure, se bécoter en essayant de pas penser au ridicule de la situation puisqu'on est plus amoureux, tout ça, c'est vraiment le dernier truc dont j'aie envie, mon petit père. C'est vrai, quoi, déjà que je trouve ça craignos, la Saint-Valentin, même quand je suis amoureuse, alors quand on l'est pas, tu peux me dire, toi, blogpotàouam, à quoi ça rime ?
Alors, moi, j'ai qu'une chose à dire : ouf ! Je te raconte pas à quoi j'ai échappé. Mais bon, quand même, je m'interroge ; je me demande où il a été chercher une idée pareille. Et franchement, je vois que deux choses possibles : les couilles pleines et une tendinite à chaque poignet. Du coup, je sais pas comment il s'est démerdé, mais je vais te dire un truc : c'est pas mon problème. Ca, c'est sûr que pour les histoires de mécanique et de vidange, je suis une vraie fille, je m'y intéresse pas tant que j'ai pas un bénéfice à en tirer.
17 novembre 2007
overdose
J'en peux plus. J'en peux plus du Geek. J'en peux plus de m'en prendre plein la gueule dès qu'il a un pet de travers. J'en peux plus de voir qu'il est pas foutu de s'occuper de Babou correctement et sans la faire hurler ne serait-ce qu'une seule journée. J'en peux plus de son égocentrisme, de son mépris, de sa gaminerie, de sa mère avec ses pleurnicheries, de son pote-ex-collègue qu'il a au téléphone tous les soirs, et pas pendant 5 mn, en plus. J'en peux plus de son PC devant lequel il passe des heures tous les soirs, après avoir raccroché, à surveiller ses téléchargements et à se balader sur les sites de ventes privées, à s'acheter des fringues à la Matt Pokora, pour ensuite s'étonner qu'on soit toujours dans le rouge à la fin du mois, me dire qu'on peut pas acheter mon synthé, ou une nouvelle chaise haute pour Babou qui en aurait besoin, et ça depuis des mois et des mois et des mois... ou ptèt' que ça fait des années, je me souviens même plus. J'en ai marre de son foot de merde. J'en ai marre de lui servir de bonniche et de nounou pendant que monsieur sort, parce qu'il a "besoin de se détendre à cause du boulot". Et moi, ça fait 6 mois que je pouponne, que je cuisine, que je range, que j'astique, que je nettoie (sauf ces 2 ou 3 dernières semaines, je reconnais, mais bon...) ; ça fait 6 mois que je m'achète rien qui ne soit pour le pot commun ou pour Babou ; ça fait 6 mois (au moins) que je suis pas sortie boire un coup avec mes potes, sauf quand lui a envie de sortir et que par un grand bonheur, on peut faire garder Babou. Oui, parce sinon, monsieur sort, et moi je reste. Mais peut-être que moi aussi, j'ai besoin de me détendre, de me changer les idées, de m'amuser un peu. Ah, si, ça, je peux pas dire, il achète des places de concert en pagaille, et tant mieux pour moi si par un heureux hasard, ça l'intéresse d'aller voir quelqu'un que j'aime bien. C'est le cas, lundi, on va voir Bill Deraime avec mes parents. Ben tu veux que je te dise ? Ca me gâche mon plaisir de savoir que je vais devoir supporter sa tronche, mais y'a pas le choix, faut s'y faire.
Depuis un mois ou deux, je dors dans le canap', d'abord parce j'en ai marre aussi qu'il se batte systématiquement pour 10 cm de couette, qu'il me réveille 15 fois par nuit si j'ai le malheur de ronfler, que tout le dérange, la lumière de mon radio-réveil, notamment... mais à part ça, il s'endort devant les films, avec la télé qui gueule, et des fois même pendant que je lui parle, là, ça le dérange pas. J'en ai marre que, comme par hasard, depuis que je dors dans le canapé, il le squatte devant son PC jusqu'au milieu de la nuit, et j'en ai marre de devoir attendre que monsieur daigne bien me laisser la place pour me coucher tous les soirs. Et derrière, je me fais encore reprocher de "passer ma vie devant mes blogs", en attendant d'avoir la place. C'est littéralement ça que ça veut dire, l'expression "c'est l'hôpital qui se fout de la charité". Surtout qu'il est toujours en train de se plaindre qu'il est crevé. Avant, par exemple, on pouvait jamais mater un petit film ensemble parce qu'il piquait du nez au bout d'un quart d'heure ; pour pouvoir passer une soirée ensemble, fallait obligatoirement qu'on sorte. J'en avais marre qu'on puisse jamais partager des trucs en amoureux chez nous, que ça lui vienne jamais à l'idée de nous préparer une petite soirée sympa (à part au pieu, tu penses, pour ça, il est jamais fatigué). J'en avais marre aussi de son taf, qu'il y passe sa vie, qu'il parte aux aurores et qu'il rentre à pas d'heure, et pas toujours parce qu'il est vraiment obligé, mais parce qu'il aime ça, c'est tout. Il fait des heures en pagaille et il en ramène encore à la maison. Et tu veux savoir autre chose ? Maintenant, moins il est là, et mieux je me porte, parce que que quand il est là, c'est pour emmerder le monde. J'en ai marre de me prendre tout le temps des reproches dans la tronche, j'en ai marre que rien de ce qui m'intéresse ne l'intéresse, mais qu'il soit capable de scotcher Secrets d'actualité ou Le droit de savoir en m'envoyant paître dès que je dis un mot : "chhhhhteeeuu ! tu vois pas que j'écoute ! pffff ! voilà, maintenant j'ai pas entendu !". Tu sais que j'écris, et ben je peux les compter sur les doigts d'une main, les fois où il a mis le nez dans mes histoires ou mes "chansons". Quand j'ai créé mon blog, je me suis pas cachée, je lui en ai parlé ouvertement, je lui racontais même ce qui se disait sur les autres. Et figure-toi qu'il y a toujours pas jeté le moindre coup d'oeil, alors qu'il voit bien que j'y passe du temps, puisqu'il le fait remarquer lui-même. Mais je te dis, ce qui me fait un minimum exister, ça l'intéresse pas. Donc, comme il est pas près de lire mon blog (rien que ce billet, c'est déjà beaucoup trop long pour lui), je peux déverser toute ma bile comme ça me chante. Et puis, de toute façon, au fond de lui, il sait très bien où on en est.
J'en ai marre qu'il engueule Babou dès qu'elle a le malheur de pleurer un peu ; cette semaine, elle a mal dormi, elle se réveillait souvent la nuit, elle était pas très bien lunée (ça nous arrive à tous, non ?) ; mais lui, il considère qu'elle fait un caprice dès qu'elle râle. Il y a quelques nuits, j'ai été réveillée en sursaut parce qu'il lui gueulait dessus sous prétexte qu'elle pleurait. Et pourtant, j'ai le sommeil lourd. D'accord, il bosse, mais c'est un bébé de 6 mois, en plus elle fait ses dents... et puis, vu l'ambiance à la maison, c'est pas étonnant qu'elle soit bougonne, elle aussi. Il m'a gonflée pendant des années pour avoir un gamin, et maintenant qu'elle est là, faudrait qu'elle soit toujours souriante, qu'elle soit sage, qu'elle dise "papa", qu'elle mange bien comme il faut sans gigoter et se tortiller dans tous les sens, et qu'elle dorme bien la nuit... Mais c'est ça, les enfants, ça se réveille la nuit, ça fait des cauchemars, ça a mal par-ci ou par-là, ça a trop chaud ou trop froid, et oui, faut se lever, les consoler, les câliner, les rassurer, les soulager, changer la couche... bref, c'est pas une poupée de porcelaine dans une vitrine, sa fille (je t'ai déjà dit que la Geekfamily, c'était des tueurs dans l'art de se compliquer la vie, donc déjà, quand tu la partages, t'as intérêt d'avoir les nerfs bien accrochés ; mais en plus, ils sont pas finis, et ils sont tous atteints du syndrome de la vitrine. Je te reparlerai de tout ça). J'en ai marre aussi que son boulot soit toujours l'excuse suprême, qu'il pense qu'au fric (c'est vrai qu'il en faut, mais bon, y'a aussi autre chose, dans la vie), qu'il remette ça sur le tapis quel que soit le sujet que j'aborde, qu'il me prenne le chou avec ça si on a le malheur d'acheter du shit (et tu notes que je dis bien "on", parce que je le fume pas toute seule, le shit, non plus), mais qu'il dépense anarchiquement et au-dessus de nos moyens, qu'il tienne jamais les comptes (je m'y suis collée toute seule pendant des années... pour ça aussi, j'ai baissé les bras). Bref, j'en ai vraiment ma claque. Je suis arrivée à un point de non-retour, cette fois. Ca y est, il m'a trop usée.
Il a pas toujours été comme ça. Des fois, il a su être très charmant, prévenant, attentionné, attentif, etc. Au début, quand il voulait me séduire, ou pour rattrapper le coup les quelques fois où il a pas su garder sa braguette fermée, ou pour me reconquérir, quand je l'ai quitté, il y a environ 3 ans. Et je suis revenue. Et maintenant, la donne a changé. On a Babou, et ça complique les choses. Je regrette absolument pas de l'avoir faite, ma Babou, c'est la plus belle chose qui me soit jamais arrivée. Mais je regrette de m'être liée à lui de cette façon. Alors, pour faire passer la pilule, je me dis que c'est parce qu'elle était écrite, et que ça ne pouvait être elle qu'avec lui. Je vois tout en noir ? Ouais, m'sieur, et en noir foncé, même. Mais bon, quand tu fais des concessions pour que ça marche, quand tu fais des sacrifices pour entretenir la flamme, quand tu renies une partie de toi-même pour correspondre à ce que l'autre attend, quand t'as pas respecté les promesses que tu t'étais faites (genre "jamais un homme qui me trompe", ou "jamais un homme qui soit matérialiste"), et ça depuis des années, ben les hauts sont de moins en moins élevés et de plus en courts, et inversement, les bas sont de plus en plus profonds et de plus en plus longs... A partir de là, la question qui se pose, c'est : vais-je devenir comme toutes ces femmes qui restent pour les enfants, parce qu'elles ont peur de se retrouver seule, parce que leur religion leur interdit de partir ? Vais-je accepter de vivre la même vie que sa mère, faire des triples journées (boulot, moufflets, popotte, linge, vaisselle, compta et autres tâches administratives) pendant que son cher et tendre vit sa petite vie, se préoccupe de son petit confort et de ses petits loisirs, se met les pieds sous la table et/ou batifole avec ses maîtresses et ses autres enfants) ? Moi-même je l'ai cru, l'espace d'une seconde, mais j'ai aucune religion qui m'interdise quoi que ce soit (ni dieu ni maître !) ; j'ai conscience que c'est pas toujours évident, mais j'ai pas peur de me retrouver toute seule (plutôt seule que mal accompagnée) ; et j'ai toujours trouvé que dans l'intérêt des gosses, des fois, il vaut mieux "couper plutôt que déchirer", comme dit un grand monsieur qui a toute mon estime. Et en ce qui me concerne, ça fait suffisamment longtemps que je suis déchirée, il est temps de recoller mes morceaux. En plus, ça ferait une promesse de plus que je transgresserais, et là, la coupe est pleine, elle déborde, même... Et puis, je serai incapable de vivre cette vie-là... C'est définitivement pas pour moi.
Il m'a fallu 13 ans pour réaliser vraiment, mais maintenant, j'en suis sûre. Babou ne pouvait pas être Babou sans lui, mais moi, ça ne sera moi que sans lui. Ce qui me retient encore, c'est que pour l'instant, j'ai pas de boulot, personne pour m'héberger avec ma fille (parce que tu te doutes bien qu'elle reste avec moi, y'a même pas de négociations possibles), et je pense pas que crécher sous les ponts soit la solution à mon problème. Donc, il faut que je prenne mon mal en patience en attendant de pouvoir nous assurer une vie décente. Rester zen ? Ben, ouais. De toute façon, à ce stade, ça sert plus à rien de s'engueuler, c'est trop fatigant, ce serait traumatisant pour Babou, et ça fera plus avancer le schmilblick.
