15 novembre 2007
singing on the web
La nuit promet d'être belle
Car voici qu'au fond du ciel
Apparaît la lune rousse
Saisi d'une sainte frousse
Tout le commun des mortels
Croit voir le diable à ses trousses
Valets volages et vulgaires, ouvrez mon sarcophage
Et vous, pages pervers, courrez au cimetière
Prévenez de ma part mes amis nécrophages
Que ce soir nous sommes attendus dans les marécages
Voici mon message :
Cauchemars, fantômes et spectres
Laissez flotter vos idées noires
Près de la mare aux oubliettes
Tenues du suaire obligatoire
Lutins, lucioles, feux-follets
Elfes, faunes et farfadets
Effraient mes grands carnassiers
Une muse un peu dodue
Me dit d'un air entendu
"Vous auriez pu vous raser"
Comme je lui fais remarquer
Deux - trois pendus attablés
Qui sont venus sans cravate
Elle me lance un oeil hagard
Et vomit sans crier gare
Quelques vipères écarlates
Vampires éblouis par de lubriques vestales
Egéries insatiables chevauchant des Walkyries
Infernal appétit de frénésie bacchanale
Qui charme nos âmes envahies par la mélancolie
Envoi :
Satyres joufflus, boucs émissaires
Gargouilles émues, fières gorgones
Laissez ma couronne aux sorcières
Et mes chimères à la licorne
Soudain les arbres frissonnent
Car Lucifer en personne
Fait une courte apparition
L'air tellement accablé
Qu'on lui donnerait volontiers
Le Bon Dieu sans confession
S'il ne laissait, malicieux
Courir le bout de sa queue
Devant ses yeux maléfiques
Et ne se dressait d'un bond
Dans un concert de jurons
Disant d'un ton pathétique
"Que les damnés obscènes
Cyniques et corrompus
Fassent griefs de leurs peines
A ceux qu'ils ont élus
Car devant tant de problèmes
Et de malentendus
Les dieux et les diables en sont venus
A douter d'eux-mêmes"
Ô dédain suprême
Mais déjà voici que le ciel blanchit
Esprits, je vous remercie
De m'avoir si bien reçu
Cocher lugubre et bossu
Déposez-moi au manoir
Et lâchez ce crucifix
Décrochez-moi ces gousses d'ail
Qui déshonorent mon portail
Et me cherchez sans retard
L'ami qui soigne et guérit
La folie qui m'accompagne
Et jamais ne m'a trahi
Champagne !
Higelin (Champagne)
singing on the web
Prenez un enfant, et faites-en roi
Couvrez-le d'or et de diamant
Cachez-vous en attendant
Vous n'attendrez pas longtemps
Les vautours tournent autour de l'enfant
Le blé a les dents acérées
Les hyènes vont le dévorer
Le môme deviendra banquier
Ou le môme sera lessivé
Argent trop cher
Trop grand
La vie n'a pas de prix
Prends ton meilleur ami, fais-en un ennemi
Je t'achète et je te vends
Vautré dans le coma du commun des mortels
Mon pote t'es comme un rat, t'es commun, c'est mortel
Les vautours tournent autour toujours
Criez non à l'esclavage
Payez-leur de nouvelles cages
Faites installer des péages
Là où commence la rage
Argent trop cher
Trop grand
La vie n'a pas de prix
Un compte bloqué, l'autre à découvert
Maintenant, banque
100, 200, 300, 400, 500, 600, 700, 800, 900
Maintenant, banque
Les vautours tournent autour de nous maintenant
Tu en as, tu n'en as pas
Tu n'as pas vraiment le choix
Un mur de briques devant toi
Il est temps, dépense-toi
Argent trop cher
Trop grand
La vie n'a pas de prix
Téléphone (Argent trop cher)
