08 novembre 2007
poètes, vos papiers !
... dixit Léo Ferré. Là, je suis archi-vénère.
Moi, faut pas me chercher, parce que si tu me cherches, tu me trouves. Et ça y est ! Je me suis fait mon premier ennemi sur Internet. Oui, ben, c'est comme dans la vie, quoi, y'a des gens avec qui t'accroches, et d'autres avec qui tu t'accroches. Ben voilà, c'est fait, et mon meilleur ennemi juré du web, tu sais qui c'est ? Allez, je te le dis ; mon ennemi juré du web, c'est le flic de base (me demande pas de préciser, par les temps qui courent, on peut pas dire tout ce qu'on veut). Enfin, pas tout à fait de base, puisque lui, il est gentil et pas raciste, mais bon, comme il a voulu me faire croire que les flics trop cons, c'est une minorité, et que la majorité, c'est des bisounours profondément philanthropes, ben moi, je peux pas m'empêcher de le trouver idiot, ce qui, à mon avis, est le trait le plus flagrant de la personnalité du flic de base ; donc pour moi, c'est un flic de base. Ce postulat étant posé, je m'en vais maintenant t'expliquer un peu l'histoire.
Sur le blog d'Eve, y'a un article intitulé "cons de flics" ou elle raconte comment elle s'est fait coller une prune, et elle est grave vénère, Eve. On sait tous comment ces couillons peuvent te foutre une journée en l'air. Bref, les flics dans cet article en prennent plein la gueule (à juste titre, à mon avis) et donc ce mec, là, Flik2baz, réagit parce qu'il est pas content de voir ses collègues insultés, et nous décrit sa vision de l'institution en question, en version petite maison dans la prairie. Moi, je suis plutôt d'accord avec Eve, et je trouve que Flik2baz a une fâcheuse tendance à minimiser le problème des comportements douteux au sein de cette grande famille qu'est la police. Donc, comme tu me connais un peu, toi, blogpotàouam, tu te doutes que moi, je démarre au quart de tour, et je réponds. Je balance une petite vanne à deux balles sur la syntaxe, une petite vérité qui dérange, et je raconte une blague. Je conclus en disant que les flics, t'façon, ils sont jamais là quand on a besoin d'eux. Là-dessus, Eve surenchérit et raconte quelques anecdotes qui illustrent bien cette idée. Et derrière, Flik2baz s'énerve, et nous répond qu'on généralise, qu'on fait circuler des stéréotypes sur les flics et que tout le monde a déjà eu des problèmes avec eux. En plus, il se démonte tout seul, le gars, parce que, ben ouais, y'a plein de gens qui ont des problèmes avec les flics ; et ça, Eve et moi, on l'a pas inventé, non plus. Tu notes quand même qu'aucune de nous deux n'a jamais prétendu que TOUS les flics étaient des gros cons, on dit juste que c'est une majorité, et qu'il y a indéniablement un problème dans le fonctionnement de cette institution. Mais Flik2baz ne démord pas et reste campé sur ses positions (en prétendant qu'il va réfléchir à nos arguments), d'où il voit les gros cons de flics comme une poignée qui n'est pas représentative de l'ensemble.
Mon avis, c'est que c'est plutôt l'inverse, c'est plutôt les flics sympas et au cerveau normalement constitué qui sont ce que j'appelle ironiquement la majorité silencieuse, la poignée pas représentative. Non, parce que quand même, faut être un peu honnête, on sait comment ils sont, la plupart (et je dis bien la plupart) des flics : complexe de supériorité, manque de psychologie, mauvaise foi, culture inexistante, xénophobie, préjugés divers et variés, manque de respect, absence totale d'introspection et de remise en question, syndrome du shérif, etc... Alors, je veux bien croire que ce mec-là n'est pas comme ça, mais j'y peux rien, moi, si tous les autres flics auxquels j'ai eu affaire, voire que je connais en privé, sont exactement comme ça. Sans déc' ils ont pas besoin de moi pour répandre le stéréotype, les mecs, ils s'en sortent très bien tous seuls. Bref, comme j'aime pas comment il me parle, ben, je me défends, et l'histoire en reste là pour moi.
Mais voilà-t-y pas que l'autre, il lâche pas l'affaire. Je t'explique : sur son blog, il sort une citation qui dit "le préjugé est enfant de l'ignorance" ; je connais pas l'auteur, mais dis-donc, il s'est pas beaucoup creusé sur ce coup-là puisque, par définition, le préjugé, c'est le fait de juger sans connaître, littéralement de juger avant... avant quoi ? Ben, avant de voir, avant de réfléchir, avant de savoir. Le préjugé, c'est sémantiquement le contraire du jugement. Donc, le préjugé ne peut provenir que de l'ignorance, et du coup, la citation, je la trouve un peu bancale, mais bon, je prétends pas faire mieux. C'est sans doute une vérité ; néanmoins, j'appelle ça une lapalissade. Enfin, ce n'est qu'un détail, mais je suis méticuleuse, alors, j'aime bien les détails, ils ont parfois leur importance. Ensuite, Flik2baz, qui reste bloqué sur le même sujet, raconte sa life à grands renforts de vidéos où on peut voir comment c'est qu'ils sont trop balèzes, les gentils policiers qui nous protègent des émeutes et de toutes les autres catastrophes naturelles (si c'est pas des super-héros, les flics, ben en tout cas, ils se gênent pas pour se présenter comme tels), et comment que les gentils policiers, ben ils se font lyncher à cause de la connerie des gens, et des fois que même, ils se font descendre (et avec tout ça, bien sûr, les chiffres officiels). Le gars me soutient même qu'on est en France, et que chez nous, les droits de l'homme, on les respecte (forcément, question de standing, c'est de la sacro-sainte France, dont on est en train de parler, faudrait pas trop pourrir le tableau).
Mais dis-moi un peu, et toutes les bavures qu'on étouffe quand on a pas réussi à les passer sous silence (je pense notamment à cette histoire du transfo EDF, où soi-disant les jeunes, et ben, ils sont tellement cons et tellement flippés qu'on nous a raconté qu'ils avaient voulu se planquer là-dedans sans aucune raison, alors que les gentils policiers qui les poursuivaient voulaient juste faire une partie de scrabble), et les agressions verbales, le mépris et le racisme que la plupart des flics affichent ouvertement, ça arrive combien de fois par jour, ça ? Sérieusement, j'aimerais savoir, parce qu'ils font pas des films publicitaires pleins de bons sentiments, là-dessus. Je pense plus particulièrement à des images filmées en caméra cachée où on pouvait voir une patrouille interpeler une bande de jeunes (au hasard, des noirs et des maghrébins résidants d'une cité), et s'adresser à eux avec une familiarité grossière et irrespectueuse, alors que les jeunes, ben ils avaient rien fait, ils vouvoyaient les flics, ils étaient pas agressifs ni bourrés ni défoncés, et ils gardaient leur self-control, alors qu'en face, c'était des "ta gueule" qui fusaient, et des blagues de très mauvais goût comme quoi ils allaient leur faire visiter un transfo EDF... c'est vrai que comme attitude, c'est très fin, très respectueux, et pas du tout menaçant. Ca montre aussi l'impunité dont les flics peuvent jouir (sinon, ils ne se permettraient pas de dire de telles choses), et le respect qu'ils ont envers la douleur de ceux qui ont perdu un(des) proche(s), victime(s) de bavure(s) policière(s).
On ne bafoue pas les droits de l'homme en France ? Et récemment, cette famille qu'on a mise en taule avec un bébé de 3 semaines (cause : sans-papiers... la conséquence est légèrement disproportionnée, à mon humble avis), c'est certain, c'est dans le plus pur respect des droits de l'homme (et je ne donne qu'un seul exemple, parce que sinon, je crois que même 10 pages n'y suffiraient pas). La France n'est peut-être pas un pays totalitaire, mais c'est tout de même loin d'être une Démocratie, et plus ça va, et moins ça y ressemble. Bien sûr, c'est un peu mieux ici que dans plein d'autres pays, mais est-ce que, sous prétexte qu'on peut trouver pire, on ne doit pas espérer mieux ? Ceci est une question rhétorique, à savoir, qui n'attend pas de réponse, ou dont la réponse est contenue dans la question... (pardon, je précise). On est un peu informé, quand même, chez nous, quand on cherche bien. Et quand on cherche bien (ou tout simplement quand on ouvre les yeux) qu'est-ce qu'on trouve ? Ben, on trouve d'anciens flics qui déballent tout, et qui te racontent comment, dans certaines notes de service, on demande ouvertement, même si c'est avec des mots moins crus et moins moches (là, ils s'y connaissent, les flics, en formules alambiquées), que dis-je, où on donne l'ordre de s'acharner sur la population d'origine étrangère, en particulier les basanés. Ben, oui, c'est sûr que ça, c'est pas le scoop qui va faire le tour des chaînes et passer au 20h de TF1, mais le fait est que ça existe. Voilà pourquoi j'aime pas les flics, parce qu'ils sont des complices au service d'un système décadent, perverti et fasciste, au service de pingouins avides de pouvoir et de richesse, dont le seul but n'est que de dresser une forteresse entre eux et le petit peuple afin de protéger leurs intérêts personnels. Et le pire, c'est qu'apparemment, y'en a qui sont même pas conscients des vrais enjeux et des vrais intérêts qu'ils servent.
Alors, je suis bien d'accord, remettons les choses à leur place : ici, c'est pas Wonderland, si tu veux tout savoir ; oui, les droits de l'homme sont bafoués dans notre "beau pays riche" ; oui, y'a des gens qui crèvent de froid dans les rues ; oui, y'a des gosses qui ont l'estomac vide et pas de toit sur la tête ; oui, y'a des gens qu'on exploite en agitant le spectre du chômage ; oui, y'en a qui ont pas de boulot et c'est un vrai problème, qui sont diplômés et à qui on donne le choix entre un job précaire et un job précaire ; oui, le gouvernement se fout de notre gueule et fait de la propagande, même si elle est en apparence plus "civilisée" ; oui, la majorité des flics (mais pas forcément tous, entendons-nous bien) sont des sales cons racistes et limite analphabètes qui jouent les cow-boys et qui ne se sentent exister que s'ils te piétinent, et en plus, ils sont bien souvent au-dessus des lois, ces mecs-là, ou bien on entortille la loi pour leur sauver la mise, ce qui revient au même. S'il y a tellement de mécontentement et d'agressions envers les flics, ben tu sais, moi je pense que des fois, c'est vrai qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Et là, je te parle pas d'une version Walt Disney de l'histoire, pas d'un cliché qu'on monte en épingle à la télé pour redorer l'image de ces messieurs qui nous gouvernent, pour lobotomiser les gens et museler l'opinion (comme les "racailles" des cités qui sont les seuls fauteurs de trouble et qui engendrent l'insécurité en France), parce que les médias, ils sont plutôt frileux en matière de scandales policiers. Normal, tu me diras, vu que la presse, ben, c'est pareil, elle est soit vendue, soit muselée... en tout cas, ceux qui dénoncent les réalités sordides qui font tâche sur le tableau de la France, grande nation fondatrice des droits de l'homme, et ben, ils sont pas nombreux, ou en tout cas, c'est pas ceux qu'on met sur le devant de la scène.
Juste un petit truc qui me fait un peu rire : Flik2baz, il lit quand même, et sur son blog, il te cite un long passage d'un bouquin sur la CIA, dans lequel l'auteur parle d'un manuel d'assassinat à l'usage des agents. Sur ce coup-là, Flik2baz, je le trouve vraiment pas très cohérent, parce que je te rappelle quand même au cas où t'aurais oublié qu'il est quand même flic, ce gars-là, et sur son blog, il te cite texto, avec les guillemets et tout, un manuel qui te donne la marche à suivre pour commettre un meurtre. Déjà, je trouve ça trop, mais attends, c'est pas tout. Après avoir donc cité le fameux passage avec la méthode de l'assassinat pour les nuls, Flik2baz conclut ainsi : "Il est tout-à-fait incroyable qu'une grande démocratie comme les Etats-unis d'Amérique cautionne de tels faits à travers ses agences de renseignement. Mon prochain bouquin sera Histoire secrète du Mossad du même auteur". Et c'est tout. Pas de réflexion un peu plus poussée sur ce qu'on appelle aujourd'hui les "grandes démocraties" et leurs agissements condamnables au même titre que les attentats, sur le décalage entre la réalité et l'image qu'elles veulent donner d'elles-mêmes, ces grandes puissances, sur le fait que c'est l'hôpital qui se fout de la charité, ou autre... Non, juste ça. Bon, après tout, chacun fait ce qu'il veut, chacun pense ce qu'il veut, chacun aborde les sujets qu'il veut, et les traite comme il veut, ça sert à ça, un blog. C'est juste que moi, je reste sur ma faim et que là, je commence à comprendre son état d'esprit, enfin, j'avais déjà compris, mais disons que ça se confirme. Ce qui me fait rire, c'est que oui, c'est typique des agissements de nos gouvernements ; oui, les pays soi-disant civilisés sont loin d'être irréprochables, et il en doutait encore, le brave gars. Heureusement qu'il l'a lu, ce bouquin, parce que si nous, ça nous apprend rien, ben, lui, au moins, il aura appris quelque chose.
Il paraît aussi qu'à ce mec-là, ça lui plaît pas que je me "gargarise" d'être diplômée en lettres. Et là-dessus, il se met en tête de me raconter sa life, ses orientations, son parcours scolaire et comment il en est venu à l'école de police. Sauf que je m'en tamponne comme de l'an 40. Ben, oui, mon petit père, on a tous une histoire, et pour certains, y'a eu plus d'obstacles à surmonter que pour d'autres. C'est la vie. Tu sais, pour moi non plus, la scolarité, ça n'a pas toujours été simple, et j'ai bien failli, moi aussi, être orientée en BEP. Et tu sais, moi aussi, je me suis battue pour rester dans la course, moi aussi, j'ai beaucoup travaillé (bon, d'accord, pas d'arrache-pieds, mais j'y peux rien si j'étais douée à l'école sans en foutre une rame...), et pourtant, j'ai tellement fait la conne que c'était vraiment pas gagné d'avance, surtout que je suis issue d'un milieu social où, en général, on a pas les moyens de faire des études (et là, je dis merci la bourse). Mais les études, c'était important pour ma mère, et ça l'est devenu pour moi, quand j'ai été confrontée à mes premiers jobs merdiques. Et j'aime lire, et j'aime écrire, et j'aime réfléchir, donc pour moi, les études, c'était lettres ou philo, parce que c'est ce qui me plaisait, et qu'à l'époque, j'avais pas le recul nécessaire pour penser que les diplômes, c'est bien, mais que ça sert à rien si t'as pas un boulot à la clé. Et t'sais quoi ? Ben quand je suis rentrée à la fac, pour moi, la maîtrise, c'était un beau rêve inaccessible. Et finalement, j'en suis venue à bout quand même, donc ne t'en déplaise, je vais pas m'excuser d'avoir réussi à accomplir un truc qui me tenait vraiment à coeur, je vais pas m'excuser d'être la première de ma famille à mettre les pieds dans le milieu universitaire (même s'il est pas si reluisant que ça), et je vais surtout, mais alors surtout pas m'excuser d'en être fière. Merde alors, je suis ptèt' loin d'être la seule, c'est ptèt' loin d'être un exploit, mais j'ai quand même pondu un mémoire d'une centaine de pages, et faudrait que je m'en cache, parce que ce serait honteux ? Ben, tu peux toujours courir, et je peux rien faire pour toi si ça te pose problème que tout le monde n'ait pas eu le même vécu que toi et que certains se soient réveillés avant toi, donc que ça te plaise ou non, je m'en fous royalement.
En tout cas, je me "gargarise" peut-être de m'y connaître un tout petit peu en syntaxe et en littérature (désolée de m'excuser), mais en attendant, j'essaie pas de faire de la "psychanalyse de bas étage" concernant les autres, surtout quand tout est écrit noir sur blanc, et surtout parce que je sais (mais apparemment, ce n'est pas le cas de tout le monde) que dans la blogosphère, c'est comme dans la vie, on ne montre (ou plutôt on n'écrit) que ce qu'on veut bien ; après, l'interprétation dépend de ta capacité à réfléchir, à raisonner, à extrapoler, bref, à lire entre les lignes (et apparemment, là non plus, ce n'est pas le cas de tout le monde). Des fois, tout est écrit au premier degré, mais ça n'interdit pas non plus de ne pas penser au premier degré. Alors, il paraît que parler de ma maîtrise de lettres, c'est "une manière pour cette personne de se valoriser et d'utiliser ses talents d'écriture par le biais d'un blog qui lui donne cette répartie dont elle est incapable dans la vie courante puisque peu sûr d'elle et introvertie"... et ben, bravo, t'as été la chercher loin, celle-là, mais déjà, y'a un E à sûre, je suis une nana, jusqu'à ce que tu me prouves le contraire, monsieur le psychanalyste du sous-sol. Je ne suis pas introvertie, je suis un peu timide, nuance (bon, je pense que depuis le temps, t'as dû trouver le moyen d'acquérir un dico, donc désolée si y'a pas d'option définitions). Je renferme des choses au fond de moi parce que ce sont des choses qui sont trop intimes ou trop douloureuses... ben, oui, mon grand, je crois qu'on en est tous là. Je manque de confiance en moi... sûrement, mais là encore, pas tout le temps et pas sur tout, car les choses sont décidément toujours plus complexes qu'elles ne le paraissent. Et puis, depuis quand le fait d'être timide, ou introverti, ou peu sûr de soi, c'est une tare, un vice ou un crime ? En plus, je préfère peut-être ça que d'être trop sûre de moi, parce que ça va souvent de pair (non, y'a pas de faute) avec la grosse tête et la science infuse, ce genre de trucs, mais bref. Ce n'est pas parce que je suis timide que je suis "incapable de répartie", je n'ai jamais dit que j'en étais incapable. C'est juste que ça sort pas, ou alors que ça sort longtemps après, c'est pas pareil.
En fait, ce que je disais, c'était surtout que j'étais plus à l'aise à l'écrit qu'à l'oral. Alors, d'une part, il me semble que dans la blogosphère, I'm not the only one dans ce cas-là, et de toute manière, parmi les nombreuses utilités d'un blog, il y a celle de permettre à des gens comme moi (ou pas...) de vider leur sac, de s'exprimer sans aucune entrave, et je ne vois pas où est le mal là-dedans. Dans un blog, on peut y mettre "ses humeurs, son vécu, ses états d'âme, enfin, tout ce qu'il y a de plus personnel", et cela "sans complexe", là-dessus, je suis bien d'accord avec toi (tu remarqueras quand même que je te donne raison, sur ce coup-là). Et je tiens à ajouter que le fait d'être plus à l'aise à l'écrit n'implique pas forcément qu'on ne soit pas capable de communiquer ; d'ailleurs, l'écrit est un mode de communication comme les autres (si c'est pas le cas, alors, je me demande bien ce qu'on fout tous là). D'autre part, le fait que je me sente à l'aise à l'écrit, ça ne veut pas dire que dans la vie courante, je ferme ma gueule et que je tends la 2e joue.
Voilà, donc, c'est précisément ça, émettre des "préjugés", c'est tirer des conclusions hâtives, impropres et incomplètes à partir d'un petit détail sorti du contexte ; c'est aussi ça, généraliser. Oui, parce qu'on peut généraliser sur les flics, sur les mecs, sur les nanas, sur les vieux, sur les djeun's des cités, mais on peut aussi généraliser en réduisant une personnalité à un seul trait de caractère. Tu me diras, chacun fait ce qu'il veut, mais perso, j'ai la nette impression qu'un individu ne se définit pas par un défaut ou une qualité. Il me semble qu'une personne, ce n'est pas aussi simple que ça, et d'ailleurs, rien, dans la vie, n'est aussi simple que ça. Si, sauf une chose, et le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con... Quoique même la connerie a de nombreuses couches et peut atteindre des sommets de raffinement, mais là, je ne vais pas rentrer dans une longue argumentation pour démontrer l'évidence. Tout ça pour dire que je suis franchement, mais alors là, vraiment stupéfaite de voir que tu sais lire, et qu'en plus Freud, Lacan et Dolto n'ont pas de secrets pour toi, puisque tu nous a percés à jour, moi et mon secret de Polichinelle basé sur mon inadéquation sociale causée par un trop grand nombre de cons sur cette Terre.
Pour finir sur ce point, si je me sers de ma maîtrise de lettres pour me valoriser, ben, peut-être bien, mais j'ai le droit d'avoir mes fiertés, dans la vie. C'est comme ça, y'en a qui se sentent valorisés parce qu'ils sont super populaires, d'autres parce qu'ils défendent certains idéaux, d'autres encore parce qu'ils sont fiers de leur métier. Ben, moi, je suis fière de ma maîtrise, même si ça te déplaît. Maintenant, toi qui penses avoir tout compris, ben, en fait, t'as rien compris du tout ; si tu me connaissais vraiment, tu saurais que pour moi, c'est pas un diplôme, qui est valorisant, c'est l'intelligence, et comme je l'ai déjà dit, les diplômes ne sont pas l'apanage des gens intelligents, loin de là. Ca sanctionne juste ta capacité à rentrer dans le moule et à penser comme on te l'a appris. Mais rien ne me paraît aussi valorisant que le fait de savoir penser par soi-même, et c'est pas si fréquent.
Donc, pour toi, je fais un effort d'explication parce que t'as l'air d'avoir du mal ; ceci est un exemple d'autodérision (encore une forme d'humour) : je me vante d'être diplômée en lettres, mais je laisse bien entendre que concrètement, ça me sert strictement à rien, sinon à flatter légèrement et illusoirement mon ego, et je souligne aussi qu'au fond, on s'en tape des règles de grammaire (sauf pour les flics, parce que quand on connaît les opinions toutes faites qui circulent parmi eux sur ceux qui ont une tête de "pas français" et quand on sait comment ils les traitent comme des chiens, ben moi je dis qu'il faut être cohérent, et que c'est un comble que ceux qui aiment casser du "negro", du "bougnoul" ou de la "pédale", à savoir les mecs aux cheveux longs - et juste au passage, en ce moment, la tendance chez les homos n'est pas vraiment aux cheveux longs, donc on peut concevoir quelle est l'étendue de la culture des flics, leur sens de l'observation et leur ouverture d'esprit - ceux-là, donc, ce sont les mêmes qui font des fautes tous les 3 mots dans leurs rapports... franchement, quand on se targue d'être membre d'une institution nationale, ben, y'a pas, je trouve que le minimum est de maîtriser la langue, parlée et écrite, et je vais pas me lancer avec toi sur la neurolinguistique et le développement psychomoteur, ni sur le lien entre la maîtrise du langage et la représentation du monde extérieur, puisque je suis ignorante et que tout ça, tu le sais déjà).
Et si j'utilise, comme tu le dis, mes "talents d'écriture" pour échapper à mon quotidien, pour laisser libre cours à mes pensées profondes, pour trouver un accord avec moi-même sans être obligée de transiger comme dans la vie de tous les jours, pour me délester de ce qui me pèse, et pour transcender la réalité, et bien... et bien, je crois que tu as encore beaucoup de choses à apprendre sur les écrivains et les artistes. Et sur l'espèce humaine en général, d'ailleurs, parce que sans être artiste dans l'âme, on a tous besoin d'un défouloir, on a tous besoin de canaliser quelque chose, on est tous obligés de faire des compromis avec soi-même, dans cette chienne de vie, donc on a tous besoin de lâcher du lest, de laisser sortir quelque chose et de s'évader. Y'en a qui font du sport, y'en a qui font l'amour, y'en a qui font des gâteaux, y'en a qui font du shopping, y'en a qui font de la musique, y'en a qui font du yoga, y'en a qui peignent, y'en a qui font de la photo (au passage, toi, ça te sert à quoi ? A présenter une vision déformée du réel ou à le façonner à l'image qui te plaît ? non, parce que c'est absolument vrai que "l'image est ce qu'on en fait", c'est vrai aussi pour les flics ou pour la façon dont on se présente sur un blog... ou ailleurs). Chacun son truc, moi, j'écris, ça me plaît et je sais le faire, donc je vais pas me priver, et non, je vais toujours pas m'excuser.
Viens pas non plus me raconter que t'espères ne pas m'avoir écorchée quand tu uses et abuses de qualificatifs péjoratifs pour me décrire, du type "hermétique", "infantile", "ignorante", "charmante personne" (ben, tu vois, que toi aussi, tu maîtrises l'ironie). Par contre, dans le commentaire que tu décris, je vois pas où t'as lu des "formules alambiquées en veux-tu en voilà" (t'as pas dû lire assez, mais si t'insistes, je sais le faire aussi), et quand on veut vanner quelqu'un en le mettant au défi de chercher un mot dans le dictionnaire, ben, on commence par le faire soi-même, sinon, c'est pas la peine de l'ouvrir. Au passage, t'as eu tort de m'entraîner sur cette pente-là, parce que le sens du mot humour, je le connaissais déjà, et il est de mon devoir de t'informer que l'ironie et le cynisme sont une forme d'humour. Mais, comme t'as pas eu le temps d'ouvrir un dico (ça rentrait pas dans les petites cases du planning de vacances, donc j'imagine que tu dois être overbooké) et comme je suis une nana archi-méga-hyper sympa et une fervente activiste contre l'ignorance, je te la donne, la définition :
HUMOUR : n.m. [nom masculin, ça veut dire... pardon, je précise] (mot angl. [anglais] de l'anc. fr. [ancien français] humor, humeur). Forme d'esprit qui cherche à mettre en valeur avec drôlerie le caractère ridicule, insolite ou absurde de certains aspects de la réalité, qui dissimule sous un air sérieux une raillerie caustique [pour les autres mots dont tu connais pas le sens, cette fois, t'iras chercher toi-même, hein, je veux bien être gentille, mais je m'appelle pas mère Thérésa, faut pas déconner non plus, j'ai pas que ça à faire]. HUMOUR NOIR : qui souligne avec cruauté, amertume et parfois désespoir l'absurdité du monde.
Ca te va, là, je rentre dans les critères ? Ceci est encore une question rhétorique, je te rassure. Par contre, il me semble que toi, tu devrais t'informer un peu sur le sens du mot démocratie, parce que figure-toi que (Ô surprise !) la France et les USA, ben, ce ne sont pas des démocraties, mais des républiques, et ce n'est pas du tout la même chose. Alors, si t'as le courage, ben tu vas lire La République de Platon, qui va t'expliquer avec des mots de plus de 2 syllabes la différence entre les deux.
Un truc qui m'énerve, c'est les gens qui se mettent des oeillères ; un autre truc qui m'énerve vachement, c'est les gens qui sont hypocrites et/ou de mauvaise foi ; encore un autre truc qui m'énerve grave, c'est les gens qui pensent cerner les autres alors qu'ils n'ont qu'une vision de surface ; et un truc qui m'énerve vachement grave, c'est les gens qui sont trop cons pour réfléchir un peu plus loin que le bout leur nez. Mais ça, c'est un truc qui me fait aussi grave pitié, alors, comment ils disent, déjà, les culs bénis... "Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font". Et j'ajouterai qu'ils ne savent pas non plus de quoi ils parlent, et je me demande même s'ils savent à quoi ils pensent. En fait, ils savent rien du tout, mais j'ai pas le temps d'enseigner à tout le monde, moi, faut pas déconner non plus.
Donc toi, mon meilleur ennemi juré du web, je t'informe que si je te connaissais en vrai, ça m'étonnerait vraiment qu'on soit potes, et tout ça, je te le dirais ptèt' pas, mais je jouerais pas non plus les hypocrites avec toi ; à vrai dire, je te calculerais même pas, et tu sais pourquoi ? parce que je t'aime pas (c'est pas de ma faute, c'est mon coeur qui parle). C'est certain que je ne te connais pas vraiment, mais le peu que j'ai lu m'a suffi, et ce genre de mentalités, c'est bon, j'ai fait le tour, donc ça m'intéresse pas trop de blablater avec toi, parce que tu m'as franchement gavée avec tes histoires, parce que tu préfères faire l'autruche et parce que je te trouve pas sympa, pas marrant, et pas intéressant, alors j'ai peut-être tort, mais je m'en remettrai, et de toute manière, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas.
Voilà, je te souhaite quand même bon vent, et si tu veux pas que je m'amuse toutes les semaines à démonter tes billets et à te faire passer pour le nigaud de service (pourtant, la tâche serait aisée, mais franchement, j'ai autre chose à foutre, quoique je te conseille de pas trop t'aventurer sur ce terrain-là), trace ta route et oublie-moi. J'aurais bien intitulé ce billet marche à l'ombre 2, mais j'aime pas trop les suites. Ah, ben, si tu connais pas la chanson, forcément, tu peux pas comprendre le rapport ; ça dit "toi, tu me fous les glandes, pis t'as rien à foutre dans mon monde, arrache-toi de là, t'es pas de ma bande"... et va donc voir ailleurs si j'y suis...
va, cours, vole, et nous venge
Au lieu de passer des heures à glandouiller derrière ton écran, rends-toi donc un peu utile en exerçant tes droits civiques et ton droit d'expression (oui, bon, allez, sois sympa, mets-y un peu du tien et fais au moins semblant d'y croire) ; va vite signer ça, je te jure, on se sent mieux une fois qu'on a fait sa BA... Qui a dit que les jeunes ne s'intéressaient pas à la politique... ben, si, mon petit père, je suis désolée de m'excuser, mais tant que je suis pas dans les viocs, c'est que je suis jeune... CQFD.
