09 novembre 2007
trouble blogsessionnel compulsif
Pour changer, j'en ai marre. Oui, parfaitement, j'en ai marre. Et tout ça, c'est de ta faute. Oui, de ta faute, à toi, là, blogpotàouam, virtuhallektor, internetskywalker, oui, toi, là, les gens du web. Ben, oui, hein, si c'est pas de la faute du Geek, c'est forcément de la tienne, vu qu'en cette période bénie des dieux de la glandouille, M'man me lâche les baskets tellement qu'elle est occupée à gagater et à rendre ma fille complètement débiloïde en lui parlant sur ce ton crétin que je-sais-pas-pourquoi-tout-le-monde-prend-pour-parler-aux-gosses. Bon, passons. Je te disais donc que j'en ai marre et que c'est de ta faute. Oh, ça va, hein, fais pas cette tête, entre blogpotes, on peut se parler franchement, quand même. Je suis pas fâchée, mais il va falloir que cela cesse sur-le-champ, ça c'est sûr.
Parce que depuis que je te connais, je passe tout mon temps libre derrière mon écran. Et figure-toi que j'en ai pas tant que ça, parce que j'ai beau être au chômedu, j'ai une gamine, et quand on a des gosses, ben, la notion de temps libre, c'est plus du tout la même qu'avant. Ouais, ouais, c'est facile de parler, mais tu verras que c'est vrai, ce que je te dis. Je sais qu'au moins, Belettou et Eve me comprennent, sur ce coup-là. Bref, donc, tu vois, je t'aime bien, mais là, c'est plus possible. Parce que pendant que je passe ma vie à te lire, déjà, je fais plus mon ménage, je range plus mon linge, je vide plus mon lave-vaisselle, et je m'occupe même pas des paperasses pour la CAF et l'Assedic. Déjà, c'est vraiment pas glorieux, tout ça, mais c'est même pas le pire.
Comme je suis tout le temps interrompue dans la journée pour m'occuper de Babou, ben, le soir, j'ai le cul vissé à ma chaise et les yeux qui clignotent, et je me couche à pas d'heure. Comme ça, à chaud, tu vas me dire que c'est pas si grave, puisque je suis pas obligée de me lever pour aller taffer. Mais là, si tu me dis ça, ça va m'énerver, parce que tu crois ptèt' que ma gamine de 6 mois, ça l'intéresse de faire la grasse mat' ?... Dis pas de conneries, elle sait même pas ce que c'est qu'une grasse mat'. Moi non plus, d'ailleurs, j'ai oublié. Donc, là, tu prends un peu plus la mesure du problème ; je me couche à pas d'heure, mais faut que je me lève quand même pas trop tard, parce que si Babou sait pas ce que c'est qu'une grasse mat', en revanche son estomac connaît avec exactitude les tranches horaires des repas. Donc, je dors très peu, en ce moment, et je commence à être sur les rotules. Mais c'est toujours pas ça, le pire.
Le pire, dans toute cette histoire, c'est que l'intérêt que tu suscites chez moi, ça prend toute la place dans mon crâne. Et hier soir, j'ai réalisé à minuit que j'avais commis un acte impardonnable et irrattrapable. Ben oui, moi, je suis là, tranquille, je lis ce que tu me racontes, je suis complètement captivée et à un moment donné, je tombe sur un blog qui en parle. Et là, d'un seul coup d'un seul, mon sang ne fait qu'un tour, mon coeur accélère le rythme de ses battements, l'angoisse monte, de la sueur glacée commence à perler sur mon front. Je regarde l'heure avec un irrépressible soupçon d'espoir, rapidement balayé par la sordide réalité qui s'exhibe à ma vue ; les larmes commencent à s'insinuer d'un sinus et, subrepticement, gagnent l'autre. Il est minuit. L'heure du crime lacrymal, l'heure où ma part shakespearienne expire dans une transe extrême sans extase. Horreur et damnation ! Ô rage ! Ô désespoir ! Ô Internet ennemi ! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ! Tant d'efforts perdus ! Tant d'espoirs déçus ! J'ai oublié que le temps passe ! J'ai loupé Desperate Housewives ! Crotte de bique et moultes crottes !!!
Ben, voilà, c'est malin, maintenant, va falloir que j'épluche le programme télé pour savoir quand ça repasse. Oui, parce que c'était rediffusé ce matin, à 8h30, mais comme tu m'as tenu la jambe jusqu'à 5h du mat', et comme ce matin, le Geek s'est occupé de Babou, tu te doutes bien qu'à cette heure-là, je roupillais. Et j'aime autant te prévenir tout de suite que je refuse de choisir entre toi et cette série qui, bien qu'aussi mongolienne qu'une autre, me fait tout de même marrer. Vachement, même, que ça me fait marrer. Donc moi pas contente. Et je dirais même plus ; moi pas contente du tout. Moi aimer blogpotàouam, mais moi aimer aussi ma série débile. Alors, toi et ma série débile, vous allez faire la paix, et plus vite que ça, siouplait. Parce que j'hésiterai pas à employer la force s'il le faut. Non mais des fois ! Faut savoir se faire respecter un peu, bordel ! Je veux bien être gentille, mais faut pas pousser non plus.
Bon, je viens de vérifier, et ça repasse ce soir sur canal décalé. T'as de la chance, mais que ça ne se reproduise pas ! Et pour te montrer que je ne plaisante pas, je suis dans l'obligation de sévir. Tu m'en vois sincèrement désolée, mais je peux vraiment pas laisser passer ça. Donc, pour la peine, et ben, je te le raconterai demain, le vrai-faux événement marquant de cette journée, et si j'ai le temps, en plus. Ah, pas de caprices, hein ! Je ne veux rien entendre, et je serai intraitable. Je t'aime toujours, blogpotàouam, mais là, t'as vraiment poussé le bouchon trop loin, alors, ce soir, je vais bouder dans mon coin et m'abrutir un peu pendant que tu réfléchis à tes bêtises. Mais t'inquiète pas, ça me passera avant que ça te reprenne.
