Life in ze City

me myself and my sweet banlieue pourrie

30 octobre 2007

blog par-ci, blog par-là

Depuis que j'ai ouvert mon blog (quel drôle de mot, quand même), j'ai passé plus de temps à lire ceux des autres qu'à écrire dans le mien. Je me rattraperai plus tard, t'inquiète, je vais t'en coller, des tartines. Les dissert' ça me connaît, je suis maître ès lettres (comment je me la pète). Par contre, y'a un truc qui me file des migraines, c'est l'impératif. Oui, parce qu'à l'impératif, y'a pas de S à la 2e personne du singulier pour les verbes du 1er groupe, mais j'ai toujours envie d'en mettre un. Et là, tu te dis : "mais qu'est-ce qu'elle me raconte, celle-là, avec ses histoires de grammaire à la con, on s'en tape, on est pas à l'école, ici" (si, si, je sais que c'est ça que tu te dis). Et c'est vrai, qu'on s'en tape, mais qu'est-ce que tu veux, j'aime bien emmerder le monde. Ben ouais, quoi, j'ai le droit de sortir ma science, un peu, quand même, histoire de me dire que j'ai pas fait ces foutues études pour rien.

Bref, pour revenir à ce qui m'occupe après cette digression pleine d'intérêt (va falloir s'habituer, c'est comme ça, moi, pour aller de Paris à Lille, il faut que je passe par Marseille, au moins, ça te fait voir du pays), dans tous les blogs que j'ai visités (oui, aux temps composés avec l'auxiliaire avoir, le participe s'accorde avec le complément d'objet quand il est antéposé, pas quand il est postposé. Tu t'en balances ? tant pis), y'en a des très intéressants, des très pertinents et des très marrants. Alors, comme je passe ma vie à cogiter comme je respire, tout ça m'a fait douter et j'ai fini par me demander ce que je foutais là (pas de vannes à deux balles, hein, je suis assez grande pour me gazer toute seule !), moi qui ne suis pas toujours très intéressante, pas toujours très pertinente, et pas toujours très marrante (jamais, tu dis ? ah... bon). Franchement, j'étais au bord du suicide... bloguesque (t'es malade, tu crois quand même pas que je vais me foutre en l'air pour ça). Et puis je suis tombée (le participe s'accorde toujours avec le sujet quand il est conjugué avec l'auxiliaire être... oui, oui, je sais, tu t'en fous, mais pas moi) sur d'autres blogs qui sont pas non plus très marrants, pas très pertinents ou pas très intéressants, ou les trois à la fois (à moins que le sens profond m'ait échappé). Alors j'ai finalement pris la décision d'épargner la vie de mon blog et de continuer mes élucubrations virtuelles, même si ça n'intéresse personne d'autre que moi. Voilà, et si ça te plaît pas, t'façon c'est pareil. Tu me connais pas, tu sais pas comment je suis obstinée.

Ce que j'aime, dans les blogs, c'est qu'on s'exprime à l'écrit. J'ai déjà dit que je souffrais du syndrome de la cocotte-minute (ben si, dans mon profil, faut suivre un peu, nom d'un petit bonhomme). Tu sais pas ce que c'est ? Alors, petit cours de rattrapage : tu sais comment ça fonctionne, une cocotte-minute, ça fait juste un peu psssch, mais à l'intérieur, c'est sous haute pression, et si t'essaies de l'ouvrir sans vider d'abord la vapeur par le petit bitoniau, là, ben ça t'explose à la tronche. Donc, le syndrome de la cocotte-minute, c'est quand les gens disent rien face à une situation ou un discours qui les énerve, mais que ça bouillonne à l'intérieur. Et comme ils disent rien, la pression monte, et comme toi tu vois rien, tu penses pas à ouvrir la soupape et un beau jour BANG !!! Ca explose, et toi tu comprends rien. Et ouais, je suis comme ça. Tu vas me dire que c'est pôôô bien, et que c'est pôôô sain, et que c'est pas politically correct. Ben, je vais te dire que je m'en fous, t'façon, je suis pas politiquement correcte du tout. Pourquoi je suis comme ça ? Je sais pas trop. Non, mais tu crois que ça m'amuse, de me prendre le chou sans arrêt avec des conneries ? Ô surprise ! Non, j'aime pas ça, ça me prend le chou de me prendre le chou, mais c'est plus fort que moi. Je te dis, je cogite comme je respire, c'est automatique et incontrôlable. Peut-être parce que je manque de confiance en moi, alors j'ose pas souvent dire ce que je pense (mais je dis pas le contraire non plus, je suis pas une hypocrite), et puis je veux toujours ménager la susceptibilité des autres, alors du coup, je les laisse maltraiter la mienne. Et je suis très susceptible, et rancunière, en plus. Quand je te dis que je suis pas politiquement correcte...

Donc, ce que j'aime, dans les blogs, c'est l'écrit, parce qu'à l'écrit, j'ai jamais de problèmes pour m'exprimer, et y'a qu'à l'écrit que j'ai de la répartie. Tu vas me dire qu'avec la médiation de l'écrit, on a le temps de réfléchir et de bien tourner ses phrases, et que ça s'appelle pas de la répartie, et bla bla bli, et bla bla bla... M'en fous, d'abord, j'appelle ça de la répartie si je veux, on va pas jouer sur les mots, parce que tu gagneras pas à ce jeu-là avec moi. Fais gaffe, je suis maître ès lettres... Je l'ai déjà dit ?

Autre chose que j'ai constaté : il y a des blogs thématiques. Des blogs photo, des blogs dessin, des blogs couture, des blogs de fille... Et dans ces blogs thématiques, y'en a qui sont à fond dans leur truc. Je m'explique : y'a des blogs photo avec que des liens vers d'autres blogs photo, des blogs couture avec que des liens vers d'autres blogs couture, des blogs de fille avec que des liens vers d'autres blogs de fille, etc. Ben comme tu peux voir, les blogs dans mes liens n'ont aucun rapport les uns avec les autres. C'est juste des blogs que je trouve intéressants, ou marrants, ou avec un concept sympa. J'aime bien les trucs hétéroclites. Quand j'organise une soirée, je rassemble des gens super différents, et en général, la mayonnaise prend bien, et je kiffe. De toute manière, dans mon entourage, y'a que des gens différents ; des gens de 25 ans, et d'autres de 40 ; des gens plutôt hip-hop, d'autres plutôt rock, d'autres encore qui sont rasta, d'autres qui écoutent Lara Fabian et qui regardent la Star Ac', des qui boivent, des qui fument, des qui sont sages, des qui gagnent super bien leur vie et des smicards, des célibataires endurcis et des qui sont mariés-2-enfants, des qui sont insociables et des qui ont 150 amis, des qui voyagent aux quatre coins du monde et des qui sont jamais sortis de leur banlieue, et puis je vais pas faire toute la liste, parce que ça risque d'être long.

Et tu veux que je te dise ? Non ? Ben, je te le dis quand même : j'adore ça, voir des gens différents, ça m'ouvre l'esprit et ça brise le train-train quotidien (d'où cet intérêt soudain pour les blogs ; je "rencontre" plein de gens nouveaux et qui ne se ressemblent pas). Même ado, j'ai jamais été très branchée bande, et je revendique mon statut d'électron libre. C'est comme dans ce blog : y'a des jours où je suis d'humeur littéraire, alors je vais faire des belles phrases bien tournées, avec des subordonnées en cascade et des tas de mots en -isme et en -tion, et puis y'a des jours où je suis d'humeur rebelle, alors je ferai pas des grandes phrases, et j'écrirai plein de grossièretés. Des fois, j'aurai envie de parler du monde qui m'entoure, et des fois, de mon petit nombril. On peut trouver ça contradictoire, moi j'appelle ça de l'ambivalence. Je parlerai peut-être de mes nombreuses facettes et de mon caractère bien trempé, un jour... si l'envie me prend. Mais c'est pas aujourd'hui, et d'ailleurs, je trouve que j'en ai déjà dit assez.

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29 octobre 2007

marche à l'ombre

Non, mais, dites-moi que je rêve ! Pire, je cauchemarde ! On nage en plein délire ! J'en crois pas mes oreilles ! Qu'est-ce que j'entends ? Qu'est-ce que c'est que ce monde de merde où des connards finis prétendent encore, au 21e siècle, pouvoir prouver scientifiquement que "les blancs ont une intelligence supérieure à celle des noirs" ?!!! Prix nobel de médecine ?!!! Prix nobel de mes deux, ouais. Trouduc de mes quatre ! Pauvre mec ! Quand je pense qu'on croit toujours que les diplômes, c'est l'apanage des gens intelligents ! Et ben, voilà, ça y est, elle est démystifiée, cette putain d'idée reçue. Ce gros naze est la preuve vivante du contraire de ce qu'il avance. Je trouve même pas d'insulte assez forte pour ce genre de débiles profonds bons à enfermer !

Dans mes veines, j'ai du sang blanc et du sang noir, et là je vois rouge ! Je suis métissée et je t'emmerde, et apparemment, je suis bien plus intelligente que toi, alors va te faire foutre, esprit dégénéré, conscience cancéreuse, cervelle handicapée ! Ostrogoth de l'intellect ! Barbare de la réflexion ! Cro-magnon de la pensée ! Dinosaure du savoir ! Espèce de cerveau monocellulaire ! Sale con ! Petit branleur ! Blaireau ! Merdeux ! Charogne ! Raclure ! Nazi ! Sale bouse nauséabonde et arriérée ! Déchet de l'humanité ! CONNAAAAAAAAAAAARD !!!!!!!

Le racisme, je supporte pas, ça me donne des envies de meurtre.

Posté par Sunny Clainville à 11:25 - ça m'vénère - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 octobre 2007

aaarrgh !!!

Quart d'heure fifille...

Z'avez vuuueu ! C'est Cherifa qu'a gagné Popstaaareu ! J'ha-llu-ciiiiiineu !!! C'est nuuuuuleu !!! Nan, mais, j'veux diiireu, le juryeu, i'z'ont pété un câââbleu ! Franchemeeent, j'comprends paaaaas, j'veux diiireu, chui dé-gou-téééeu !

Et voilà, je me suis encore fait avoir. J'ai suivi l'émission contre vents et marées, je me suis accrochée, j'ai lutté corps et âme, j'y ai mis tout mon coeur, j'veux diiireu, j'ai tout donné, quoi... Et tout ça pour ça. Déjà, je vois pas trop l'intérêt de l'émission si c'était pour lancer quelqu'un en solo ; c'est vrai, pour ça, y'a déjà la Nouvelle Star, mais bon, admettons, c'est vrai que monter un groupe de toutes pièces, c'est pas forcément de bon augure (déjà que même quand c'est un groupe composé de potes, ça tient pas toujours la route, alors mettre ensemble de parfaits inconnus, c'est courir à la catastrophe). Mais quitte à lancer une "carrière" solo (oui, enfin, si ça marche, parce que jusqu'à présent, les gens sortis de Popstars ont été plus rapides à se faire oublier qu'à se faire connaître), au moins, ils auraient dû récompenser le ou la meilleur(e). Parce qu'il y en avait, des meilleurs. J'ai rien personnellement contre Cherifa, mais y'en avait des meilleurs. La petite Léa, avec sa voix tout simplement tellement sublime que ça se passe de commentaire. Elle fait pas le show, elle danse pas bien, et alors ? Alicia Keys passe la majeure partie de son temps derrière son piano, et elle vend des disques quand même. Ou la petite Jessie, qui s'est JAMAIS plantée, ou Isaac, la bête de scène, ou Hadja, avec son timbre qui te laisse sur le cul. Bref, Cherifa n'est pas mauvaise, en plus elle est jolie et niveau danse, ça le fait assez, mais je trouve que d'autres le méritaient plus qu'elle.

De toute façon, je sais pas si t'as remarqué, mais dans ce genre d'émissions, c'est rarement le meilleur qui gagne. Ah, attention, hein ! on va pas chipoter ! J'ai pas dit "jamais", j'ai dit "rarement". Encore, quand c'est le public qui vote (on va faire comme si tous ces gens du PAF et du show-biz nous laissaient VRAIMENT décider malgré les enjeux financiers derrière tout ça, parce que finalement, c'est encore et toujours une question de fric, d'investissement et de rentabilité), donc quand le public est censé choisir, je peux comprendre, parce que le public vote avec son affectif, et n'est pas forcément objectif. Mais quand ce sont des PROFESSIONNELS, des gens du métier, j'arrive pas à concevoir qu'ils puissent choisir celui qui est bon mais sans plus, plutôt que celui qui excelle, même s'il a pas la starattitude. Alors, maintenant, pour être reconnu comme un artiste, il faut savoir chanter, danser, et se la raconter. Savoir écrire, composer, jouer, ça compte pas. Du coup, on retrouve toujours les mêmes personnalités, avec les mêmes attitudes, presque les mêmes chansons, et les mêmes discours genre "c'est toute ma vie, c'est mon rêve depuis toute petite"... ben, oui, en général, on se réveille pas un beau matin à 25 ou 30 piges en se disant "tiens, j'aimerais bien faire une carrière artistique". Bien sûr que ce genre de trucs, on l'a en soi dès le plus jeune âge, ou on l'a pas. On ne fait pas carrière dans la musique ou dans le cinéma comme au Mac Do, c'est pas vraiment accessible, comme boulot par défaut ou alimentaire.

Je lance donc un appel, je supplie, j'implore : arrêtez, mais ARRETEZ de vouloir nous vendre de l'art (?) formaté, normalisé, banalisé, cloné, fade, y'en a marre du bof art, tout ça, c'est du réchauffé sous cellophane au micro-onde (et ouais, ça donne un truc pas comestible, gare aux indigestions et autres intoxications alimentaires). D'abord, y'a pas que les minettes de 14 ans qui achètent de la musique. Et ensuite, l'art, c'est la diversité, l'originalité, la sensibilité, la créativité. L'art, c'est pas l'usine, c'est pas de la production à la chaîne, c'est pas du commerce. L'art, c'est de l'art, nom de nom !!!

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26 octobre 2007

j'achète (des fringues) donc je suis (une femme) ?

(on est toujours en 2005... ben oui, faut bien que je case mes anciens textes quelque part !)

Aujourd'hui, méchante gueule de bois, donc pas de boulot sur Rutebeuf et les poètes moyenâgeux. À 11h ce matin, deux gélules d'ibuprofène pour venir à bout des joutes dans mon crâne ; vers 13h, une assiette de pâtes et steak haché en croisade pour ramener mon estomac à la raison ; et maintenant, grande tasse de café pour vaincre l'invasion des vapeurs marécageuses dans mes neurones.

J'ai pas dérogé à mon petit rituel, j'ai regardé Nous ne sommes pas des anges, mon émission du déjeuner ; le débat du jour, c'était autour du concept "j'achète donc je suis". Il paraît que 90 % des femmes mettent les fringues en tête de liste des achats plaisir, et que plus de 80 % des acheteurs compulsifs sont des femmes. Bizarre… mes contemporaines auraient-elles perdu la tête ? le combat des féministes, je l'aurais rêvé ? je serais la seule à voir le grand méchant loup derrière les pubs aguichantes affichant des modèles de femmes idéales décharnées dans des fringues ringardes ou ridiculement assorties et hors de prix ?

D'abord, est-ce qu'un idéal, ça se définit seulement par son contenant, son enveloppe, son emballage, sans tenir compte du contenu ? Est-ce que la société a rendu les gens à ce point demeurés qu'ils ne pensent plus que par la forme, et jamais par le fond ? Je crois qu'il faut te rendre à l'évidence, ma grande ; aujourd'hui l'Essence n'est plus qu'apparence sans consistance ; quand on voit les critères de jugement de l'opinion commune, on se dit que finalement, le Moyen Age, et même l'Antiquité, l'aube de la pensée, c'est pas si loin qu'on le croit. On est dans l'ère du culte du néant, alors, sous peine d'être condamnés pour blasphème ou hérésie, célébrons ensemble le Futile, dévouons-nous corps et âme à l'Inutile, exaltons la magnificence du Stérile ! Honneur au Vain ! Gloire au rien !

Si aujourd'hui, un squelette boudiné dans son épiderme, on appelle ça une femme, et qui plus est une belle femme, une femme parfaite, LA femme, alors c'est que oui, les gens sont des demeurés. Cette femme-là, bien sûr qu'elle est belle, avec sa couche d'enduit cosmétique, avec la lumière qui éclaire ce qu'il faut montrer et assombrit ce qu'il faut cacher, avec ses cheveux taillés par un visagiste pour stars, et parfois même, avec son nez redressé, ses lèvres regonflées, ses pommettes remontées, ses nichons siliconés et sa cellulite liposucée… N'empêche que ces filles-là, elles ont des rides à vingt-cinq ans (bon, O.K. c'est pas si grave, vu qu'elles ont le botox qui va avec, mais vous, messieurs, vous vous voyez prendre du viagra avant cinquante ans, tous disfonctionnements physiologiques mis à part ?), et elles ont tellement d'os et tellement peu de chair que ça doit faire mal, quand elles s'assoient sur les cuisses de leur mec. Et puis, je serais curieuse de voir la tête du mec qui se réveille à côté d'une de ces "bombes" après une soirée trop arrosée et une courte nuit de sommeil ; comme tout le monde, elles doivent avoir une tête d'ornithorynque constipé et une haleine de chacal. Si j'étais lesbienne, ou si j'étais un homme, je choisirais Monica Bellucci plutôt que Kate Moss, n'en déplaise aux accros du fitness et des angles ; je trouve que la courbe est plus harmonieuse, et le moelleux plus confortable.


Deuxième grande tasse de café. J'avoue que j'ai du mal à saisir ce qui pousse les femmes à vouloir ressembler à tout prix à ces soi-disant modèles, à avoir la même coupe ou la même couleur de cheveux, les mêmes seins, les mêmes vêtements. Remarque, c'est pas anodin qu'on les appelle des "modèles". Logique psychologique d'une part : modèle parce que c'est l'idée de la femme qu'on veut nous mettre dans le crâne, pour que ces messieurs aient une distraction satisfaisante quand ils s'ennuient au feu rouge en allant au boulot ou chercher le pain ; le pire, c'est que ça marche, et après on nous dit (souvent les hommes, d'ailleurs, ou les femmes qui se conforment à ce qu'ils veulent qu'elles soient) que le féminisme n'a plus lieu d'être… je me demande quand les gens comprendront que les mentalités et les comportements mettent infiniment plus de temps que les textes de loi à changer. Logique économique d'autre part : modèle parce qu'elle rentre dans une taille 34 ou 36 (en mesurant un mètre quatre-vingt…), et qu'une grande taille demande plus de tissu et plus de temps qu'une petite, donc les coûts de production sont moins élevés pour un 36 que pour un 42.

Tu me diras, moi, je rentre dans un 38 (un vrai, pas un 36 déguisé) ; enfin, en temps normal, pas quand j'ai pris 20 kilos… ben oui, c'est parce que c'est comme ça que je me sens le mieux. Les raisons ? un mélange de santé, de forme physique et de conditionnement culturel ; d'abord, pour ma taille, le poids qui témoigne d'une bonne santé correspond, sur le plan vestimentaire, à la fourchette située entre le 38 et le 44 ; ensuite, j'ai fait de la danse une bonne partie de ma vie, mon corps est donc habitué à l'activité et à l'effort physique, à un certain tonus musculaire incompatible avec le surpoids et l'excès de graisse ; et enfin, malheureusement, moi aussi, je cherche inconsciemment (enfin, plus depuis que j'en ai pris conscience, mais les mauvaises habitudes sont plus dures à perdre que les bonnes) à plaire, à séduire, et donc à me conformer aux critères collectifs fondés sur des illusions de papier glacé. C'est notamment à cause de ces critères bidons que la majeure partie de ma vie, quand je me suis regardée dans le miroir habillée en 38, je me suis vue grosse, parce que je ne ressemblais pas aux filles de papier glacé et de pub télé, alors, je prenais mes hanches pour de la culotte de cheval et mes abdos pour du bide (heureusement, j'ai fini par piger que le ventre d'une femme n'est pas censé être concave).

"Grosse dans ma tête", c'est le genre de névrose qui touche beaucoup de femmes… la faute aux magazines, aux publicitaires et à toutes leurs conneries, entre autres. Parfois, la faute aux hommes qu'on aime, aussi, qui affichent ouvertement leur attirance sexuelle pour Cameron Diaz ou Christina Aguilera (j'ai rien contre elles, mais je trouve qu'elles ont beaucoup d'os, quand même…). En ce qui me concerne plus particulièrement, la faute également à ma grand-mère paternelle du Nord-Pas de Calais, qui a martelé dans ma cervelle toute mon enfance que j'étais trop grosse parce qu'on ne voyait pas mes côtes et que j'avais un petit cul de métisse rebondi (je l'ai toujours d'ailleurs, même s'il est moins petit, maintenant).


Pour revenir sur mon histoire de shopping, je vois très bien le conditionnement à l'œuvre dans le fait que les achats plaisir d'une écrasante majorité de femmes, c'est les fringues. Alors, je sais pas, peut-être que les autres, les 10 % qui restent, présentent une particularité cérébrale quelconque. Moi, ce que je mets en tête de liste des achats plaisir, c'est plutôt les bouquins, romans, contes, essais, études littéraires, documentaires, B.D., livres de cuisine et dictionnaires spécialisés confondus. Ce qui m'éclate, c'est d'avoir des bouquins ; j'ai plus de problèmes pour ranger tous mes bouquins que toutes mes fringues, et pourtant, j'en ai, des fringues. Mais c'est vrai que des fois, quand je vois des copines qui portent jamais les mêmes fringues deux fois dans le mois, je me demande comment elles font, moi qui croyais que j'avais un placard trop rempli, elles, elles doivent en avoir au moins trois.

En tout cas, moi, le shopping, ça me gonfle ; c'est en partie pour ça que j'achète pas souvent des fringues. C'est vrai, les boutiques de fringues, c'est l'horreur, y'a toujours des millions de nanas prêtes à se battre pour un string, on crève de chaud, on passe plus de temps à faire la queue qu'à chercher des vêtements, et en plus, on fait cinquante magasins avant de trouver LE truc qu'on voulait ; enfin, ça, c'est peut-être juste moi, parce que je suis difficile en matière de fringues, et que le moindre minuscule détail peut me dissuader d'acheter, comme la forme des manches d'un pull ou d'un chemisier, un volant au bas d'une robe, la longueur d'une jupe, des boutons ou des zips sur un pantalon, etc… Bref, faire du shopping, pour moi, c'est la torture. Je préfère, sans aucune hésitation, me poser dans le rayon d'une librairie et chercher un bouquin sur la cartomancie, un roman de Maryse Condé, le dernier tome de ma collec' de B.D. ou un dictionnaire de rimes.

En deuxième position sur ma liste des achats plaisir, je mettrais la musique ; en troisième, les partitions ; en quatrième, les films et les jeux vidéo ; en cinquième, l'alcool et MJ et H, et ensuite seulement, les fringues et les pompes ; en dernier, je mettrais les bijoux, les parfums et les cosmétiques. C'est grave, docteur ?

Quant aux acheteurs compulsifs, il est assez facile de faire le lien entre cette récente pathologie et les publicitaires, qui usent et abusent des ressorts psychiques inconscients pour créer de nouveaux (faux) besoins et nous faire acheter toujours plus de trucs stupides, ridicules ou inutiles, et souvent les trois à la fois. Les femmes y sont, de toute évidence, beaucoup plus sensibles que les hommes ; pourquoi, ça, j'en sais strictement rien, mais quelque chose me dit que le fameux conditionnement social, ou héritage culturel, a son rôle à jouer là-dedans. Pour donner juste un exemple, les boutiques offrent vachement plus de choix dans les fringues féminines que masculines (et dès le berceau) ; peut-être parce que la société (sans doute celle des mâles) est beaucoup plus exigeante pour les femmes ; un homme qui met le même jean toute la semaine, personne le remarque, alors qu'une femme qui en fait autant, ça déclenche tout de suite des interrogations plus ou moins conscientes, des réflexions plutôt douteuses ou des jugements axiologiques concernant son hygiène ou son compte en banque. Alors, l'égalité des sexes, c'est vraiment le cas ? Les mentalités sont vraiment plus modernes et ouvertes qu'il y a cinquante ans ? Pas si on prend en compte le fait qu'à cette époque, la plupart des gens avaient tout au plus deux vêtements pour la semaine et un pour le dimanche, et personne trouvait ça crade ou misérable.

Dans l'émission, quelqu'un (je sais plus qui) disait que l'achat par carte bancaire était une dépense virtuelle ; dites donc, et le débit de la somme en question sur le compte en banque, c'est virtuel, aussi ? Faut pas pousser ; c'est vrai que la carte bleue est un élément essentiel pour le commerce et la consommation, parce qu'on se rend moins compte de ce qu'on dépense, contrairement à l'argent liquide qui d'une part concrétise la dépense, puisqu'on voit réellement l'argent sortir de notre poche pour entrer dans la caisse, et d'autre part oblige à compter pour s'en tenir à la somme définie qu'on a dans le porte-monnaie, puisque quoi qu'il arrive, on peut pas la dépasser, cette somme. Dans ce sens, je veux bien admettre que la carte bancaire virtualise quelque chose, mais c'est l'argent, pas la dépense ; et je ferai juste remarquer qu'elle pousse à la consommation irréfléchie, puisqu'on n'est pas obligé de compter ce qu'on dépense. C'est comme ça que des gens se retrouvent dans des situations financières catastrophiques, ont recours aux prêts, et finissent en surendettement ; mais c'est bon pour les banques et le commerce, parce que ça aussi, ça fait marcher l'économie.

Posté par Sunny Clainville à 13:28 - société, tu m'auras pas - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

chaud cacao

(le dimanche soir suivant)

Et ben voilà, qu'est-ce que je disais… J'ai fini de ranger et de récurer ma chambre. J'y ai passé deux jours et demi (pour une pièce d'environ quinze mètres carrés). J'ai tout trié, rangé, classé, nettoyé. Et quand j'ai demandé à mon mec de m'aider, parce qu'après tout, lui aussi, il vit ici, et que lui aussi, il contribue au bordel, il m'a tout simplement déclaré, assis dans le canapé du salon devant son ordi : "j'ai pas envie". J'ai oublié de préciser que mon mec, c'est un geek. Mais bref, pour justifier son inertie, il argumente en me faisant remarquer qu'on fait pas le ménage un dimanche à 17h… Ça se voit que c'est pas lui qui passe sa semaine dans cette crasse ! Maintenant, il est plus de 20h… je lui ai demandé de s'occuper de la bouffe, parce que moi, je suis crevée de mes deux jours de décrassage, et que j'ai franchement pas envie de me retrouver devant les fourneaux, même pour une seule minute. Le pire, c'est que c'est lui qui me dit qu'il a faim, y'a déjà presque une heure de ça, et il est toujours en train de glousser devant la télé. Des fois, je voudrais bien être lesbienne.


Enfin bref. Pour la peine, je vais me faire consoler par le cousin de MJ, ma grande amie de toujours, et je vais fumer toute seule. Comme ça, parce que ça me fait plaisir. Tiens, y'a du mouvement. Il me demande si je veux pas manger de la purée… j'ai peur, parce qu'il fait la purée Mousline comme il lirait La République… j'ai aussi oublié de préciser que mon mec, il a jamais lu un bouquin en entier de toute sa vie, même pas un Stephen King de moins de cent pages, et même les B.D. il a du mal, alors Platon…


Moi, je comprends pas comment on peut vivre sans lire de bouquins. C'est tellement bien, les bouquins ; c'est mieux qu'un magazine, mieux que le journal, mieux que la télé, mieux que le ciné, et des fois, c'est même mieux qu'une partie de bête-à-deux-dos. Bon, O.K. j'exagère… peut-être. N'empêche que c'est vachement bien, de lire, et c'est vachement important, aussi, mais bon, je crois que je parlerai de ça une autre fois, parce que la purée est prête… Courage !




C'était un peu mieux que d'habitude, mais c'est franchement pas encore ça… Y'avait un épisode de Lucky Luke où une énorme indienne s'amourachait de Joe Dalton et l'appelait "Petit Saumon Frétillant" ; la tribu croyait que Joe était un mec bien ; à la fin, Lucky Luke se retrouvait dans une grotte sacrée aux prises avec un ours, et y'avait aussi le chef indien, l'énorme indienne et Joe Dalton ; l'énorme indienne a aidé Lucky Luke à se défendre contre l'ours ; Joe a demandé à l'énorme indienne de laisser l'ours manger Lucky Luke, et là, les indiens se sont rendus compte que Joe était un gros naze et la grosse indienne l'a appelé "Petit Saumon Répugnant" ; et Lucky Luke a encore gagné. C'est fou les conneries qu'on met dans la tête des gosses, quand même ; après, ils deviennent des adultes dépressifs quand ils comprennent que dans la vraie vie, c'est plus souvent les méchants qui triomphent. J'y reviendrai plus tard. Et puis, j'ai vu la météo, et demain il fait cinq degrés. C'est chaud…

Posté par Sunny Clainville à 12:44 - my life on line - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

garçon manqué mais fille réussie

(un samedi soir en 2005)

Il y a un truc dont je me fous pas mal, c'est le samedi soir ; c'est vrai, tous ces petits jeunes en pleine recherche d'eux-mêmes qui vont chercher dans la tendance du moment la personne qu'ils sont (ou plutôt qu'ils ne sont pas, ou juste pour un moment) et qui n'ont pas l'impression de vivre sans leur sortie du samedi soir, ça me fait sourire ; et tous ces moins jeunes qui refusent de l'être, qui sont toujours en recherche d'eux-mêmes dans la tendance du moment, qui n'ont pas l'impression de vivre sans l'apparat du monde extérieur, et qui partent en chasse pour LA soirée, sinon du siècle, au moins du mois, ça me fait presque de la peine pour eux qu'ils s'emmerdent à ce point dans la vie. Comme quoi, ils n'ont pas si bien réussi qu'ils veulent le croire et le faire croire. On m'objectera que moi aussi, ça m'arrive d'aller danser… Oui, mais pas pour me montrer, ni pour le raconter, juste pour me défouler, m'éclater, et pas forcément le samedi soir. TOUS les samedi soirs en boîte et obligatoirement à Paris (ou encore pire, dans les boîtes de banlieue genre l'Acropole), c'est le rendez-vous de ceux qui n'ont rien de mieux à faire dans la vie. Enfin, bon, je vais pas m'étendre sur le samedi soir, parce que, comme je viens de le dire, sortir le samedi soir pour raconter à tous mes faux amis ce que j'ai fait de mémorable qui sera oublié dans quelques jours, c'est pas le but essentiel de ma vie.

Je tiens à dire une chose : le Moyen Age, c'est pas aussi barbare et arriéré qu'on le croit. En fait, c'était même très raffiné, au moins sur le plan des arts et de la littérature. Bon, d'accord, ils allaient massacrer ceux qu'ils appelaient les Infidèles, mais en dehors de ça, les moyenâgeux étaient très délicats ; y'a qu'à savoir ce que c'était qu'un troubadour pour en être convaincu. Je le sais parce qu'en ce moment, je prépare l'agreg de lettres, et je bosse sur le Moyen Age ; un mec qui se faisait appeler Rutebeuf… c'est pas celui que je préfère de cette époque, mais bon, c'est pas moi qui fais les programmes. Pour tout dire, moi, celui que je kiffe, c'est Villon ; une fripouille, un rebelle, un voleur, assassin, bad boy médiéval qui se foutait de la gueule de tout le monde, et avec talent, en plus. Bref, c'est pas de ça non plus que je veux parler.


En fait, comme en ce moment, je bosse comme une acharnée, et comme mon bureau est dans la piaule, y'a une évidence qui m'est apparue comme la Vierge à certains : ma chambre, c'est Beyrouth. C'est un bordel monstre, c'est crade, c'est… une porcherie. Comment je fais pour bosser là-dedans ?! Et j'évite de poser la question : comment je fais pour DORMIR là-dedans. Je sais même pas ; je suis trop passionnée par le Moyen Age. C'est ouf, moi non plus, je l'aurais jamais cru si on me l'avait dit.


Alors, j'ai commencé à ranger ma chambre, à trier les papiers, à trier tous mes vieux cours, mes vieux magazines, à réorganiser, quoi… j'y ai passé deux jours. Eh ben, j'ai même pas fini. Et ça me soûle. Le pire, c'est que je vis pas toute seule… encore, qu'on se laisse dépasser tout seul, c'est une chose. Mais à deux, comment on a pu en arriver là ?


Et là, la réponse m'apparaît, toujours comme la Vierge à d'autres, claire, précise, évidente : je vis avec un mec. De là, je me questionne, je m'interroge, je me demande : lequel de nous deux est le responsable de ce capharnaüm ? Moi, avec mes milliards de cours, de notes, de dossiers, de bouquins et de je-sais-même-plus-quoi que je veux garder parce ça-pourra-servir-un-jour ? Lui, avec sa nonchalance,  son j'm'en-foutisme, sa mauvaise foi, son bordélisme et son mec-isme ? Nous deux, avec nos têtes de mules, nos combats de coq, nos flemmes et nos toujours-envie-de-faire-autre-chose ? Sûrement un peu de tout ça. Mais quand même, beaucoup de lui. Parce que moi, je suis plus souvent l'éponge à la main, j'ai le regard plus perçant sur la poussière, et l'intolérance plus radicale sur le bordel.



Qu'est-ce qui m'a rendue comme ça ? Et lui, qu'est-ce qui l'a rendu comme ça, lui ? Y'en a qui disent que c'est le chromosome Y. Ouais… Encore ceux qui aiment se raconter des histoires, en les justifiant par des a + b douteux, pour éviter de se poser les vraies questions et d'entrevoir les vraies réponses. Ceux-là, ils me disent qu'on est programmés comme des animaux, avec un rôle mâle et un rôle femelle ; ils me disent qu'une femme est naturellement plus douée pour la couture, un homme pour le bricolage ; ils me disent qu'une petite fille est naturellement plus attirée vers les poupées, les dînettes et les jeux calmes, et un petit garçon vers les chapeaux de cow-boy, les petites voitures, et les jeux plus bruyants et plus physiques ; ils me disent que c'est la nature qui veut ça, que notre cerveau est sexué, et qu'on a des fonctions physiologiques différentes selon qu'on est homme ou femme, qu'une femme est faite pour porter, un homme pour semer et assurer sa descendance, que c'est pour ça que les hommes sont infidèles, que c'est dans leur nature, et puis c'est comme ça, et puis c'est tout. Bla bla bla… et ils n'ont rien trouvé de mieux que ces lieux communs pour justifier le fait qu'ils n'ont pas envie de réfléchir un peu plus loin que le bout de leur nez, pas envie de se dresser contre des conventions sociales ancestrales et arriérées !


Et ben moi, je dis que tout ça, d'accord, c'est une évidence ; les hommes et les femmes sont différents physiologiquement, ils produisent pas les mêmes hormones (ou du moins, pas dans les mêmes proportions) ; les hommes ont pas la même masse musculaire que nous, ni la même masse graisseuse (les salauds !) ; nos cerveaux fonctionnent (un peu) différemment. O.K., c'est vrai, et je ne remets pas ça en cause.



Mais premièrement, si mes adversaires théoriques se renseignaient un peu avant d'avancer des grands postulats, ils sauraient que chez les animaux, on voit de tout ; du mâle avec son harem de femelles (et aussi l'inverse) jusqu'à l'homosexualité (observée chez les dauphins et certaines communautés de singes ; ce qui, au passage, conduit logiquement à s'interroger sur le caractère soi-disant "contre-nature" de l'homosexualité…) en passant par le couple définitivement fidèle et inséparable (comme chez les oiseaux). Ma question est : pourquoi serait-ce différent chez les animaux soi-disant évolués que nous sommes ?


Deuxièmement, est-ce que mes opposants ont déjà entendu parler de l'héritage (dans le sens d'hérédité) culturel ? Sûrement pas, sinon leur thèse des rôles physiologiquement différenciés, ça ne tiendrait pas debout. Alors pour eux, je vais faire un effort d'explication ; ce qu'on appelle l'hérédité culturelle, c'est justement une partie de ce qui détermine nos différences de masses musculaire et graisseuse. Depuis la nuit des temps, les travaux de force, les activités physiques, la chasse, le labourage des champs, la guerre, etc., sont dévolus aux hommes. Et depuis la nuit des temps, les femmes, elles, sont préparées à assurer les travaux d'intérieur, la cuisine, la couture, les langes et le ménage. Or, depuis la nuit des temps, le corps des êtres humains imprime, retient, enregistre l'activité qu'il a connu tout au long de sa vie ; on le voit encore aujourd'hui : quelqu'un qui passe sa vie à utiliser ses doigts avec minutie finit avec les doigts en points d'interrogation ; quelqu'un qui passe sa vie penché finit bossu, etc. Donc, le corps, après avoir enregistré les actes répétitifs, à longue échéance, qu'il a subi, les imprime dans ses gènes, et de ce fait les transmet à sa descendance ; bien sûr, c'est un schéma simplifié, et ça se fait sur plusieurs générations, mais c'est un fait irréfutable… On sait bien que certains enfants naissent avec des défaillances ou des malformations parce que leurs parents, voire leurs grands-parents, étaient alcooliques, tabagiques ou toxicomanes. D'accord, ça, ce sont des choses qui agissent directement sur le métabolisme. Mais les activités répétitives agissent elles aussi sur le métabolisme des générations suivantes ; on voit bien des enfants de grands sportifs qui manifestent une musculature et une souplesse étonnante, hors du commun ; des enfants d'astrophysiciens qui sont exceptionnellement doués en sciences ; des enfants de musiciens dotés d'une virtuosité naturelle et d'une oreille absolue. Bref, le contexte socio-culturel agit lui aussi sur le métabolisme. Pour ce qui est des tâches quotidiennes, on sait bien que les rôles ont été partagés pendant plus que quelques générations. Et nos aïeuls nous ont transmis cette séparation des rôles qu'on voudrait aujourd'hui faire passer pour des antinomies naturellement et physiologiquement héréditaires.


Troisièmement (et ce n'est pas une affirmation gratuite, beaucoup de spécialistes le disent), du point de vue de l'activité cérébrale, il y a plus de différences entre deux cerveaux du même sexe qu'entre les cerveaux des deux sexes. Et franchement, faut vraiment pas sortir de chez soi pour pas s'en rendre compte ; d'après vous, mes chers contradicteurs, qu'est-ce qui fait que, très souvent, entre hommes et entre femmes, la rivalité ou le désaccord puissent être si intenses, alors qu'entre sexes opposés, ce n'est plus la rivalité qui entre en jeu, mais la séduction ? C'est une question qui mérite réflexion (profonde et poussée, s'entend) ; néanmoins, n'étant ni psychologue, ni neurologue, ni sociologue, ni ethnologue, je ne prétends pas y apporter de réponse, et même, je m'en garde. Mais ça m'empêche pas d'avoir ma petite idée sur la question, et je pense que ceux qui sont d'accord m'ont suivie, c'est l'essentiel.

Voilà pour les différences hommes – femmes. Maintenant, je suis désolée de m'excuser de jeter un pavé dans la mare des belles certitudes des défenseurs de la distinction des fonctions naturelles, mais moi, j'ai longtemps eu plus de copains que de copines, et jusqu'à l'âge de quatre ou cinq ans, je préférais courir, grimper aux arbres, jouer aux voitures téléguidées, au frisbee, aux cow-boys et aux indiens… En entrant à l'école primaire (donc après le complexe d'Œdipe, c'est-à-dire seulement après avoir pris conscience de la différence, sous la ceinture, entre Papa et tous ceux de son espèce, et moi et toutes celles de mon espèce), j'ai commencé à avoir des copines. Est-ce que la société m'y a aidée, en me disant combien j'étais une jolie PETITE FILLE, en détaillant devant moi, pensant que je ne comprenais pas la teneur du discours, la différence avec leurs garçons turbulents, en m'offrant des robes roses ou des jupes à fleurs ? Je te laisse maître de la réponse. Bref, toujours est-il que c'est seulement en entrant à l'école primaire, et en voyant toutes mes copines (donc ces êtres de la même espèce que moi) jouer à la princesse et à la poupée, affectionner les jupes roses à volants et les chaussures à talons de leurs mamans, que j'ai voulu, moi aussi, des poupées Barbie et des jupes de princesse roses à volants.

Et puis, à vrai dire, ça n'a pas duré toute la vie, parce que l'adolescence est passée par là, et l'âge adulte m'a réconciliée avec le garçon manqué (mais, paraît-il, fille réussie) que j'étais avant que la société n'y mette son grain de sel. Et, aujourd'hui encore, la couture, ça me gonfle (je suis même pas foutue de coudre un ourlet correctement), et le bricolage, ça m'éclate ; ben ouais ! c'est comme ça, je préfère planter un clou que coudre un ourlet ! Et je suis pas homo, je me sens pas particulièrement masculine, mais je suis pas ce genre de nana qui adore faire du shopping, parler chiffon et qui pleure quand elle se casse un ongle. D'abord, j'ai les ongles courts, c'est plus pratique pour taper à l'ordinateur et pour jouer du piano ; et puis, les ongles longs, j'ai testé aussi, et ça me soûle, c'est toujours crade et faut toujours les limer ; c'est comme le maquillage, on y passe une demi-heure le matin et tout ça pour se retrouver avec des yeux de panda sous la pluie et pleine de rides à trente ans, je vois pas l'intérêt. Si je sors au resto, ou en boîte, ou que c'est Noël, là, c'est l'occasion, mais sinon, le maquillage et les ongles longs, non merci, très peu pour moi. Alors, je suis peut-être un garçon manqué, mais bon, je suis quand même indiscutablement une fille, et ça me va très bien (sauf une fois par mois, là, je maudis le sexe féminin) ; j'ai au moins trente paires de pompes, j'ai des fringues plein mon placard, et encore, je peux même pas toutes les y ranger, j'ai je-sais-pas-combien de bouquins de cuisine et de bouquins sur la nutrition, je suis obsédée par mon poids, etc. Mais je préfère toujours une soirée squat, bonne bouffe et bonne tise, qu'une journée dans les magasins.



Alors, est-ce que je suis un alien de la nature humaine soi-disant rigoureusement bisexuée ? Juste au passage, dans ce cas-là, qu'est-ce qu'on fait des homosexuels, des executive women et des hommes sensibles ? Et les différences de comportement et de conception entre hommes et femmes, est-ce que c'est vraiment et seulement la nature qui parle, ou est-ce que c'est pas plutôt une affaire de société, de culture, d'éducation ?

Posté par Sunny Clainville à 11:58 - société, tu m'auras pas - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 octobre 2007

grande gueule au grand coeur

Alors pour commencer, un coup de gueule : jusqu'où on va les laisser aller, les pingouins du gouvernement ? D'abord, une journée de taf à l'oeil (solidarité envers les retraités, vraiment ?...), ensuite le CNE et le CPE, les privatisations dans tous les sens, le manque de respect (la France "d'en bas", la "racaille"...), l'augmentation des impôts et la baisse du pouvoir d'achat (sauf pour les mieux lotis, comme d'hab), les provocations à n'en plus finir qui passent comme des lettres à la poste, le spectre de l'insécurité qu'on agite depuis quelques années, et maintenant, on tente de nous faire croire que les gens dangereux qui mettent le confort de la population en péril, ce sont les immigrés. Alors on se met en grève pour protester contre la réforme des régimes spéciaux, c'est bien, il faut défendre les acquis sociaux qu'on est en train de nous confisquer un par un. Mais quand est-ce qu'on bouge contre les tests ADN ? Y'a que les gens célèbres qui sont concernés par ce scandale ignoble ? défendre nos acquis sociaux, c'est essentiel, mais les droits de l'homme, alors, ça ne dérange personne qu'ils soient bafoués quand c'est les autres qui en sont victimes ? Je ne sais pas trop quoi penser. On est capable de faire du bruit pour nous, mais pas pour les autres ? Elle est belle, la République Française ! Je suis aussi morte de honte que quand l'autre gros con de cinglé de borgne est passé au premier tour. J'ai loupé un épisode ? L'avènement de la dictature a-t-il été proclamé ?

Y'a des gens dans ma résidence qui parlent de squat et d'insécurité, qui se plaignent d'avoir un parking non protégé (ils ont même monté une assoc' pour ça), alors que ma résidence, elle est dans un quartier pavillonnaire, et que les seules personnes qui squattent les bancs en bas des immeubles avec leurs chiens, c'est pas des mecs à casquette et pitbulls, c'est les mamies avec leurs caniches. Les habitants ici, c'est des vieux, des handicapés, et des couples plus ou moins jeunes, avec ou sans enfants. Et on vient me parler d'insécurité ! L'hallu !

Bon, faut pas que je m'énerve, il est encore trop tôt. Alors deux coups de coeur, pour finir ce début : d'abord, une nouvelle envoyée pour le concours des insomniaques. C'est la nouvelle intitulée Enfant de la nuit (n° 78). Le bémol à mon coup de coeur, c'est que je voulais participer à ce concours, mais au début, j'étais pas inspirée, ensuite je me suis endormie, et quand je me suis réveillée à 5 h du mat', le temps que je sorte du brouillard avec un café et une clope, l'inspiration est venue, mais je l'ai déjà dit, je suis lente, ce qui fait qu'à 7 h (cloture du concours), j'avais un début, une presque fin, et quelques phrases au milieu, mais pas une nouvelle. Je suis deg. En même temps, je commence à m'habituer, en ce moment, je foire tout ce que je touche. Enfin, ne repartons pas sur une note négative.

Mon deuxième coup de coeur, c'est ma fille. Elle n'a pas encore six mois, elle rit aux éclats, et ça me rend toute flagada, complètement gaga. Mais c'est mon petit bout à moi, c'est ce que j'ai fait de mieux dans ma vie, et c'est la plus belle chose que j'aie jamais vue. Je voulais avoir des enfants beaucoup plus jeune (avant 25 ans) et je dois préciser que je suis avec son père depuis le lycée. Finalement, elle est arrivée l'année de mes 30 piges, et aujourd'hui quand je la regarde, je regrette pas une seconde d'avoir été lente sur ce coup-là.

Voilà, ça, c'est fait. Maintenant faut que j'aille préparer le biberon.

Posté par Sunny Clainville à 08:40 - my life on line - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 octobre 2007

le pourquoi du comment

Ben voilà, je viens de créer mon blog. Donc, il paraît que je vais raconter ma life en ligne. Moi qui aime bien ne rien faire comme tout le monde, c'est râpé. Mais en fait, je viens d'en visiter quelques-uns et je trouve ça sympa, donc me voilà à mon tour sous l'emprise de la blogmania. Ouais, je sais, je suis longue à la détente... Mais rien ne sert de courir... Bon, je vais pas commencer par me présenter, j'ai une sainte horreur de cet exercice. Et puis je pense que ma petite personne va obligatoirement se dévoiler au fil des pages, donc l'épisode de la présentation est totalement inutile, donc je le zappe. Par contre, je vais te présenter mon blog, même si je ne le connais pas encore très bien. Et d'abord, la raison du sous-titre.


L’origine de tout ça n’est pas un secret : comme beaucoup d’entre nous, j’ai vu la fameuse série Sex and the city, qui m’a donné envie de lire le bouquin dont elle s’inspire (qui m'a un peu gonflée ; quand t'as lu 10 pages, t'as tout lu), qui m’a lui-même inspiré un projet intitulé Life and the city. Plagiat ? Non, clin d'oeil. J’aime bien cette approche féminine et fragmentaire de ce qui reste, malgré l’affichage intempestif de ces dernières années, un des plus grands tabous de nos sociétés, la sexualité. Il y a cependant un gros couac qui m'écorche les oreilles… Ces nénettes pleines de fric, centrées sur leur vie sexuelle et sentimentale, ou, pour être plus explicite, qui sont encore en pleine crise d'adolescence, alors qu'elles sont censées être des femmes mûres et accomplies, ça, c'est légèrement irréaliste (quoique...) ; je veux dire, les téléspectatrices qui devraient, à mon humble avis, pouvoir s'identifier à ces femmes-là, ce ne sont pas des ados en pleine recherche identitaire sur fond de badinage sentimental… En plus, ça m'agace, ces gens de la norme et d'une soi-disant moyenne montée de toutes pièces par la vilaine sorcière nommée Télévision ; ils n'ont jamais de problèmes de thune. Alors que, dans la réalité, la vraie réalité de la vraie vie de tous les vrais jours, la moyenne, c'est plutôt ceux qui tirent la langue pour joindre les deux bouts, et qui n'ont pas toujours le loisir de se pencher sur les problèmes de leur petit coeur d'artichaut.


Bon, ne nous égarons pas, la télé, je lui réglerai son compte plus tard. Tout ça pour dire que cette série, elle me fait rigoler, si je mets à part l'insupportable portrait de la "norme" bien lotie. J'ai donc commencé à m'atteler à la rédaction de ce projet depuis déjà 2 ans. Et vu la direction que ça prend, je me suis dit comme ça, d'un seul coup, qu'après tout, ça pourrait être intéressant de confronter un peu mes opinions à celles des autres, et où mieux que sur le net ?... Ce sera donc mon premier texte "vivant", pas figé, qui peut-être ne connaîtra jamais de fin (puisque j'excelle dans l'art de ne pas finir ce que je commence, notamment en matière d'écriture), et qui évoluera toujours en fonction des réactions qu'il suscitera. La blogmania m'est passée complètement au-dessus de la tête jusqu'à présent, mais je commence à entrevoir ses intérêts. Et finalement, j'ai quand même réussi à faire une digression, des fois je crois comprendre pourquoi je n'arrive à rien finir ; parce que je voudrais toujours raconter tout ce qui me passe par la tête. Rêverie, quand tu nous tiens !



Pour revenir à mes moutons, d
onc, le titre et la forme de mon projet sont comparables à la chronique de Candace Bushnell. Mais la comparaison s’arrête là, car je compte creuser un peu plus loin ; les mœurs, pratiques et idéologies sexuelles ne sont pas les seules choses qui m’intéressent, dans la vie, loin de là. Ce qui m’intéresse, ce qui m’interpelle, ce sont les mœurs, pratiques et idéologies tout court.


S’il est vrai que Freud avait perçu quelque chose d’indéniable en théorisant sur le sexe, s’il est vrai que la conscience sexuelle et sexuée débute très tôt, et s’il est vrai que ça détermine et infléchit une grande partie de nos personnalités, je pense tout de même que nous ne sommes pas que des sexes. Tu imagines un peu ? On est en plein fantasme, ou en pleine mythologie, au choix ; c’est la théorie d’Aristophane rapportée par Platon : l’être humain aurait été double et androgyne, au début des temps, donc auto-suffisant, n’ayant besoin de personne pour se satisfaire et se reproduire… La bonne blague ! Je ne sais pas pour toi, mais je crois que je m’ennuierais à mourir.


Trêve de plaisanteries, l’humain est sexué, aussi bien dans son corps que dans sa conscience, et cet état de faits détermine beaucoup de choses, mais la conscience sexuelle est aussi déterminée par un tas d’autres choses, sinon, les tendances et les pratiques ne seraient pas aussi diverses et variées. On n’aurait que deux choix : un comportement mâle et un comportement femelle ; or, c’est bien plus complexe que ça. L’être humain, donc, est doté d’un sexe, objet d’importance s’il en est puisqu'il accapare notre attention dès le plus jeune âge ; mais je réalise qu’au milieu de tout ce matraquage de sexe, frénétique, exhibitionniste et, somme toute, normatif, on a tendance à oublier deux autres éléments intrinsèquement constitutifs de l'être, qui se manifestent dans toutes nos actions et dans toutes nos pensées : le cœur et le cerveau.



Et voilà, nous y sommes ; la trinité originelle et parfaite. L’être humain est à la fois cœur, sexe et cervelle – exception faite de quelques cas que je me plais à croire marginaux et rares. Bref, l’être humain que je suis pense et ressent sans doute aussi avec son sexe. Mais bon, il faut que je fasse mon "coming out" (ou peut-être devrais-je dire "coming in", puisque c'est à peu près le contraire) : avant tout, je suis cœur et cerveau ; avant de baiser, je pense et je ressens. J’observe. Je doute. Je décide. J’aime. Je hais. Et surtout, je me demande, je me questionne, je m’interroge. Et, pour mon plus grand malheur, diront certains, je cherche à répondre, à comprendre, à m’expliquer. D’autres – ou peut-être les mêmes – diront que je juge… ouais… encore un grand mot qui ne veut rien dire et qui évacue toute forme de remise en question. Le meilleur, dans l’histoire, c’est que ce sont précisément ceux qui sont mortifiés de se sentir jugés qui ont des avis sur tout et qui passent leur temps à émettre des opinions normatives et péjoratives sur les autres.


Il me semble qu’ils prennent le problème à l’envers, ceux-là ; ce qu’ils n’aiment pas, c’est être mis face à leurs quatre vérités. Parce que, quand on y réfléchit, le jugement est père de la justice, qui est elle-même sœur de la justesse et du juste. Juger, c’est mettre les faits et ses opinions dans une balance, c'est chercher à démêler le vrai du faux, à peser le pour et le contre, à comprendre le pourquoi du comment. Voilà, moi, à quoi je passe mon temps : chercher à comprendre le pourquoi du comment. Et je ne vois rien de mal, de négatif ou de dépréciatif là-dedans. Au pire, je peux juste dire que c’est un peu pesant, parce que parfois, je n’ai pas tous les éléments pour comprendre, parfois, je mets des siècles à comprendre, et parfois, il n’y a pas de réponse.


Mais l’absence de réponse ne m’empêchera pas de continuer à chercher, tout comme l’absence de vie sexuelle ou sentimentale n’empêche pas de continuer à chercher l'âme soeur. Alors, je me demande sans cesse pourquoi et comment. Pourquoi certains sont capables de se regarder en face, et pas d’autres ? Comment certains adhèrent à toutes les formes de consumérisme frénétique et ignare que nos sociétés tentent de nous imposer ? Pourquoi la plupart des gens sont égocentriques, terrorisés par la différence et convaincus en leur for intérieur de leur valeur supérieure ou de l'infériorité des autres ? Comment les autres perçoivent-ils l’amour et l’amitié ? Pourquoi je commence toujours un tas de choses sans parvenir à les achever ? Comment faire pour concilier son affectivité profonde et l’ensemble des codes surfaits régissant les comportements sociaux ? Pourquoi certains ne se sentent exister que par l’exploitation ou l’humiliation des autres ? Comment définit-on les critères de la réussite sociale, de l’intelligence ou de la respectabilité ? Pourquoi la majorité silencieuse se laisse-t-elle imposer les lois d’une poignée de dirigeants et de notables ? Comment vit-on avec la conscience de l’absurdité du monde ?


Autant de problématiques incroyablement difficiles à résoudre, mais, je me plais à l’espérer, pas insolubles. On me dira que certaines de ces questions, après tout, ne me regardent pas ; mais alors, si ça ne me regarde pas, est-ce que ça m’interdit de réfléchir sur l’état des choses pour autant ? On me dira que c’est comme ça, et que je n’y changerai rien ; mais alors, si le monde est tel qu’il est, est-ce que ça m’interdit pour autant de chercher à l'améliorer ? On me dira que je me prends trop la tête et que je dois m’y faire ; mais alors, si je dois faire avec, est-ce que ça signifie que je dois me laisser docilement dicter ma conduite et ma façon de penser ?



Ma réponse à toutes ces objections est simple et sans appel : je refuse. Je refuse d’adhérer à toutes ces formes d’immobilisme mental. Je refuse de sauter à pieds joints dans cet océan de négation intellectuelle. Je refuse de cautionner tous ces masques moraux qui déforment la réalité, qui transforment la réflexion et pervertissent la conscience. Non, non et non !


Je continuerai de chercher le pourquoi du comment, même si ça fait de moi quelqu'un de radical, parce que j'aime être radicale ; je me déplais fortement dans les eaux troubles du juste milieu, de la masse bornée et aveugle, de la norme illusoire. Je revendique mon statut de rabat-joie, si pour lever le voile, il faut rabattre la joie.


Je continuerai de fouiner, de farfouiller dans les consciences, de réfléchir sur la vie et les gens, même si ça dérange certains parce que ça les met en face de leurs propres œillères ; même si ça déplaît à d’autres parce que ça leur rappelle certaines réalités dont ils préfèrent ne pas avoir connaissance ; même si ça les contrarie parce qu’eux sont incapables de s’affranchir des critères futiles et infondés que la société nous impose pour mieux nous maintenir en état de dépendance et de crainte des sanctions pénales ou sociales ; même si ça les offense parce qu’il préfèreraient me voir soumise à ces critères pour ne pas se sentir lâches, ou faibles, ou je ne sais trop ce qui peut bien leur passer par la tête, et à vrai dire, je m’en fous. Voilà, je critique et je l'assume, puisque la critique peut aller dans les deux sens ; je sais complimenter, mais j'aime laisser mon côté méga-râleuse s'exprimer aussi. On dit souvent qu'il y a des choses qui sont mieux dehors que dedans. Et j'assure ma défense avec cette phrase d'Alain : "Nous n'aurons jamais trop de ces fiers esprits qui jugent, critiquent et résistent. Ils sont le sel de la cité."



Alors, je pose les questions qui fâchent et qui dérangent. Deux petits mots de rien du tout qui sont une source de terreur extrême pour ceux qui préfèrent les ignorer. Deux questions on ne peut plus ouvertes et dont les réponses laissent entrevoir les plus grands scandales et mensonges de l’histoire de l’humanité.



POURQUOI ? COMMENT ?

Tous les pourquoi et tous les comment qui me passeront par la tête. Mais qu'on ne se méprenne pas ; je ne me pose pas toujours des questions métaphysiques ou existentielles. Des fois c'est juste "pourquoi les mecs ceci" ou "comment les fusibles cela". Mais là, fallait que je sorte le grand jeu, c'est un projet sérieux, quand même, je veux bien être un peu légère des fois, mais j'ai pas l'intention de finir dans les Mickaelyouneries (sans vouloir lui manquer de respect...)

Posté par Sunny Clainville à 19:19 - my life on line - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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