24 novembre 2007
jardin public
Bon, ça y est blogpotàouam, c'est le moment où tout bascule. C'est officiel, c'est l'hiver. Il fait froid. Mais aujourd'hui, il fait beau. Moi, je suis définitivement une summer addict, mais y'a un truc que je kiffe vraiment, en hiver, c'est quand il fait beau. J'adore faire des balades en forêt quand il fait beau et qu'il fait froid... oui, bon, j'aime aussi quand il fait chaud, mais là, on parle de l'hiver (faut suivre, nom d'un petit bonhomme, parce que je vais pas m'interrompre à chaque phrase, j'aime autant te prévenir tout de suite...) ; donc je kiffe les jours d'hiver ensoleillés. Et même encore mieux : les jours d'hiver enneigés et ensoleillés (sauf en ville, parce qu'en ville, la neige, ça tient mal, et ça devient tout de suite une espèce de gadoue immonde où cohabitent joyeusement neige, terre, flotte, merdes de chiens, et j'en passe) ; bon, mettons qu'on parle dans l'absolu. Et de toute façon, c'est pas grave, tout va bien tant que je me comprends...
Les balades en forêt, c'est une vraie drogue, pour moi. D'ailleurs, depuis quelques temps, ça me manque... Ben, ouais, parce que figure-toi que depuis que j'ai lâché les commandes de la maison, plus rien ne se fait. Et oui, vu que le Geek ne fait rien (ou presque), forcément, ça risque pas de se faire tout seul... Ca fait donc un bon mois que le ménage n'est plus jamais fait, que l'évier est toujours plein, que le linge et le courrier réussissent à s'accumuler en s'éparpillant un peu partout, qu'on mange n'importe quoi à n'importe quelle heure, et que bien sûr, on ne fait plus la balade au bois du dimanche matin, rituel qui était devenu incontournable depuis l'automne 2006 ; enfin, avant aussi, j'ai eu des périodes où j'allais en forêt, mais pas aussi régulièrement ; là, ça faisait un an qu'on y allait tous les dimanches sans exception (avec un mois de pause quand même après mon accouchement)... et franchement, je kiffe, ça fait un bien fou. Et ben, même ça, on le fait plus. Enfin, pour être plus précise, disons que les rares fois où on l'a faite depuis un mois ou deux, ça m'a tellement fait chier d'être avec le Geek en tête-à-tête, que j'arrivais même pas à en profiter. Bref, passons.
J'adore les balades en forêt, parce que ça me rappelle mon enfance. Ca a ptèt' l'air très cucu-la-praline, ce que je te dis là, mais attends de savoir la suite, parce que les paroles changent un peu. Quand j'étais gamine, ma mère m'a traînée partout avec elle ; ben, oui, elle avait pas de thunes, elle avait pas de famille assez proche et assez digne de confiance pour me confier, et puis elle me traînait partout avec elle parce que c'était comme ça, voilà, et ça me convenait très bien. Ma mère bougeait pas mal, dans sa jeunesse, que ce soit chez les potes, en concert, ou en week-end dès que l'occasion se présentait. On partait en week-end dans des coins super reculés (style les montagnes en Ariège), squatter chez les copains, dans une vieille coccinelle avec la langue des Stones peinte en gros sur le capot (remplacée ensuite par une 4L sans banquette arrière où on trimballait toute la bande de potes).
Ils étaient tous un peu rebelles, un peu anars, un peu hippies, un peu rock'n'roll ; c'était fin 70 - début 80, donc y'avait ceux qui vivaient dans leurs fermes sans eau ni électricité en Ariège, y'avait ceux qui avaient la coupe afro, y'avaient ceux qui avaient les cheveux longs, ceux qui avaient le blouson de cuir et les tiags, et puis y'avait ceux qui mélangeaient plein de styles ; y'avait des caricatures, et des inclassables. Et tout ce beau monde, évidemment, s'enfilait des drogues à qui mieux-mieux (c'était l'époque, en même temps...) chacun suivant ses goûts. J'ai vu tourner des joints dans les tipis en Ariège, j'ai vu je-ne-sais combien de bières vidées au bistrot devant des parties de 4-21 interminables, j'ai vu sniffer des lignes sur les tables basses des salons ou sur les tables hautes des cuisines, et j'ai vu chauffer des cuillères et remplir des seringues derrière des portes entrebâillées.
Ah, non, hein ! Tu me fais pas ce coup-là, s'te plaît... Non, non, non, c'est niet, c'est catégorique ! Tu peux remballer tes kleenex et tes violons, c'était carrément pas le but de la manoeuvre... Tu te dis que ça m'a traumatisée ? Pas plus que d'autres ; chacun ses névroses, et à chacun de les surmonter comme il peut. Pour la psychanalyse du dimanche, déjà, on est samedi, et je suis la seule à pouvoir décréter qui peut la faire sur mon blog et quand ! Et je décrète que je suis la seule habilitée à opérer dans cette région d'une sensibilité hors-normes et d'une indicible complexité ! Alors, pour commencer, bien sûr que ça m'a pas fait plaisir de réaliser tout ça, j'ai pas bondi de joie en criant "youpi ! M'man et Loulou prennent de la dope avec leurs potes !"...
Mais faut pas dramatiser, j'ai eu une super enfance, malgré les aléas de la vie ; j'étais une enfant de l'amour, j'étais douée à l'école, j'étais la prunelle des yeux de M'man (et de Loulou), j'ai toujours eu à manger dans mon assiette et (presque) toujours un toit sur la tête, je suis souvent partie en colo, donc en vacances, j'ai eu la chance de faire du piano, de la danse, du chant, plein d'activités, j'ai vécu des moments vraiment magiques, et quand j'ai compris ce qui se tramait entre les grands, j'ai juste réalisé que la vie n'était pas un conte de fées. C'est sûrement pour ça que j'ai toujours recherché l'évasion dans l'imaginaire, d'ailleurs...
Et puis, j'ai compris aussi que les drogues (dures, en tout cas), c'était pas pour moi. Ouais, c'est vrai, je fume des pétards, et je suis une fumeuse régulière, même. J'aime bien picoler à l'occasion, et pourquoi pas une petite infusion de champis... Mais déjà, tout ce qui est chimique, ça me tente pas. Et pour ce qui est des drogues dures, en particulier l'héro, j'ai vu de trop près les ravages que ça peut causer, donc très peu pour moi. La coke, je dis pas, ptèt' bien qu'un jour si j'ai l'occaz'... Enfin, pour l'instant, je me contente de mes kékés (oui, je sais que ça veut aussi dire autre chose, mais pour moi, kéké = pétard), et ça me va très bien comme ça.
Bref, fin du quart d'heure psycho. Pour revenir à mon sujet de base, qui était : les promenades en forêt de mon enfance, sache que j'ai kiffé ces moments-là, où on se faisait des cabanes d'indiens dans les bois, ou des batailles de boules de neige, où on... enfin, où je grimpais aux arbres, où je courais partout pour essayer d'échapper à Loulou qui me pourchassait, où je lui sautais sur le dos quand j'en avais marre de courir, où on avait tous les trois des Santiags aux pieds, qu'on chantait Renaud ou Téléphone sur la route du retour, qu'en rentrant, on se faisait des crêpes à la confiotte, ou du gâteau au yaourt, et du chocolat chaud à la cannelle, et qu'après, souvent, on lisait des BD...
Voilà, c'est tout ça que ça me rappelle, les belles journées d'hiver, et va pas croire que ça me rend nostalgique, ça me rend joyeuse, au contraire. Et oui, tu as raison de le faire remarquer, c'était juste pour te raconter ça, que je t'ai fait tout ce speech (en même temps, tu commences à être habitué, maintenant...) ; c'était juste pour faire l'apologie des jours d'hiver ensoleillés que j'ai ouvert au public certains petits bouts de mon jardin secret, avec visite guidée à l'oeil, s'il te plaît, je me permets de le souligner !!!
Maintenant, ce que j'aime me faire, les dimanche après-midi d'hiver, c'est plus du chocolat à la cannelle, c'est du thé à la bergamote. Pour celui qui serait toujours pas allé se documenter depuis le temps que j'en parle, c'est pas sérieux, tout ça, mais je vais t'expliquer quand même parce que je suis super sympa, comme nana ; le thé à la bergamote, c'est le thé Earl Grey. Personnellement, celui que je bois, c'est le Twinings... Nan, personne me paie pour faire de la pub, je suis pas comme ça, moi, je suis pas à vendre... Fuck the system ! Ouais, m'sieur ! Farpaitement ! Je vis selon ma conscience, et figure-toi que je leur fais de la pub gratos... Si, si... Trève de plaisanterie, c'est pas pour faire de la pub, c'est parce que c'est réellement celui-là que je préfère. Et donc, comme je te l'ai déjà dit, j'aime le boire avec du miel et du lait, et manger des Bastogne que je trempe dedans.
Mais bon, ça c'est encore une autre histoire, et là, j'en ai marre d'écrire, donc on verra ça à la prochaine journée portes ouvertes de mon jardin secret. En attendant, essaie le thé Earl Grey (Twinings, c'est vachement important, parce qu'il a carrément pas le même goût suivant les marques) avec du miel, du lait, et des Bastogne, fais-moi confiance ; tu vas découvrir l'orgasme culinaire...
Commentaires
Allez avoue que Buzz paradise t'as envoyé un paquet de Twinnings et que c'est pour ça que t'es obligée d'en parler ! ;)
Evidemment, je déconneuh.
Moi j'aime pas l'hiver. trop froid trop froid trop froid. Par contre j'aime bien boire théière sur théière, avec es petits gâteaux de Noël (tu sais, ces pains d'épices en forme d'étoiles et de sapins avec du sucre glace dessus, même qu'on s'en fout si ça fait grossir).
Ben, malheureusement, personne m'envoie de paquets de Twinings gratos... D'ailleurs, si ça tente quelqu'un... Non, parce que moi, le Twinings Earl Grey, c'est comme le shit, je m'en passe pas ; si j'en ai pas au petit-déj, je suis de mauvaise humeur pour toute la journée (pas le shit, hein, le thé... quoique...)
Pour les gâteaux dans le thé, t'façon, moi, je suis de ceux qui pensent que rien ne fait grossir, du moment que c'est consommé avec modération. Les régimes sans-sucre-sans-sauce-sans-graisse, très peu pour moi, aucun régime quel qu'il soit, d'ailleurs. Je crois dans les vertus du sport et d'une alimentation équilibrée mais qui fait plaisir.
En gros, je trouve la bouffe trop érotique pour me priver de ce que j'aime, donc aucun état d'âme à m'envoyer de temps en temps le paquet de Bastogne ou la boîte de vache-qui-rit pour 4h si ça me chante...
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