05 novembre 2007
un joouuur mon priiiince viendraaa...
Je suis toujours pour dire la vérité aux enfants. Ils ne sont pas stupides, ils sentent ce qu'on veut leur cacher, et ils se doutent bien qu'on ne trouve pas les petits garçons dans les choux et les petites filles dans les roses. On m'a jamais fait croire au Père Noël et franchement, ça n'a pas été une tragédie, je l'ai très bien vécu. Mais je croyais à d'autres trucs, comme tous les gamins. Un gosse, après tout, il a bien le droit de rêver, il a besoin de rêver. Je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est beau, un môme qui est convaincu qu'il va sauver le monde entier de la misère, qui croit aux gentils extra-terrestres qui viendront un jour nous délivrer de l'ignorance, aux elfes et aux petits lutins qui vivent cachés dans les bois et qu'on ne peut apercevoir que la nuit, aux animaux qui parlent, aux super-héros, aux contes de fée et au prince charmant.
D'un autre côté, personnellement, j'ai vraiment eu du mal à m'en remettre, quand j'ai réalisé que dans la vraie vie, souvent les méchants restent impunis et même s'en sortent très bien, puisque la plupart du temps, ils cumulent réussite sociale et professionnelle, popularité, richesse matérielle, ils remplissent tous les critères surfaits énoncés par une poignée de notables, bref, ils triomphent sur tous les fronts (attention, hein, me fais pas dire ce que j'ai pas dit ; je ne dis pas que tous ceux qui réussissent sont des méchants, je dis que beaucoup de méchants réussissent, nuance...). J'ai vraiment eu du mal à encaisser le fait que dans la vraie vie, les sorcières ne sont pas toujours punies et surtout, surtout, j'ai vraiment eu du mal à admettre que le prince charmant n'existe pas. Voilà, c'est dit. Je crois que j'en veux encore au monde entier pour ce concept profondément imbécile et à long terme, destructeur, qu'est le concept de Prince Charmant et qu'on m'a collé dans le crâne, comme des millions d'autres petites filles naïves et pleines d'espoir (minute violons).
Surtout que moi, j'y croyais très fort, au prince charmant, parce que (c'est la minute violons, je te dis) j'ai perdu mon père quand j'avais 1 an, du coup j'ai grandi avec une image idéalisée du Père, donc avec une image idéalisée de l'Homme. Et la réalité n'est jamais à la mesure du fantasme, c'est bien connu. Résultat des courses : je suis une éternelle insatisfaite (enfin, juste sur le plan des relations sentimentales, hein, sinon à d'autres niveaux, y'a plein de plaisirs simples que je sais apprécier à leur juste valeur). J'attends toujours de mon homme qu'il soit Superman. C'est pour ça que je suis souvent remontée contre lui, mais bon, j'arrive parfois à me raisonner, quand même. Voilà, ça c'était pour la psychanalyse du dimanche, même si on est pas dimanche, on s'en tape, je fais ce que je veux sur mon blog, d'abord, pis j'aime pas les conventions, je t'ai déjà dit (bon, c'est clair, je suis d'accord, on va pas se balader à poil dans la rue, mais y'a plein de conventions que j'aime pas quand même).
Bon, je te le dis, quel était le prince charmant de mes rêves ?... Je sais pas trop si j'ai envie de te raconter ça à toi, mon(ma) pote inconnu(e) d'Internet... Déjà que même des gens qui me connaissent en vrai, y'en a pas beaucoup qui peuvent affirmer m'avoir entendue parler de ça un jour. Râler après le Geek, ça oui, mais déballer mes rêves à la con de petite fille, je n'en ai point souvenance. Et ceux qui peuvent le deviner, parce qu'ils me connaissent sur le bout des ongles, je crois qu'ils sont 3 (le Geek mis à part, bien sûr, on s'est connus à 17 ans, on en a 30, t'imagines bien qu'on a eu le temps de se raconter nos vies) : ma grande pote Fisso, artiste émérite avec qui j'ai fait les 400 coups quand j'avais 14 ans (on parle d'elle, là, rubrique culture), Yovo, mon beau-père, et M'man. Y'avait deux autres personnes aussi, Loulou et Jo, mais qui ne sont plus de ce monde aujourd'hui (RIP). Ptèt bien que je te parlerai d'eux un de ces quatre, on verra.
Bref, je sais pas comment font les autres nanas, mais je t'avoue qu'il y a quelque part , bien enfouie, une toute petite partie de moi qui résiste encore et toujours à l'envahisseur, et qui continue de l'attendre malgré moi, le prince charmant qu'est pas pressé (grrr !!!). Bon, allez, d'accord, comme je vois que tu piaffes d'impatience, je vais t'en parler. Alors, l'homme idéal selon Sunny (appelons-le Idealman), c'est un grand et beau brun au regard ténébreux. Essaie de t'imaginer un mélange entre Lenny Kravitz, Johnny Depp, Jim Morrison, et un mec avec qui j'ai bossé et que tu peux pas connaître, mais c'est pas grave, je me comprends... et ben, le résultat devrait pas mal lui ressembler (bon, juste pour la tronche, hein, sinon, pour le corps, ce serait plutôt Lenny Kravitz ; sur le plan musical, je suis pas une fanatique, quoique je trouve qu'il a fait des trucs sympas, mais alors, au niveau physique, mmmmmmmm... mais ne nous égarons pas !). Donc, un grand et beau brun au regard ténébreux, bien bâti, intelligent, bon amant, et tout, et tout, et tout...
Question personnalité, Idealman est un peu écolo mais pas trop (genre on va pas vivre dans une yourte, non plus, pis quoi encore !), un peu féministe (et alors ?! les mecs aussi ont le droit de plaider la cause des femmes !) mais pas trop (je veux bien des fleurs de temps en temps quand même, et qu'il me tienne la porte, et qu'il me laisse choisir le film...), un peu déjanté et anti-conformiste, avec un univers bien à lui, mais pas trop quand même (faut qu'il ait conscience des réalités de la vie, hein, qu'il sache que le frigo se remplit pas tout seul et que les gosses, ça mange pas n'importe quoi à n'importe quelle heure). A part ça, Idealman est un cordon bleu, un bon vivant et il est aussi maniaque que moi sur les mêmes choses que moi. Il a au minimum 3 ou 4 ans de plus que moi et au maximum 10. C'est un vachement bon guitariste qui tue sa race, et il joue aussi du piano. Et pour finir, Idealman ne pourrait pas vivre sans moi. Et voilà. Vécurent-ils heureux et écrivirent-ils beaucoup de chansons ? Et ben nan ! Puisque Idealman n'existe pas... alors, faut vraiment tout expliquer !!!
Bon, faut pas exagérer non plus, j'ai eu mon lot de souffrance, dans la vie, mais en tout cas pas celle de l'enfance brisée. Alors, à ce sujet, je précise tout de suite que je n'entends pas par enfance brisée le fait qu'on refuse de faire croire au Père Noël (si, si, véridique, j'ai déjà entendu ça, d'ailleurs, je t'en reparlerai). J'entends par enfance brisée les enfants maltraités, de quelque manière que ce soit. Les enfants battus, violés, affamés, ça fait vraiment mal, sans compter ceux qu'on envoie faire la guerre ou qu'on exploite au turbin. Tous ces trucs inhumains, quoi. D'ailleurs, j'en entends beaucoup parler en ce moment, et j'y reviendrai parce que c'est un sujet qui me tient à coeur. Ouais, je sais que je dis souvent que j'y reviendrai plus tard, et ça commence à faire beaucoup de sujets en préparation (nan, je te rassure, je fais pas non plus un plan avant de rédiger mes messages, mais quand je pense à un truc dont j'ai envie de parler, faut que je le note, sinon j'oublie... ouais, je sais, je devrais moins fumer, mais qu'est-ce que tu veux, je suis tombée dedans quand j'étais petite, enfin, ça aussi, je t'en reparlerai plus tard). Mais bon, faut savoir ce que tu veux, aussi, ptèt que tu vas me suivre jusqu'à Marseille pour aller de Paris à Lille, mais ptèt pas jusqu'à Cuba, faut pas déconner non plus, quoique le séjour puisse être quelque peu plaisant, je te l'accorde.
Bref, tout ça pour dire que même si la perte de mes illusions a été vraiment douloureuse (pfffffff... c'est incroyable comme t'as l'esprit mal tourné), ben, je suis quand même contente d'avoir eu la possibilité d'en avoir, des illusions. Parce que tout mon univers repose sur l'imaginaire. Parce que si je ne peux plus rêver, je crève. Je déteste cette petite vie rangée et étriquée, où les jours se suivent et se ressemblent, où les fins de mois sont difficiles, où les moments de détente sont réduits à un fast-food devant la téloche, où on se réveille le matin avec l'envie de tout plaquer parce qu'on sait qu'on va passer une nouvelle journée à ne pas se sentir exister, que ce soit à cause d'un taf à la con payé au lance-pierre ou à cause d'un statut chômeur, rmiste, sans-papiers, et que sais-je encore... Je déteste ça, parce que je l'avais pas imaginée comme ça, la vie.
Et là, je regarde Babou, et en tant que maman, je me demande comment accorder mes idéaux d'éducation avec le respect de ses rêves d'enfant. Je voudrais pas qu'elle ait une trop grosse déception quand elle va prendre conscience des réalités, de ce que c'est vraiment, le monde autour d'elle. C'est un peu pour ça que je ne veux pas lui mettre en tête tous ces trucs crétins (à mon humble avis) qu'on raconte aux mômes, du genre la petite souris, le Père Noël (cherche pas, j'ai une dent contre le Père Noël...), les choux et les roses, le prince charmant, enfin bref, ce genre de trucs crétins, quoi. Pour ça, et aussi parce que je trouve ça crétin, donc, t'avais compris la subtilité. Mais bon, de toute façon, je sais que je ne pourrai pas lui éviter toutes les baffes, dans la vie (c'est ce que je me tue à répéter à ma mère), et même si je crois qu'il est parfois nécessaire de se planter pour apprendre et avancer, je veux quand même qu'elle rêve, ma Babou, et puis y'a des choses dont elle a pas besoin d'avoir conscience avant l'heure (je vais quand même pas la mettre devant les infos à 5 ans, faut pas déconner non plus).
Alors, comment trouver la juste mesure, dans tout ça ? Surtout quand on sait que la mesure, c'est pas vraiment ma tasse de thé (note quand même que j'adore le thé, surtout à la bergamote avec du miel et du lait), je suis plutôt quelqu'un d'excessif, moi, dans le genre tout ou rien, tout l'un ou tout l'autre, d'un extrême à l'autre, bref, je suis limite maniaco-dépressive (mais nan, faut pas avoir peur, je suis gentille quand même). Des fois, je me dis : heureusement que le Geek est tout le contraire de moi là-dessus. Lui, il est plutôt du genre juste milieu, mesure en toute chose, rarement un mot plus haut que l'autre, toujours égal à lui-même (bon, je te rassure, il a d'autres défauts, hein, faut pas rêver non plus, on vient de te dire que le prince charmant n'existe pas, alors, faut le dire, si ça t'intéresse pas, ce que je raconte). Finalement, ça canalise un peu mon côté radical. Même si moi, ça a le don de m'exaspérer, des fois, cette façon qu'il a d'être linéaire, prévisible, malléable... mais pour Babou, c'est peut-être un bon équilibre, en fin de compte.
Bon, on s'en fout de mes relations de couple, d'abord, pis je viens déjà de te déballer mon idéal masculin et une partie de mes rêves de gosse et de mes interrogations éducatives, nanméoh... faut pas pousser mamie dans les orties, hein, on se calme, y'a pas le feu au lac.
Commentaires
c'est pas faux tout ce que tu dis :) mais moi je pense que les enfants ont besoin de ce genre de trucs quand ils sont petits, c'est justement ce qui fait la différence entre eux et nous, ils croient en tout et nous plus en rien.. (comment ça j'exagère !)
je suis plutôt d'accord avec le père noel ou la petit souris mais contre l'idée du prince charmant ; peut être parce que moi je n'y ai jamais cru et c'est vrai que c'est plus facile pour moi aujourd'hui par rapport aux garçons.
Tu devrais faire le choix de ce que tu laisses comme "fantasmes" à ton enfant, et t'inquiète pas pour les réalités il en prendra conscience bien assez (trop?) tôt...
Ben moi je vote comme toi, je suis aussi pour le côté rock'n'roll de la chose. Faut que ma fille sache qu'avant que le prince charmant daigne se pointer, elle croisera sans doute des tas de cons d'hommes, des qui se barrent au petit matin sans laisser un mot, des qui oublient de te dire qu'ils ont une copine et puis aussi des guères passionnants pour lesquels on s'entiche quand même faute de mieux.
Ca me fait penser à la grande question : faut-il croire ou non à l'âme soeur ??
Alors, on fait quoi les filles ? On renonce ou on continue à l'attendre, ce con de prince toujours en retard ?!! :D
L'âme soeur, je trouve ça assez flippant, comme concept, paske si tu la perds ou que tu te plantes, ça voudrait dire zéro 2e chance... Naaan ! pas possible, ça... par contre, je serais assez d'accord pour croire en DES âmes soeurs.
En fait, faut pas l'attendre, ce couillon de prince, il faut le chercher, et puis surtout, faut pas croire que c'est lui qui fera notre bonheur, je pense que c'est à nous de le faire toutes seules, c'est ça, l'indépendance !
Et puis faut savoir que des fois, on commence par croire qu'on l'a trouvé, et on finit par s'enticher faute de mieux. Après, la question, c'est : est-ce que l'histoire s'arrête là ?...
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